‹ Qu'est-ce que la science sociale?Chapitre 30 sur 36 · III. 2i · texte numérisé non relu

III. 2i

c les servitudes, à Tesclavage delà faim et de la misère! Ils c pep^iojit, ce« hommes généreux, que pour émanciper dèc flnitivemei^ le travail et les travailleurs, il n'y avait qu*i < baser les entraves, à écarter les obstacles, puis à laisser % faire. »

— C'est, comme M. Vidal, homme 'très-génér^x également. Il pense que pour émanciper le travail et les travailleurs; il n'y a qu'à établir le commanditisme, pour arriver ensuite au communisme, Eldorado humanitaire.

« En cela, continue H. Vidal, ils se sont étrangement c trompés, et les classes laborieuses ont douloureusement € expié celte erreur. »

— M. Vidal et les siens, jouent actuellement le r6Ie que, luf-mème, reproche aux économistes d'avoir rempli. CeO. que pour émanciper le travail et les travailleurs, il ne suffit pas d'être généreux et utopiste; il faut savoir raisonner; et, surtout, savoir prouver : que l'on raisonne juste.

Après cela, vient un tableau très-bien fait de l'horrible misère, suite nécessaire d'un paupérisme croissant nécessairement comme la richesse, au sein des sociétés. Je le passe. Assez d'autres sans moi, poussent à Tanarchie. Je sais : que, l'anarchie est nécessaire, pour faire sentir le besoin du remède. Mais un homme de moins à cette besogne, n'empochera pas qu'elle ne se fasse; et, un de plus au remède, sert peut-être plus utile.

« — Aujourd'hui, s'écrie M. Vidal, ce n'est plus le travail « qui est l'agent de production par excellence; c'est le cac pital, ce sont les machines. Tant les progrès des sciences « et des arts aboutissent à rendre le travail humain superflu, « à assurer au capital la prépondérance exclusive. »

— Ce passage fourmille d'erreurs.

Le capital n'est jamais un agent qu'au figuré; et, toute réconomie politique, qui donne au sol et au capital, 'l'épi- Ihèle de productif, ne repose que sur un figuré pris au propre.

3WM iK> —

• d s'élèvenl p<Mir le service de ropulcnce, sans lui causer « les moindres frais, coitimc le gibier qu'efle massacre sur « n domaines. Il semble qu'elle ail réelIcmpiU losecrcl dont < se vantait rdmpoe. En frappant du pied la tenv, cllo on fait i sortir des légions d'hommes laborieux, qui sti! dis|)utent

• riioniieurd*étreà ses ordres: en dispnralMI quol(|ues uns i panai œtle foule de mnrcenniros, qui 61(*vent ses bâtic neots on alignent ses jardins, la place qu*il a laissée vai canicest un point invisible, qui est sur-U^diamp recouvert « sans que personue s*en mOie. La racililé do remplacer les

• maooiivriers nourrit rinsensibilié du riche à leur égard. »

(Linguet, Théories des lois civiles, liv. 5, ch. 30.)

^ Tout cela est vrai, tellement vrai qu'on n'y fait aucune •ttntîon; et depuis prés d'un siècle que Linguet a écrit : le mal des prolétaires a considérablement augmenté naturellement; leur intelligence s'est considérablement développée, aussi naturellement; et les excilatious û Tanarchie, résultant de rJDGomprcssibilité de l'examen, ont augmenté pmporlionœllemeat, toujours très-naturellement : ce qui si^'nitie ratioaoellemenL Croyez-vous quo cet état de choses puisse durer encore un siècle?

Vous croyei |>eut-élre que tout cela a été compris par M. Vidal ; soit quant ù la source du mal ; soit quant au remède? En rien. Pour M. Vidal, le mal, c'est le salariat; le rem<'*ile, c'est le communisme. Avc/-vons mal à un œil? Faites-vous- le arracher, même si vous êirs borgne. Vous iferrez ensuite que vous ne verrez rien du tout.

• — Les économistes, dit M. Vidal, qui les premiers ont « demandé l'abolition des maîtrises, les législateurs, qui « l'ont décréttr, au moment même où ils déclaraient avec « Milenuilé lesilroits de l'liomm«* et élevaient chaipn* Français

c au rang de citoyen étaient bien loin de sou|H:<Miner

c qu'en moins deein(|naule ans les travailleurs qu'ils avaient ■ cru affranchir à tout j.imais, si* trouveraient réduits à la

• triste condition de nos salariés, soumis à la pire détentes

point contre le salaire, lequel est aussi inbéregt à rhumaaitt que le travail lui-même. »

« — Et nous savons, continue M. Vidal, que le salaifB c gravite irrésistiblement vers un niveau normal, — le minic mum de subsistance. »

— Eh .non I Monsieur; le salaire gravite vers ce niveau quand le sol est aliéné. Mais^ dès que le sol peut entrer à la propriété collective, il gravite irrésistiblementîvers un autre niveau : le maximum de subsistance, et le mot subsistance comprend alors : la satisfaction de tous les l)esoins rationivels.

€ — D*un autre côté, continue M. Vid^l^ les machines et « la concurrence ont également pour effet, de stimuler de « plus en plus là production à mesuré que la consommation « diminue. »

-^ Pauvres machines, pauvre concurrencj^l Vous voulez donc les supprimer? C'est comme si vous vouliez supprimer rinlclligence.

Eh bien ! Monsieur. Du moment que le sol peut entrer à la propriété collective^ les machines et la concurrence stimulent de plus en plus la production, à mesure que la production augmente. A cette époque, production et consommation sont toujours au maximum possible des circonstances.

« — L'état actuel, dit M. Vidal, amène nécessairement un

« encombrement des entrepôts et des marchés. Et Tencom-

• brement provoque la dépréciation des marchandises, les

« ventes au rabais età Tencan, la déconfiture des marchands

« et des manufacturiers, la suspension du crédit, les faillites,

« les bauqueroutes, la ruine et la fermeture des ateliers,

« enfin les crises industrielles et commerciales, etc., etc. »

— Avant les etc«, il aurait fallu mettre... politiques et sociales.

C'est vrai. Monsieur. Alors, réjouissez-vous donc; car, c'est par i'excôs des différents maux que le besoin de vérité

pmt se liûre sentir. Seulement, si vous voulez qu*un mal plus grand que ceux que vous énumérez ne vienne pas nous •aaailiir i œssez de nous prêcher le commandiiisme et le corn- ■onisme. Car, si vous infestez les débiles cerveaux des Basses de ces fanatismes stupides, toutes les Saini-Barihéleiny possibles seront de Teau de rose auprès de ce que vous aurez provoqué : aussi innocemment hélas! que les économistes préchant le bourgeoislsme.

« — On a bientôt compris, dit encore BI. Vidal, que la li-

• berlè commerciale absolue devenait une duperie dans Té-

• tal actuel de Tindustrie. »

— Ce D*est pas, Monsieur, Tétat actuel de Tindustrie qui ■01 obstieie à la liberté commerciale absolue ; ce sont lés nationalités. Quand les nationalités sont anéanties^ la liberté cf aercîale est utile à tous. Quand les nationalités eiislent, hi liberté commerciale absolue, c'est le triomphe du fort et fnpIoilatîoD du faible.

m — L'activité générale, causant la misère universelle!.. € s^èerie M. yidal. Quel équilibre social! Ah ! notre société m est un chaos!.. »

— *Et, vous ne chantez pas Gloria in excelsis? En vérité! fMS ne savez pas ce qui est bon. Cest, ce chaos qui nous sauvera de votre communisme, qui serait la mort sociale.

« *- Et il en est ainsi, chez toutes les nations civilisées, • sTéeria eoeore M. Vidal.

— Et IL Vidal ne voit point; que, tout cela est providentiel i et, qu'au lieu de regimber contre l'aiguillon, ou, ce qui serait mieux, de chercher le remède, il devrait clianter : Sit

Domini benedictum.

« — Ce n'est pas seulement les classes inférieures, continue M. Vidal, qui deviennent victimes des fausses théo-

i ries des économistes, bon gré, mal gré, nous sommes tous

s s<ilidaiies. »

— C'est bien vrai ; et, \len est de même, pour les théories des prétendus socialistes. Hais, que voulez-vous? Tout est bien, où il n'y a pas d'ordre moral. Par hasard, seriez-vons

mnnieliécn?

a — Voilà ce qui arrive, continue M. Vidal, quand la ri- « cliesse se distribue naturellement selon la rente et selon « l'intérêt, selon les profits et selon les salaires. »

— C'est viiai. Monsieur. Et^ quand le paupérisme est anéanti, la richesse se distribue encore naturellement : selon la rente et l'intérêt; selon les profits et les salaires. D y a une bonne raison pour cela. Monsieur : c'est, qu'il est aussi impossible^'anéantir rente et intérêt, profit et salaire; que d'ataéantir la concurrence et les machines, le soleil et l'huniiftnité.

M. Vidal jette sa malédiction sur les meneurs politiques, qui abusent les ouvriers en se disant leurs amis; il ne veut pas que l'on prêche ouvertement la guerre des pauvres contre les riches. M. Vidal a parfaitement raison en théorie. Mais, je puis l'assurer : que, sans le vouloir, j'en suis certain, personne plus que lui n'abuse les ouvriers, dont il est bien certainement l'ami ; et, que personne plus que lui, toujours sans le savoir, n'excite à la guerre des pauvres contre les riches. Mais, qu'il se console : depuis Tincompressibilité sociale de l'examen, chacun en fait autant que lui : les uns en voulant bien faire; les autres en voulant mal faire. El le tout est inévitable depuis que l'examen est devenu incompressible ; et,iusqu'à ce que l'ignorance sociale soit anéantie.

Après cela : nouvelle diatribe sur le salaire, la concurrence, les machines, etc. M. Vidal aime à se répéter. Puis il lormino celte seconde partie en ajoutant :

« — Ce n'est certes pas à l'économie moderne, nous ve- » nous de le voir, qu'il faut demander la solution de ces « grands problèmes. Ce sont là des questions de droit, de ' « morale, de philosophie, de politique et d'économie sociale « lout ensemble; cl les économistes ne considèrent pas les

choses de si haut : c*esl tout au plus s'ils peuvent constater des faits et en donner Texplication.

• Adressons-nous donc aux socialistes, qui ne font pas, eux, abstraction de la justice, qui prétendent avoir trouvé GO que nous cherchons, avoir constitué depuis longtemps la République morale, la cité d*barmonie ; et voyons si nous obtiendrons une réponse satisfaisante. »

— Soit, voyons!

xvn.

a Les utopies ne sont souvent que des Té- « rites préaiâtiiféM. »

«f Pour rigDorance^ U n'y a' pas de Térités; « il n'y a que desmensopgesi Qii tovi an moins « que des préjugés, ceux que l'éducation don- K née par le ])lus fort, fait accepter comme « vérités. Socialemsnt, la vérité n'a qa*aDe « mère ; cette mère est la nécessité, toojoon <c fille du despotisme et de l'anarchie. Dès que « la vérité se trouve intronisée, il n'y a |Âai « d'utopies : que le mensonge; ou même que « le préjugé. »

GoLUfs, Commentaire,

« L'Empereur disait que cet alTrancbisse- « ment de la cour de Rome, cette réunion lé-

« gale, LA DIRECTION RELIGIEUSE DAlfS LA HAUT

« DU SOUVERAIN avaient été longtemps et toa- « jours l'objet de ses méditations et de ses « vœux. « L*Angleterre, la Russie, les Cou- « ronnes du Nord, une partie de rAllemagne « la possèdent, disait-il; Venise, Naples en u avaient joui : on ne saurait gouverner saks

Page 1