‹ Qu'est-ce que la science sociale?Chapitre 23 sur 36 · L'AUTRE · texte numérisé non relu

L'AUTRE

« Autant vaudrait évidemnimt chercher la quadrature do « cercle. »

« Eh bien I ce problème que nous venons de prendre pour « exemple, cl qui, d'après le simple énoncé^ paYaitra ridicule,

absurde, est précisément celui que les économistes agitent ff tous les Jours dans leurs livres. Il est vrai qu'ils ne s'en c doutent pas; c'est une justice à leur rendre. Nous aimons « à croira qu'ils ne persisteraient pas plus longtemps, si la

chose leur élait démontrée ; car enfln, ils ne sont pas

t hommes h chercher |[ravement la quadrature du cercle. >

— Tout ce que M. Vidal vient de dire des économistes, avec raison, peut et doit ce dire avec autant de raison : et de lui-même; et, des prétendus socialistes. M. Vidal et les prétendus socialistes veulent trouver les moyens de satisfaire tous les intérêts, en maintenant ou l'antropomorphisme ou le panthéisme, et l'aliénation du sol, qui rendent les intérêts lo^)ours opposés entre eu:i^ \ qui font que l'un ne peut être satisfait qu'aux dépens de l'autre.

c*— Il faut donc, dit plus loin M. Vidal, s'attaquer aux « causes directement; mais avant tottt, il faut les connaître; « et les tVonomistcs semblent ne pas même soupçonner « Huolles elles peuvent être. »

— Hôlas ! il en est de même, et de M. Vidal et des prétendus sœialisles.

« — l,o$iVonomi5ilcs, dit M. Vidal, opèrent sur les nations • on génôral, sans Irop tenir compte des individus. U snlBt « do lire leurs livres pour s'en convaincre. »

— Ul —

— M. Vidal a parfaitraient raison. Hais les prétradus sodalifllfs, M. Vidal en té(e, veulent lenir compte des individus ; et ils ne voient pas que e*est absolument impossible, litt quMI y a des nationalités. Tant qu'il y a des nations, la forée esl nécessairement le seul juge possible, entre elles, du juste et de Tinjuste. El tant que la force est le seul juge possible te droit entre les nations, elle est, nécessairement aussi, le irai juffe possible au sein de chacune d'elles. Or, vouloir rochercher le bien de tous, sous le régne do la force, c'est le difne pendant de la recherche relative è la quadrature du csfde.

IL Vidal prouve trî^s-bien qu'il y a actuellement diversité d*Hiléréts entre les familles, eutre les nations; puis entre chaque famille et chaque nation avec Tintérét général. C'est Ihrt biao. Mais M. Vidal veut que cela puisse cesser, avant fis riotérét de chaque individu soit rendu identique à Pinliiélfénéral; identité qui, d'ailleurs, ne peut exister: tant qm panthéisme, antropomorphisme, aliénation du sol et ni*tioiialilé, que H. Vidal protège é{;alement, ne sont point couh pléiMient et scientifiquement anéantis.

c — Trouver, dit M. Vidal, un moyen quelconque de

• rendre tous les intérêts solidaires, d'associer les hommes,

• voilà le problème fondamental de l'économie politique, >

<— Eh non ! Monsieur. Ce problème est celui de la religion, de la philosophie, de la morale. L'économie n*est que rapphcation , par déduction , de cette même solution. Ce qa'il y a de certain ; c'est que, sous l'antropomorphisme, loua le panthéisme, sous l'aliénation du sol, sous la nationa- Ulè, cette solidarité est le digue pendant de la quadrature du cercle. Quant à vouloir baser la solidarité générale sur des associations |»arlii-uliérrs, soit domestiques, soit natio* oales, c'est vouloir baser la raison sur Tabsurde.

La chapitre ▼ a pour titre :

€ Les économistes ne peuvent pas même se faire une idée « BcOe et précise de robjet de leur sciense. »

• — Nom TefkOQs d'établir, ëh M. ¥idal, qmt les écoQOc wstes Boderoes poursaîTent n% bal inpossarie. To^mis « s% peQvent déterminer t*objei de leors lediercfaes.

• « Le grand objet que se propose partotti Féconowe po* < Uliqne, dit M. A. Smilb, c'est d'angmeater It ridiesae H m la puissance do pays. »

— Smitb a parfaitement raison, tant qu'il y a des nalioiis. Youdriez-voQS que ce fût d'en diminuer la ridiesse et b puissance?

Après cela M. Vidal se débat pour savoir ce que c^est que la richesse, quelle en est la mesure. Nous allons la lui donner cette mesure. Tant qu'il y a des nations, c'est, nationalement, la valeur en échange; quand il n'y en a plus, c'est bumanitairement, la valeur en usage. Sous les nationalités, c'est ]e produit net; sous l'bumanité, c'est le produii bmt. Cest dire clairement, en quelques mots, ce que M. Vidal dit obscurément en dix pages. Quant à la mesure de la tMitaïf prise sans épilhèle, M. Vidai en parle aussi logomachiquement que M. Proudhon.

« — Nous conclurons en répétant encore, dit M. Vidal

c à la fln de ce chapitre, ce que déjà nous avons dit plus

« d'une fois, et ce que nous reproduirons toujours, comme

« le delenda Carlhago du vieux Galon : Il faut que l'écono-

« mie change de roule, si elle ne veut pas rester impuis-

« santé ; il faut qu'elle entre plus ou moins dans la route

« battue par les socialistes. ^

— Eh ! Monsieur, les économistes et les prétendus socialistes sont dans la route qui conduit à Tabime : les uns et les autres sont à la recherche de la quadrature du cercle, et ne regardent point devant eux.

Le chapitre vt est intitulé : Coup d'œil historique.

Je renvoie le coup d*œil historique aux amateurs de l'école historique. Après la recherche de la quadrature du ivrcle, je ne sais rien de plus triste, de plus emmsjugi el

de plus inalile, en fait d*organisalion sociale^ que roiie pivtodoe école. NallebniDche disait : qu*il ne faisait pas plus de eas de Thisloire que des nouvelles de son quartier. Et il savait ce que valait Thistoire.

Noos arrivons à la seconde partie, iniituItH" : De la eépartition selon les économistes.

L*AvaDt-propos est intitulé : Problème a résoudre. Voyons ce problème :

■ — Quel esl, quel doit èlre, en tH^onomie, dit M. Vidal, le vrai principe de la n'^parlilion? Comment , entre tous les ■mbres de la société, distribuer les produits conformément à la joslioe et à Tutililé sociales? Quels sont les droits et les devoirs de chaque sociétaire? Quels sont les droits et les devoirs de tous?

• Ce problème est, sans contredit, le plus important et le « plus délicat de Téconomie. »

— * Eh bien ! Monsieur, je vais le résoudre :

I* Quel est, quel doit être, en économie, le vrai principe de la répartition ?

La période de toute humanité possible se divise nécessaileaent en trois époques :

La première : ignorance sociale sur la K^alilé du droit; ifcc puissance, pour la force, de comprimer Texamen.

La seconde : ignorance sociale sur la réalité du droit; avec impuissance, pour h force, de comprimer Texamen.

La troisième : connaissance sociale de la rî*alité du droit.

Ce qu*il y a à dire sur la répartition des richesses doit, tous peine de galimatias, se raltaclier à chacune de ces époques.

Le vrai principe de la répartition des ricliesses, pour la I époque, est qu'elle se fasse de manière : que la plus ! partie possible des produits aille à la plus petite minorité possible; aflo que la plus grande majorité possible soit «HiffiMTre que poîaîble, et ne puisse tomiaUrê rignomce

sociale sur la réalité du droit; eonnaissanee qui causerai inévitablement Tanarchie, et, par suite, ranéantissement de l'humanité.

Cette première époque a duré jusqu'à ce que les développements de la presse aient rendu Texamen socialement incompressible.

Dans la seconde époque, qui est celle dans laquelle nous nous trouvons, toute répartition possible de richesse conduit nécessairement à Tanarchie. Si elle se fait conformément à ce qui cause nécessairement le paupérisme , la connaissance de l'injustice du paupérisme, nécessairement vulgarisée par l'examen devenu incompressible, produit inévitablement ÎV narchie. Si elle se fait de manière à anéantir le paiipériame, la connaissance de l'ignorance sociale, sur la réalité du droit, développe l'anarchie avec encore plus de rapidité.

Cette seconde époque conduit nécessairement l'humanité : soit à la mort, soit à la connaissance de la réalité du droit.

Le vrai principe de la répartition, pour la troisième époque, est qu'elle se fasse de manière : que les richesses produites par les générations passées, sauf ce qui doit en rester dans les mains des individus, pour que la production et la consommation soient toujours au maximum possible des circonstances, appartiennent nécessairement à tous; et que les richesses créées par la génération actuelle aillent nécessairement à ceux qui les ont produites.

t T Comment, entre tous les membres de la société, dis- « Iribuer les produits conformément à la justice et h Tulilité • sociales? »

La justice et l'utilité sociales sont : i^ consbetatiok

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