XY
« Les droits ne sont rieo où o*e<t plat U « roBCB de les faire Taloir. »
ILCOUOT.
« Qaelle forée t Celle des bourreanx? EBe « s*évaDoalt dès qu'elle cesse d*élre basée sar « une religioD hypothéUque. Celle de la ttXt- « gioo? Toute religion hypothétique est deiett nue impuissante en présence de llncoB^pes- « siblUté de rexameo ; et la religion sctentifique, a socialement^ n'exIÀe pas encore. »
GoLuis, CammmUairê.
« Aujourd'hui la rétribotlon du traTall est « abandonnée an hasard ou à U Tloleiiee.
« C'est le maître qui opprime ou Toofrier qui ff se révolte. »
Loois-Namléqii BmurAm.
« Et le remède? Doit-Il désormais se trou- « Ter basé sur une foi; ou se trooter basé c< Mur lasciEMCB?»
CoLiKS. Commentaire.
M. Vidal, après s'être plaint des économistes, ajoute :
« — D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement de savoir corn- « ment les richesses sont réparties, il s'agit surtout de sa- « voir corament elles devraient être réparties. Après avoir « lu vos livres, et surtout après les avoir lus, nous sommes « encore à nous demander, quel est, en bonne justice, c'est- « à-dire par conséquent en bonne politique, le mode de « distribution le plus équitable, et dès lors le plus avan- K tageux, non pas seulement à telle ou telle classe, mais à « tous les hommes réunis en société?
« Cotte question revient toujours, et les économistes n'ont <t pas répondu. Sur ce point nous avons constaté leur im- « puissance. »
— Nous verrons bientôt, Monsieur, en vous étudiant, que les pn'Mondns socialistes n'en savent pas plus que les économistes. Nous allons répondre pour les uns et pour les
aoires. Noos le dffons, soua peine aussi de ne faire que barbouiller.
Vous voulez savoir : comment, en bonne justice, en bonne politique les richesses doivent être distribuées? Je vais vous le dire.
Asparavant néanmoins, je dois vous répéter : que, socia- \tmeat parlant, la bonne justice est celle qui conserve la vie à rbuuDité.
Si doiic,i UMcertaioe époque, rbumanité ne peut être conservée que par le paupérisme , le paupérisme sera de justice soeiale.
Si, i une autre époque, Thumanité ne peut être conservée que par ranéantissement du paupérisme, cet anéantissement sera de justice sociale.
Voili quelle est la bonne justice, quelle est la bonne po- Hlique.
Eb bien ! ces deux époques existent nécessairement au sein de tMie bumanité possible et dans Tordre énoncé.
D*abonl, toute humanité est ignorante sur la réalité du droit Alors les forts, nécessairement, inventent un droit el le basent sur une hypothèse. Si cette hypothèse était examinée par les masses, Tiffoorance, sur la réalité du droit, se trouverait révélée à tous ; et, Thumanité périrait au sein de ranarcbie : dérivant nécessairement de I absence de droit eoaniun. Dans ce cas le paupérisme doit exister et il existe.
Quand ensuite, le paupérisme en présence de Tincompressibilité de l'examen, de source d*ordre qu'il était, devient 5ource d'anarchie ; il faut : que, le paupérisme soit anéanti; et par conséquent, l'ignorance sociale.
Alors, nécessairement, Tignorance sociale est anéantie, cl, aussi le paupérisme.
Il y aplus : ces deux époques, je le répète, existent »/- €i$$eriremênl : par suite de Tignorance primitive, d'une part; et des développements de l'intelligenoe, de Tautre. Et cette yuetcaaion est aussi nécesiaimmni bien ; sous peine de nou-
wislonco d'ordre raorni : on deliops duqiiol , du rostc , il n'y a nécessairement, ni bien, ni mal. Est-ce clairt
Si vous appelez cette école fataliste, libre à vous, Monsieur. Mais, je vous préviens : qu'^ deh&rs de la faUUité, U n'y a pas de liberté, pas d'ordre moral. L'ordre moral n*est autre : que, l^harmonie entrb la liberté des
ACTIONS ET LA FATALITÉ DES ÉYÉNEMENTS. L& liberté
appartient à l'ordre de temps ; la sanction à l'ordre (Téternité. La sanction est éternelle, fatale comme toat ce qui appartient à réternité; ou, elle ne peut exister rattonnellenenf.
A propos de la société actuelle, M* Vidal dit :
c — Ce n'est point la société, c'est la guerre, et partout
« nous voyons des ennemis en présence. »
— Comment voulez-vous , Monsieur, quMI en soit autremenu ? La sociélé est encore ignorante sur la réalité du droit; la force est encore son seul droit possible; et, le paupèriaoïe ; qui ne peut encore être anéanti sail^ causer Tanardiie, ne peut en présence de l'incompressibilité de l'examen, être conservé sans causer l'anarchie. Vous voyez bien : que c'est la guerre nécessairement.
« — Oh non ! vous écriez-vous, telle ne saurait être la « destinée de l'homme. »
Écoutez ! Monsieur : Il y a un ordre moral ; ou, il n'y en a pas. S'il y en a un; tout est nécessairement bien : sous peine de non-existence d'ordre moral. S'il n'y en a pas : il n'y a ni bien ni mal. C'est peu flatteur pour l'ignorance, qui aimerait à pouvoir critiquer la justice éternelle; et, surtout, à se mettre à sa place. Mais que voulez-vous que j'y fasse?
« La force et le hasard, vous écriez-vous encorei ne peu- « vent à tout jamais triompher du droit et de la raison. >
— Mais, Monsieur, si, le droit existe, la force et le hasard no peuvent jamais en triompher un seul instant. Sinon : le droit, expression Aq justice étemelle, serait une sottise.
^^^Huent à perdre leur prestige sur les masses, il faut : ou que ^ Société périsse; ou que Tignorance sociale puisse être •^Btie.
« — Mais les villes et les campagnes, coutinue Linguet, ^ sont peuplées d'une autre espèce de domestiques plus ré- * pandus, plus utiles, plus laborieux, et connus sous le nom < de journalier, manouvrier. »
— Plus utiles, dites-vous ! Encore une fois, ayons du calme et raisonnons. — Croyez-vous qu'à une époque où Tordre ne peut être basé que sur Taulel d'une force transformée en droîl, le luxe, c'est-à-dire le culte de cet autel soit utile à l'existence de l'ordre, première de toutes les utilités? A moins d'être insensé, vous répondez afQrmativement. Eh bien ! le loxe des forts n'est que le complément du luxe de leur autel. Les prétendus philosophes ont toiyours la rage des logomacbies ; ils confondent perpétuellement : la justice individuelle et la Justice sociale; la justice absolue et la justice relative à la force ; justices qui ne peuvent être identiques que sous le règne de la raison absolue, dont l'intronisation est essentiellement relative à Tanéantissement de Tignorance sociale sur la réalité du droit. Vous voyez donc : qu'il est une époque, où, les domestiques en livrées d'or, sont plus utiles encore que les domestiques en baillons. Il est vrai qu'il est aussi une é|KMiue:où toute espèce de domesticité ou d'esclavage est anarebique par essence; et cette époque est la nôtre.
— Et il se répond :
< — La misère, le désespoir el la haine. *
Eh bien ! Monsieur, fournissez à la société les moyens de donner aux prolétaires : Taisance, la quiétude et Pamoar. Qui donc vous en empêche?
A propos un proMariat, que M. Vidal, je le répète, s'entête i nommer salariat, il cite un morceau de Linguel écrit en 4769. Dans notre époque ce passage est très-propre à exciter l'anarchie. Je vais le copier, et en le commentant, je tAcherai de le faire servir à rétablissement de Tordre.
« — En supprimant la servitude, dit Linguet, on n*a pré* c tendu supprimer ni Topulence, ni ses avantages. >
— Fort heureusement. Car, en ce qui concerne la société actuelle, c'est de l'accroissement des richesses que naît l'accroissement du paupérisme, lequel accroissemrat doit Caire sentir le besoin d'anéantir l'ignorance sociale, cause première de paupérisme ; et, pour ce qui concerne la société future, l'opulence ne doit pas en être bannie ; mais bien seulement le paupérisme.
« — On n'a pas pensé, continue Linguet, à remettre entre « les hommes l'égalité originelle. »
— L'égalité originelle est une sottise : il n'y a pas d'égalité dans l'ordre physique ; et, dans l'ordre social, il ne peut en exister légalement : tant que l'ignorance sur la réalité du droit n'est point socialement anéantie.
« — La renonciation, continue Linguet, que le riche a « faite de ses prérogatives n'a été qu'apparente. »
— Apparente aux yeux des sots. Et pourquoi donc les riches renonceraient-ils à leurs prérogatives ; tant, que c'est exclusivement sur ces mêmes prérogatives, que Tordre, c'est-i-dirc l'humanilé peut se baser? Il y a plus : h mesure que Tintelligence des masses se développe, il faut que le joug qui pèse sur elles, s'aggrave de jour en jour ; afin que Tonlrc puisse être maintenu. Mais, il vient un temps, où l'aggrava-
iMM, le pr^pii n'est plus possible ; el, alors, il faut quo le )9Êg umhe M que lliimiaiiité périsse.
• — Ha donc Mu, continue Lioguet, quo les choses « realasseat an non près, dans le même état. >
— Erranr! le aul a empiré; Linguet lui-même va le dire.
■ — n a toujours fallu, ajoute-t-il, que la plus grande
^ ■ pwtîe des hommes continuent de vivre à la solde et dans
« h dépendance de la plus petite, qui s'est approprié tous les
s. La servitude s*est donc perpétuée sur la terre, mais
un nom plus doux. Elle s*est décorée du nom de do-
— * Voyons el soyons de bonne foi.
Taat, qu'il n'y a pas de raison pour que la force cède votetaiitflienl à la raison ; et, tel est le cas, en époque d*igaonnce sociale sur la réalité du droit ; comment, voulez* que la forée de chacun cède à une raison sociale qui ? peoi exister alors qu'au critérium de la force?
De plus : tant, que l'examen peut être comprimé : les peuvent facilement être abruties ; elles ne peuvent que des douleurs organiques , les plus faibles de toutes; la force se transforme facilement en droit, en se donnant comme expression de raison supérieure et divine; elle atlacbe, i l'expression de celte prê(eiiduc raison, une sanction hypothétique, que Téducation fait facilement accepter eoiune réelle.
Tous voyez donc : que pour aussi longtemps que la fone peut se transformer en droit, il est absolument impossible : que, les masses ne soient point exploitées, par les minorités ; ef, que leurs maux ne soient point d'autant plus grands, que leur intelligence est plus développée.
El, je le répète : il est nécessaire quo les masses soient alors esploilées. Sans cela, elles roconnaiiniient bionlôt l'ignorance sociale, sur la rêalilé du droil. El, il n*y aurait plus d'ordre social possible.
Quand ensuite, rincompressibilité de TexaiMii Tieiil révéler à tous : et i'exploitatioD des masses par les minorités; el la force des majorités ; les masses se révoltent nécessairement. Hais, comme alors elles reconnaissent également l'ignorance sociale, sur la réalité du droit, il en résulte : que Tordre n'est plus possible par le paupérisme; et, qu'il ne l'est point encore sans le paupérisme. L'humanité se trouve donc alors : dans l'heureuse situation de devoir périr;. ou de devoir anéantir l'ignorance sociale sur la réalité du droit :^ et le seul excès d'un mal continuellement croissant, peut la porter là.'Cest même exclusivement de cette manière: que, cette ignorance peut être anéantie. A cette époque, le sort de l'humanité dépend : non des masses ignorantes, qui ne sont bonnes qu'à faire de l'anarchie; mais, des minorités influentes et riches, qui, seules peuvent découvrir la vérité, en commençant par reconnaître leur propre ignorance. A tous la balle ! Messieurs de l'Académie des sciences morales et po« li tiques!
« — Par le mot de domesticité, continue Linguet, Je n^en-
« tends pas l'état de ces fainéants fortunés que la paresse
* dévoue à un esclavage volontaire, qui trouvent dans leur
« bonne mine un patrimoine assuré et que le luxe paye si
« chèrement pour ne rien faire. Ils s'engraissent de ses vues.
« Sa vanité les habille avec magnificence, sa profusion les
« nourrit avec délicatesse ; son amour pour le faste les as-
« socie h une partie de ses plaisifs. Tout ce qu'il exige d'eux,
« c'est que leur oisiveté serve de décoration à la sienne. >
•^ Vis-à-vis de la justice absolue, tous ces reproches sont fondés ; vis-à vis de la justice relative à la force, ils ne le sont pas. Vis-à-vis de cette justice, tout ce qui vient d'être reproché, loin d'être condamnable, est juste. Toute force transformée en Uroil, (out fanatisiuc enUn, a besoin d'un culte, d'une idolâtrie pour être respecté. Le luxe des autels constitue le culte de la force sociale; le luxe des nobles et des riches, constitue le culte de la force domesli(iue. Quand ces deux cultes
fieiMDl à perdre leur prestige sur les masses, il faul : ou que h sociécé périsse; ou que Tignorance sociale puisse être
« —Vais les villes et les campagnes, continue Linguct, < sont peuplées d'une autre espèce de domestiques plus réi piiMliu,plus utiles, plus laborieux, et connus sous le nom « de jounalier, manouvrier. »
— Rus utiles, dites-vous ! Encore une fois, ayons du calme
el nisooooDS. — Croyez-vous qu*â une époque où Tordre
le pml être basé que sur l'autel d'une force transformée en
Ml, le luxe, c'est-à-dire le culte de cet autel soit utile à
reiiKeiioe de l'ordre, première de toutes les utilités? A moins
d'An insensé, vous répondez afQrmativemcnl. Eh bieu ! le
iiie des forts n'est que le complément du luxe de leur autel.
LesprÈtendus philosophes ont toujours la rage des logoma-
cbifs; ils confondent perpétuellement ; la justice individuelle
et k Jndoe sociale; la justice absolue et la Justice relative à
li foree; justioes qui ne peuvent être identiques que sous le
rigw de la raison absolue, dont l'intronisation est essen-
lidleinent relative è l'anéantissement de l'ignorance sociale
sur b réalité du droit. Vous voyez donc : qu'il est une époque,
oè, les doaealiques en livrées d'or» sont plus utiles encore
fw les dooMiliques en baillons. Il est vrai qu*il est aussi
oae époque: où toute espèce de domesticité ou dVsclavageest
aoorchiqiie por essence; et cette é|)oque est la nùiiv.
«f II y a mille manièies de m tromper, fl l'y « en a qa*uiie d*aToir raison. >
BOKALD.
Nous contiQuons l*aQalyse du passagre cité par M. Vidal.
c — Ils ne sont point déshonorés, dit Linguei, par U c couleur brillante du luxe; ils gémissent sous les baillons « dégoûtants qui sont la livrée de l'indigence, lis n*ont jamais c de part à Pabondance dont leur travail est la source. >
— Nouvelle erreur. IndwiduellemeHtparUmt, la source da travail est Tintelligence de l'individu; socialement parUmi, la source du travail, en époque d'ignorance, est l'intelligenoe des forts procurant I'ordre, en dehors duquel toute abondance est socialement impossible.
« — Ce sont là, continue Linguet, les domestiques qui
« ont vraiment remplacé les serfs parmi nous : c'est sans
« contredit une très-nombreuse et la plus nombreuse por-
« lion de chaque nation ! il s'agit d'examiner quel est k
« gain efTectif que lui a procuré la suppression de l'escla-
« vage. Je le dis avec autant de douleur que de franchise,
« tout ce qu'ils y ont gagné, c'est d'être à chaque instant
« tourmentés de la crainte de mourir de faim, malheur dont
« étaient du moins exempts leurs prédécesseurs dans ces
« derniers rangs de l'humanité. >
— Remarquez encore, qu'il doit en être ainsi: tant, que Pesclavage des masses, sous un nom quelconque, même sons oelui d'hommes libres, est nécessaire à la conservation de lliumauilé. Il ne faut pas être sorcier pour concevoir : qu*à
wam que ri&telligence se développe chez les esclaves, le JMg doit élre proporUonneUemeot aggravé, sous peine de rtvolie. Aussi, le fait est: que, toutes les prétendues émanojMtioos des dernières classes de la société, n*ont jamais M et n'ont jamais pu être: que, des transformations à Tavsotage des maîtres ; et, au détriment des esclaves. Cest provideotid: sans cela l'ignorance sociale ne pourrait jamais An anéantie ; et, l'esclavage des masses serait perpétuel.
c — L'esdave, continue Linguet, était nourri, lors mémo • qu'il ne travaillait pas. Mais le manouvrier libre, qui est < ioavent mal payé lorsqu'il travaille, que devient-il lorsi qu'il ne travaille pas?.. >
— J.-B. Say va vous le dire : < Tous les ans une partie « de b population doit mourir de misère, môme au sein de « la nation la plus prospère. *
— Eat-ce clair?
c — Qui est-ce, continue Linguet, qui s'intéresse à son
• sort? A qui en coûte-t-il quelque chose quand il vient « i périr de langueur et de misère? Qui est-ce qui est pnr € conséquent intéressé à l'empéclicr de périr? Il ne li^nt n
• personne, mais aussi personne ne tient a lui. Quand on
• en a besoin, on le loue au meilleur marché que l'on peut ; « la faible solde qu'on lui promet égale à peine le prix de sa « mbsistance pour la journée qu'il fournil en échange. On « lui donne des surveillants pour l'obliger à remplir promp- < lement sa tAche, on le press<% on l'aiguillonne, do |)eur c qu'une paresse industrieuse et excusable ne lui fasse ( a- « cber la moitié de sa vigueur. >
— Tout cela est vrai; et, qui plus est, raisonnable, sorialement parlant, pendant tout** l'ôpoque d'ignorance. Quelle justice! diront les rtounn.niux; il n'y a donr ili* jusliit» *\M(i la force, et la justice élernelle n'est alors qu'un tyran siupi Je. — Ignorance et vanilé! Rrfléchissiv diWK* : qu'il n'y a pas d'ordre moral, ou, que tout ce qui esi, est nécessaire-