C( ELLE. J
Mémorial de Sainte-Hélène, 47 août 4846.
a C'est incontestablement vrai : on ne sau-
« RAIT GOUVERNER SANS ELLE. MaiS, le tcmpS
« de soumettre la religion au gouvernement, « ce qui constitue la théocratie par la foi, est « PASSÉ, et le temps de soumettre le gouver- « nement à la religion, ce qui constitue la « théocratie par la science, n'est pas encore « ARRIVÉ. Entre ces deux théocraties, il n'y a « de possible : que la démocratie ; c'est-à-dire « l'anarchie. »
CouNs, Commentaire.
La troisième partie du travail de M. Vidal est intitulée : Delà répartition, selon les socialistes.
Cette troisième partie a un avant-propos; et, cet avant- 6 est une continuelle logomachie.
I économistes, dit M. Vidal, sont les hommes du pré- MiUy Monsieur, le présent peut être bon, et peut être
mauvais. Si le présent est bon, les économistes ont raison ; s*il est mauvais, ils ont tort.
Les socialistes, dit encore M. Vidai, sont les hommes de l^avenir. Je répète qu'il y a avenir l>on et avenir mauvais; rt, que dans cette logomaclûe, les prétendus socialistes peu* veut avoir tort ou raison, comme les économistes.
Les économistes, dit encore M. Vidal, sont les hommes du rM, et les socialistes les hommes de TidéaL M. Vidal con- Ibnd le réel avee le (hit, et c'est une nouvelle source de lo* gomacbie. Pour les panthéistes, 11 n'y a de réel que les faits, parce que pour eux, il n'y a que des phêuomènes^ et, il on est de même pour les antropomorphistes, chez lesquels, l'homme et le chien sont également des faits. Pour l'homme véritablement religieux, il n'y a de réel que réteniel, riudépenlanl, Tabsolu, la vérité. Et si les âmos ne sont point éternelles, indépendantes, absolues, véritéSi il n'y a rien d'éternel uidividueUement, rien d'indépendant, rien d'absolu, rien de réel individuellement, rien de vrai. Quant a l'idéal, il se rapporte aux idées. Et, comme il y a des idi^es sages, et des idées sottes; l'idéal est sagesse ou soUise, selon qu*il se rapportée une idée di'moulrée vraie ou à une idée hypothétiquesent vraie, quand elle n'est pas absurde. Et, comme en époque d'ignorance, il ne peut exister d'idée démontrée vraie lelalivement à l'existence des réalités non-illusoires, il s'ensuit : que, jusqu'à présent, tout idéal na jamais été que sottise.
Je vaii dire à M. Vidal : oe que sont les économistes; et M que sont les prétendus socialistes.
Les économistes veulent conserver le paujiérisme A une époque où ce paupérisme conduit Inévitablement A Tanarchie, ï la mort sociale. Les économistes sont des fous.
Les prétendus socialistes veulent anéantir le paupérisme, avant d'avoir anéanti rignoranee sociale sur la n'alite du droit, ignorance qui est source nécessaire de paupérisme. Les préleadus socialistes sout des fous.
« — ^ Nous allons donc, continue M. Vidal, quitter U « MONDE DES RÉALITÉS pour entrer dans le domaine des « idées et de la spéculation pure. Ici Ton peut en toute li- « berté épancher ses sentiments, donner à Tactivité de son c esprit la plus vaste carrière ; on peut à son aise remanier « le monde, et créer par l'imagination un idéal de société, « à la seule condition toutefois de ne jamais méconnaître les « impérieuses nécessités de la nature humaine, de ne jamais « franchir la sphère du possible. Or, le champ du pos^leest c infini, l'horizon n'est borné que par notre inteiligenoe. •
— Et, comme l'absurde entre dans le possible : lanl que vous n'avez pas de critérium incontestablement rationnel pour distinguer l'absurde du possible, il s'ensuit : que, le domaine du prétendu socialisme, du socialisme idésd, n'est autre : que le domaine de Charenton.
Jadis, la Sorbonne a déclaré : qu'un bâton ponvait ne pas avoir deux bouts. La Sorbonne de cette époque était socialiste ; selon la définition de H. Vidal.
Le monde idéal, dit M. Vidal, n'est limité que par l'absurde. Eh, Monsieur ! un bâton n'ayant qu'un bout est une idée comme en ont eu Platon, Morus, Horelly, etc. Tout ce qui n'est pas vérité est mensonge, est absurde, en tant que considéré comme vérité. Le champ de l'absurde n'a pas de limites; les erreurs sont multiples, la vérité seule est une. Avez-vous un critérium pour distinguer la vérité une des erreurs indéfinies? Donnez-le, et ce sera seulement alors que vous serez socialiste réel, socialiste rationnel. Jusque-là, vous n'êtes qu'un prétendu philosophe; et, vous savez ce que Qcéron disait des philosophes prétendus.
Entrons maintenant, avec H. Vidal, dans le champ préten dûment limité par l'absurde, et qui, jusqu'à présent, n'a été semé que d'absurdités.
Le chapitre i est intitulé : École de saint-simon. « — Voici, dit M. Vidal,.comment on procède :
« L'artiste par excellence, rhomme le plus sympaihique et le plus inteîligent, le candidat à la papauté se pose et le peuple acclame. Le chef salué par les houras de la foule, est censé le plus digne, il est investi d'un pouvoir à peu près absolu; il est, en quelque sorte, le représentant de Dieu sur la terre et s'en arroge tous les attributs, il choisit tes hautes capacités et confère les grades supérieurs; puis tes grands dignitaires, procédant à leur tour, d'après rexemple du pape, et sur son influence immédiate, nomnenl aux fonctions secondaires, et ainsi de suite jusqu'au dernier degré de l'échelle sociale. Le chef suprême juge ainsi directement ou indirectement les capacités, décide des aptitudes, assigne à chacun une fonction spéciale, et chacun d'eux est obligé d'obéir à la loi vivante. La loi se fait homme, elle s'incarne dans le grand artiste, qui devient un vériteble autocrate; et qui exerce le despolisme de l'intelligence au nom de Dieu.
« Si cet homme, continue M. Vidal, est souverainement juste et souverainement intelligent, sMI cesse d'être homme enSo, nous n'avons rien à dire et nous ne trouvons pas mauvais qu'il exerce la toute-puissance. Si Dieu daignait gouverner en personne nos sociétés, il ne faudrait point en hîre un roi constitutionnel, limiter son pouvoir et de- DMuder des garanties... mais. >
— Voilà un mais qui n'accepte pas le père Enfantin comme ban Dieu. Le saint-simonisme, tout idéal qu'il est, se trouve renvoyé aux calendes grecques.
« Les hommes convaincus, dit M. Vidal, sont toujours « prêts à obéir aveuglément au chef qui possède leur con- « fiance. *
^ II suit de cette définition que les hommes convaincus sont de grands sots. Dés lors pour être sage, il suffit de n'avoir pas de conviction. Dans ce cas, nous existons au siècle de la sagesse ; et, nous sommes à ra|>ogée de ridèal.
M. Vidal se sert h chaque instant de l'expression Ihéocra--
tique. Il serait bien embarrassé de déterminer la valeur de cette expression, de manière que la détermination fût précise et ne renfermât rien d'absurde. Il est loin de se douter : ({ue, toute société non théocratique est anarchique; essentiellement anarchique; et par cela seul dévouée à la morL Il est loin de se douter : qu'il y a deux espèces de théocratie; et, qu'il ne peut y en avoir que deux : Tune basée sur la personniBcation hypothétique de la justice éternelle ; l'autre sur le Dieu impersonnel Justice éternelle incontestablement démontrée. Il est loin de se douter : que la première de ces théocraties est relative à l'époque d'ignorance et d'incompressibilité d'examen ; et, la seconde à l'époque de connaisance. II est loin de se douter : que, pendant l'époque d'ignorance et dMncompressibilité d'examen, époque qui est la nôtre, la première théocratie n'est plus possible comme base sociale; et, que la seconde ne l'est pas encore ; enûn : que, c'est à cause de ces impossibilités, qu*il n*y a plus d'ordre possible au sein de rhiimanitë : jusqu'à ce que Tigaorance sociale sur la théocratie réelle ou non hypothétique, soit complètement anéantie.
« — Obéirons-nous encore à la théocratie, dit M.Vidal, à « la tyrannie, quelque forme qu'elle revête, ou enUrerous- <( nous plus ou moins dans la voie d'une démocralie véri- « table?»
— M. Vidal est encore loin de se douter : que, si le mot tyrannie signifie règne de la force brutale, absence d'un règne de droit, soit réel et démontré, soit hypolhèlique ou d'une force transformée en droit, et socialement accepté comme réel; il n'y a de tyrannie : que/« où H ny a plus de théocratie; et, que là où il n'y en a pas encore. Il est également loin de se douter : que, l'expression démocratie^ laquelle ne peut signifier qu*absence de théocratie, n'a de valeur rationnelle, que : gouvernement de la force brutale; c'est-à-dire : absence de toute théocratie quelconque.
« — Qu'on le remarque bien, continue M. Vidal : ce n'est
• pMnt ridie, le principe même de l'autorité qui est ici mis « en came, font le monde en comprend la nécessité et la lét giiimité; mais, c'est l'orgueil et la consiilution du pouvoir, t c'est enfln le prétendu droit divin en face du droit social, du « droit humain, c'est-ft-dire du droit divin par excellence. »
«- M. Vidal est loin de se douter : que, tout prétendu droit social, tout prétendu droit humain, non basé sur une saDClion oéoeasaire, inévitable, éternelle, n'est que le droit des fripons sur les sots ; que c'est précisément cette sanction qui eODStitue l'autorilé; que, toute autre autorité n'est que force brutale; et, que tout pouvoir qui ne dérive point : soit de rautorilë réelle; socialement établie par la science; soit d^Doe autorité établie par une foi commune et socialement aeoeplAe comme réelle, n'est qu'une tyrannie d'autant plus atroee, que nntelligence est plus développée. L'erreur de ■• Vidal vient : de ce qu'il reconnaît que le droit divin hypothétique, droit qui, jusqu'à l'époque d'incompressibilité fcumen, a pu servir de base à l'existence de l'ordre, est désormais sans autorité possible; et, qu'il ne s'imagine point qoe le droit divin réel, puisse être démontré d'une manière rationnellement incontestable. Alors, par besoin d'autorité, il hii plaît de donner ce nom à un idéal de droit, privé de loute origine rationnelle, folie au premier chef en fait de THÉOBIE; comme idéal de toute nature, dés que la force U^nsformée eu droit, ne suffit plus pour se faire accepter socialement, comme droit réel, est une folie au premier chef en fait de pratique.
■ — Personne aujourd'hui, ajoute M. Vidal, n'est disposé c i s'incliner devant la volonté d'un pape. «
— C'est vrai ; et dés lors, voilà rêcole de Saint-Simon, de nouveau renvoyée aux calendes grecques.
c — Abordons directement, dit ensuite M. Vidal, la ré- « partitiou des richesses. •
— C'est avoir grande envie de continuer de pari^. Il est évident : que, dès que le pape est maître de tout, c'est loi qui possède tout; et les autres rien. La démonstration de cette vérité ne pourrait être utile qu'aux imbécilles; et, tout ce que l'on fait pour éclairer des crétins n'est que du savon employé à blanchir un nègre.
M. Vidal dit que le résumé de l'école de Saint-Simon est : point deprmlige hors la capacité.
c — Tel est en peu de mots, ajoute M. Vidal, la réparti- « tion saint-simonienne, elle se résume dans cette formule « devenue fameuse : à chacun sdon sa capacité; à chaque c capacité selon ses csuvres. •
— La première partie de cette formule signifie : que, des capacités non manifestées par des œuvres, doivent être fémunérées. C'est une énorme sottise. La seconde partie pourrait seule être bonne. Mais si la première est mauvaise, la seconde l'est également. Car, alors, il fallait dire : à chacm selon ses ceuvres. Puis comme ceux qui ne travaillenl pas, pouvant le faire, sont fous, c'est-à-dire malheureux ; il aurait fallu ajouter : Aux malheureux selon la justice. Telle en effet sera la répartition sous la société rationnelle. Mais, celle-là se fera toute seule, sans pape, au moyen de la concurrence, du laisser-faire, de la rente, de l'intérêt et du salaire.
Revenons à M. Vidal.
c — Cependant, s'écrie-t-il, Saint-Simon avait dit : tous « les privilèges de la naissance, sans exception, sont c abolis; et, voilà qu'il proclame le droit de la capacité! la « capacité n'est donc pas un privilège de naissance? »
— Eh non ! Monsieur, la capacité n'est pas un privilège de naissance, quand l'éducation et TinstrucUon sont socialement données à tous avec un égal soin. Votre erreur vient de donner une fausse valeur à l'expression pritnlége.
knpn^re^\e moiprivilige est exclusivement relatif à l'ordre
social. Uq privilège est le résullat d'une loi particulière faite en faveur de tel individu ou de telle classe d^individus^ nés 00 à naître. L'expression privilège est ensuite passée au fgHTi dans Tordre physique : un climat privilégié, un terrain privilégié. Or, vous savez : que, les expressions figurées ne sont prises hM propre^ que par les étourdis.
Les capacités, ou, mieux dit les propriétés de l'organisme, appartiennent, à la matière, à Tordre physique : par cela seul que Torganisme est exclusivement physique. Vous voyez donc : que, les capacités ou mieux les propriétés, le bon œil, la bonne oreille, le bon cerveau, etc., ne sont point des privilèges.
« — Évidemment, continue M. Vidal, Saint-Simon supc pose, comme Jacotot, que tous les hommes naissent égaux c enlJMmltés; que chacun, en venant au monde, est doué de « la même dose d'intelligence virtuelle ou possible, et c'est c de cette égalité native, etc. »
«— Monvelle logomachie. Les hommes ne naissent pas avec des facultés, mais avec une seule faculté virtuelle, la volonté. Et, encore, pourvu quel'antropomorphisme et le panthéisme n'aient rien de réel : car, dans l'un ou Tautre cas, le mot faculté serait un non-sens. Le poirier a la propriété de porter des poires : dire qu'il en a la faculté est encore une expression figurée prise au propre. Quant à l'intelligence, elle n'est pas plus une faculté que la propriété de porter des poires. L'intelligence est la propriété résultant d'une individualité nommée âme : immatérielle, simple par essence, dès lors absolument incapable de penser, unie à l'organisme^ union donnant à cette âme la propriété de sentir dans le temps, de comparer, puis la faculté de vouloir : quand les circonstances permettent le développement du verbe, qui lui-même est le développement de Tintelligence. Les âmes, par cela seul qu'elles sont immatérielles ou sans qualité, son identiques^ égales; et c'est dans celle identité que consiste l'égalité de droit. Mais les propriétés de Thomme, dont Tintelligence est m. 24
ta propriété, la qualité morale, sout inégales par essence; comme toutes les propriétés possibles dans lesquelles le physique entre néoessairement, s'il ne les compose en entier.
^-rSi Saint-Simon , continuQ M* Yi4al, ne suppose pas a le même point de départ pour tous, et Téç^lité (}e§ moyen^i € comment justifierft-i-il 3pn priqçjpe de répftrliUonî w*i ment concilieri^-t-il {e ^rpît de ç^p^cité ^vec l'ab^UliaB « de tous les priviléë[e3 4e ii^is^Rcet »
-^ En disant que la capacité n-est pas un privilège; et, que l'inégalité de l'organisate est la loi générale; nécessaireiieBt juslo, comme tout ce qui est, sMI est un ordre moral; néeeasairement sans yalcup PUPuae, s'il n'en existe pa^,
4 ^ Itfais, contiQua M. Yidal, si toutes les inteUigencea ne % 3opl pas priipitivemapt égalps, si les uaps ^qu\ dftuéea plus % avaqla^eusemenl que les autres p^r la nature »
— ^ Encore une expression figurée prise au propre : la nature matérielle ne donne pas, elle n'est pas un ôii%; ses lois sont éternelles, nécessaires. Y a-t-il une aulre nature, une nature rationnelle ; y a-l-il harmonie entre ces deux natures, harmonie constituant l'ordre moral? Voilà la question par où il fallait coipinencer, sous peine d§ parler pour ne rien dire.
« — S'il ne dépend pas enfin, continue M. Vidal, de chaa cun de nous de devenir le plus capable et de disputer le a prix de Saint-Simon à lui-même... Alors, il y aura donc « encore des privilèges de naissance, le privilège des ca- « pacités. »
c Cela est-il juste, moral? cela est-il réellement humain et « chrélien ? cela est-il conforme à ce précepte de l'Évangile: c( Que les premiers d'entre vous soient les serviteurs des « autres? »
— Si, en commençant son travail, M. Vidal nous avait fait riionneur de nous dire qu'il est chrélien, je me serais dispensé de raisonner avec lui : par l'excellente raison qu'il est défendu a un chrétien de raisonner en matière de foi. Or, au sein de
raniropomorphisine chrêiien, rien irest plus matière de foi que la réalité de rintelligence : parce que cette réalité s'y trouTe nécessairement un mystère.
Mais savez-vous pourquoi M. Vidal insiste tant sur Tégalilé des organismes, et par conséquent des intelligences? Cest qu'elle est la base dosa panacée universelle, le commumm; ei de sa iraasîtioo nécessairement papale, le roniwmnditinne. Il ne réfléchit pas ; que le communisme néct^ssitc rmmtomëtitUÊê. M. Vidal veut nous transformer en fourmilitee.
xvni.
« Le Gommunisnie adopte 1& loi U plot « simple, ceUe de i*égaUté. Le SaiDi-SiBM- « Disme n'en adopte en réalité aocone ; il s'en « remet à l'arbitraire d*an homme, à la ton lonté d'an pays industriel. Ainsi, il descend (f encore un degré plus bas^ dans la progrès- « sion du despotisme. »
M. Alfred Sudibs, HisMr9 dm Communisme.
o L'attraction passionnée est Timpaliioii o donnée par la nature antérieurement à la (f réflexion, et persistante màloié l'oppootior
« DE LA RAISON, DU DEVOIR, DU PRÉIU^, etc.
O Le but est d'arriver au mécanisme
a de spontanéité des passions, sahs kr réhu-
« MER AUCU1VE. »
Fourrier, Nouveau Mfmde induH tHel, p. 57 et 59.
« Nul ne sait tout ce que renferme de bêtise « et d'infamie, le système phalanstérien. »
M. PROUDHOlf.
« Lorsque je prêche l'égalité des fortnnes, c( je n'avauce pas uue opinion plus ou moins « probable, une utopie plus ou moins ingé- « nicuse, une idée conçue dans mon cerreaa (f par un travail de pure imagination : je pose « une vérité absolue sur laquelle toute hési- « tation est impossible, toute formule de mo- « destie superflue, toute expression de doute « ridicule... u (idem.)
<c Les inconvéDients de la communauté sont Q d'une telle évidence que les critiques n'ont « jamais dû employer beaucoup d'éloquence « pour en dégoûter les hommes. L'irrépara- « biiité de ses injustices, la violence qu'elle fait « aux sympathies et aux répugnances, le joug « de fer qu'elle impose k la volonté, la tor- « ture morale où elle lient la conscience, l'ac< tonic où elle plonge la société^ et, pour tout « dire enfin, l'uniformité béate et stupide par « laquelle elle enchaîne la personnalité libre, u active, raisonnable, insoumise de l'homme, « ont soulevé le bon sens général, et coudamné « irrévocablement la communauté. »
M. Proudhoh.
« De pareilles théories et de pareilles con-
c tradirtioDS carartériient l'époqne d*lgiioniDre « et d*iiicompretsibilité de l'eumen. »
GoLiRS^ Commêntain.
M. Vidal critique ensuite la répartition saint-simonienne. Cest avoir du temps de reste. « C'est toujours, dit-il enOn, h quadrature du cercle. » Eh ! Monsieur, en époque d'ignorance et d'incompressibilité de l'examen, toute répartition de riebesae, compatible avec Tordre, est nécessairement une quadrature du cercle.
A propos du pape saint-simonien, BL Vidal s'écrie : « iA/ €^0$t tropy UpanthéiiWie ne peut aller jusque-lai »
M. Vidal se trompe. En époque d'ignorance et de compreasibilité d'exameu, le pape ou l'antropomorpbisme doit aller jusque-là, ou la société doit périr. Et, à cette époque, tout pape peut y aller, et, il y va. En époque d'ignorance et d'iiioompresaibilité de l'examen, où l'anlropomorphisme de- ▼ieot sans valeur, où le panthéisme régne nécessairement, le pape du panthéisme doit aller jusque-là, ou la société doit pMr. El, comme alors le pape du panthéisme ne peut aller jusque-là, il faut alors : ou que la société périsse ; ou qu'antropoBKirphisme et panthéisme soient rationnellement anéantis.
A propos du saint-simonisme, M. Vidal dit :
« — Nous respecterons toujours profondément ces hommes « qui ont eu le courage de vouer leur vie au culte d'une e idée, fût-ce même au culte d'une erreur. »
-- Certes, le malheur est respectable ; el l'ignorance est un grand malheur. Mais, l'ignorance vaniteuse mérite encore plus de pitié que de respect.
« — Le saint-simonisme, dit M. Vidal, a eu la gloire de « poser et de soulever tous les grands problèmes sociaux, « d'imprimer aux idées un mouvement prodigieux. II a for- « lement ébranlé les intelligeneos, il a laissé dans les esprits € et dans les choses d«'S trarrs manifoslos do son pas-aso ; il
a a modiûc profoDilénent l63 opinions de enx-Ià mtee qui « ( ruleiit avoir échappé ft iSon Influence. Duns le nonde in- « tdiectuel, lesaint-simonisme cstleplusiinniiHiéTéDeflientda « XIX* siècle. Si, aujourd'hui, l'économie soi'iale tend de plus « eu plus à délrdner la politique pure ; si les questions de « personne et les questions de scolisUqiie eMstiMioDiieUe « paraissent rides et creuses en présence des pro^léaes qii c s'agitent de tontes parts; si, eliei to«s tes p Myfcs >, dans € lotis les pays, on se préocenpe sérîeasettMt A^métiont te € sort du peuple, de faire quelque cln^se pMr 1rs classes te- • borieuses; si les questions sociales eoBo simt i rartlredi « J^r, e*est surtout aui stint-^aonîns que IMS en « s'^ittuies ledenMes. â e^ se«l itir» Êtjij H p^at h f«da t ftiefîe qu'Us fNal teile à régofem» tl in ^n^pig^ bs « SftinMteiMteM aiirt^l dr^t à lasjnBp^Mte^ è la mm^ <k MnBMe^ di^ Umis tes etems jeoMMx* *
~ laf" SQdftNtteMiÀsaac' i*^ p» eiÉ tÉ $tote^ : *^ f^ ^i^te^ef IM ^f^rHJte prvMitees seenta^ ot (f^m^fimer an f*^?s U9 aK>«>e«eiît pn>«ii^ietn. Les ?faa* pn?Wt?aies »cii>tt\ <odt p«,^*s JeçKtiH fori^iiïe ie rùnawittlè; et^l» ptws*- NNOe Je o^JBpriMhff l»fttr disctis^oo, aitei cpte îa aè^es^tïé de kl o,H»çres*iofl pooir qw lliiunaaictK^ pdi; enietef > « siwri r»- Wisii le Jiu'vek^t'yewseftt vies idléeSw le settL %m «t rmpnmë 4U,\ ».J*fes uuji ittoa^fu'uteui pcvWijiieuA, c\'st GaL:eaiJ}er^. l.V\4iiw« ci îioale siinwimouitfttie a iiu'vi'ioope «iuii^ !e îeu:^ |Miii J)i.M.-<u,\ ce v^uw !ii x,vm^o*^s^biA^ Je fcsainea a^ajû J^ve- \if{f\f\: yii$iu< X iK'it!^ jiiiT'iuurtiocvinbto. Ltf <uijji-^in.«iiii:5nie i»>M: tr«M itf ^m ffmtd^wtmmi tittifileecuifl «M xn" ^ma^ e>M in uHefFnt(;ftiu t/liivtni|iiev «tui ^fipurtàeni iiiifnijo«D& ^\m 40. rtti/<iUu iitieîleeiuei^ (tOj;ie iuctrtittf iian( tmpJkiîPoiiniil iTUiUrill^fitrdcev ^JiuiJ^ ^v mviiir iyeat-*M:'v. S us (ijesu«jns i? pu- Vùqfiu jiure ^ ii/ ;fer<uuni;^ ci Jt' >c\iiutHXi(ue >;unsuaiciiaïti/llw itmur»(^ui. wt.ujuMluineuf >«'«hrs 't n-^utjesK i^f .pOriîes ^1^ ^;u ^to^ c'Usi J ''^<ii4*vm(ir/^sHl)iiMu iucuiiiî »Ih l'"nameu
q^ t|»mt^m xlu^tfit^ vK '4UU. 411 :i^lltû^:HaiUiU;Hnii. Ci£ (tUi OliU:^
dtroM au rainl-sUMDisaie : c'est d'avoir éf^ré reiamen sur op qui coDStilueactuellemeQt la néeeaailéaociale ; la eounai»* sauce de la réalité du droii, par ranéanliasement simulUiné derantropomorphismeei du panthéisme. Le saiiU-simonisuie a développé : la vanité, l'ignorance, et l'anarchie. Voilà ce que nous lui devons.
Le chapitre iiest intitulé : École de Charles Fourrier.
^« —C'est, dit H. Vidal, la démocratie qui règne^ ou tout « au moins domine au phalanstère* »
— • Ce qui règne au phalanstère, c'est îe développement intégral des passions, safis subordination à la raison. C'est donc, alors, la démocratie en efTel, la Souveraineté des passions, la souveraineté du peuple, la souveraineté de ta force brutale. Saint-Simod,(/«ipofi>fiie;ChartesP0Urrie^(iti(ircAi>; voilà les deui écoles en deux mots. Le fourriérisiUe est par- MIMieai défini par M. Vidal : trahit $na guew^quem poluptas. La atieiété devient une grande auge.
< — Dans un pareil système, on le voit, dit M. Vidal, la € liberté n'a rien à craindre, les excès de la licence seraient « plutôt à redouter que les abus du despotisme. »
— Comme si la liberté réelle n'était pas l'obéissance volantaire à ce qui est ordonné par la raison ! comme si la liberté illusoire ou l'anarchie n'était pas l'existence sous le joug des passions.
A propos de l'école de Fourrier, M. Vidal met dans une bote:
. « — Le mol capital a une signifleation précise en écono-
« mie politique Nous attachons toujours au mol capital
« le 8^8 rigoureux qu'il a dans la scikncjb. >
— Ainsi M. Vidal s'imagine t que le mot capital n'a qu'un sens dans la science; et, que la science i^onomiste existe 1 Je pourrais lui donner ici dix valeurs différentes du Bot capital, données par les économistes. Je préfère à cet
ét$r4 fféÊeÊêtt n cûnÊL €m
r Aieadéwe des fdeaees Bonk de U Sagra, sfBbre de eetle
< — rentre ea Batière, dit IL de h Sagn. »
« Qo'est-ee qui cancténse riMMUie?
« Le langage.
« Qtt'est-ee qui caractérise une sôeoee?
« Une langue eommoiie i ceux qoi la coUîTeia.
« Et quel est le premier moi de toute langue seîeuliffK « possible?
« Cest celui qui exprime C€ qu'dle esL
c L'écoDomie politique sait-elle ce qu'dle est?
« La question peut paraître singulière. Toyous uéauMHns « ce qui en est!
« c Le bien, dit Anatole {Polit. U I, Uv Y, du TIII, « p. 215) , est la fin des arts et des sciences. Le praskr « des biens est donc la fin de la première des sdenees. Or, « cette science est Yéconomie sociale. Le premier des biens « m; trouve donc dans Tordre politique. Ce bien est la
• juHlia». C'est-à-dire l'utilité générale. » »
• € La science de réconomie politique, dit H. le vicomte « Alban de Villeneuve, suivant la logique du langage et de « In ixmséc, Q pour objet l'organisation et le gouvernement «i do la société. » »
« Ces deux assertions sont bonnes, mais elles ne détertt minent rien quant à l'essentiel, qui est le caractère de la « Justice en rapport avec l'utilité générale qui doit servir de
• base à la science.
« Dupont do Nemours est respecté des économistes. Voici « ce qu'il disait h J.-B. Say :
« K Vous avez trop rétréci la carrière de l'économie poli- « tiquo, en ne la traitant que comme la science des richesses. « Kilo est lu science du droit naturel. » »
c Si nous nous bornions à la science des richesses, je s pourrais faire voir qu*il n'y a pas deux économistes d*acc cord sur le mot richesse. Mais nous verrons tout à Theure € que Say s'est rangé de l'avis de Dupont de Nemours. »
« Voici maintenant ce que dit J.-B. Say à Ricardo : >
« « J'ai reçu avec votre lettre un exemplaire de la cin- « quiéme édition de votre ouvrage. [Recevez mes remerclc ments. J*y vois une nouvelle preuve que les matières d*é- « coDomie politique sont prodigieusement compliquées, « puisque, tout en cherchant la vérité de bonne foi, et après 9 que nous avons les uns et les autres, consacré des années c entières à approfondir des questions fondamentales, il y a « plusieurs points sur lesquels nous ne sommes pas d'ac- • cord. • » (10 juillet 1821^ Outrages posthumes.)
€ M. le baron de Morogues est de la même opinion :
€ c Malgré, dit-il, le nombre d'hommes distingués qui se soDl livrés aux recherches de l'économie politique, la scienoeest encore imparfaite; elle a eu surtout pour but la création de la richesse et non sa répartition dans les masses; en sorie quMI en est résulté f accroissement progressif de la misère des claues inférieures concurremment SKoee la création des richesses nouvelles concentrées dans tês sommités de tordre social. »> (Po/t7.,etc.,liv.VI,ch. I.)
€ M. Blanqui est plus positif encore. En parlant de la doctrine économique d'Ad. Smith, c'est-è-dire des principes fondamentaux de la science, il l'accuse de porter des fknits amers : « « Elle a créé des richesses immenses à e6té d'une afflreuse pauvreté. Elle a enrichi la nation, en traitant souvent bien cruellement une partie de-ses citoyens. Est-ce là, demande-tril, le but social de l'accroissement des richesses, ou, plutôt, n'est-ce pas une déviation malheureuse de la voie sociale ? » > « Et dans un autre endroit :
« • Lliamanité commande qu'on cesse de sacrifier, aux
« progrèi de Topulence publique, des ]
« iiVri profitent point. Ainsi te veulent les lois de la jBSliee
« ni de la morale, trop longtemps méconnues dans la répar-
« tttion sociale des profits et des peines. » » (Hist. dt /'^m.
polit,)
« L'accusation contre la science est grave. Voyons ce que « dit tiotre savant collègue U. t)unoyer :
c « L'économie politique, qui a un certain nombre de « principes assurés, qui repose sur une masse considérable « de faits exacts et d'observations bien déduites, parait (am <c encore néanmoins d'être une science arrêtée. On n'est « complélomeut d'accord ni sur rétendue où doivent s'étendre (t SOS recherches, ni sur l'objet fondamental qu'elles doivent ■ se proposer. Ou ne convient ni de l'ensemble des travaui «i qu'elle embrasse, ni (ie celui des moyens auxquels se lie la « puissance de ees travaux, ni du setià précis qu^ll faut atta- « chor à la plupart des mots dont est fordié son vocabulatre; « ot la scionco, riohe de vérités en détail, laisse inflnimmt à « dt^siror dans son ensemble; et^ comme science, elle parait « loin encore dVlro conslituêe. Il pourrait être donné de n (oui oooi bien des prouves. > » (Séance de l'Académie, du 47 juuvior 184G. Journal des Économistes.)
« Ksl-oo qu'iui pareil ensemble de faits, plus ou moins « exacts, sans unité ot salis langage précis, mérite le nom de
• science? — El les hommes qui se méfient des prétendus
* «xioinos d'une telle science ne font-ils pas preuve de bon « sens, lorsque, de son application pratique, peut s'ensuivre
• la ruine d'un i>ays ou la misère de classes nombreuses?» »
« Écoutons un homme dont aucun économiste ne reçu* « si^ra les connaissances, M. Gannilh :
« * Je suis loin de i>ar(a?er l'opinion d'un éerivafn qui « pens*^ que nous possétlons la science, parce qu\4d. Stilitb,
* M, Buchanan^ Malthns, Rirardo et Say sont d*accord sur « IV qui iH^nstitue les riclh'sses ^ur les moyens qui les nul- « UtUioui ei les dèinùsenu »
« Que 00U8 sommes loin de cet heureux accord donl nous « flatte M. Say ! On verra dans celte nouvelle édition que « Cfs cinq écrivains sont endèremenl dwités sur tous les é p(hnts sur lesquels M. Say prétond ({iiMIs sont d*accord. Il « est de fait que Buchanan, le dolivel éditeur et Padittirateiir € de Touvrage d*Adam Smith sur la richesse des nations, le
• combat sur une foule de points fhndamenUiQx ) que la « doctrine de M. Maltbus diffère de celle de M. Ricardo; que < M. Ricardo réfute M. Say, et que M. Say dans ses notes
• sur l'ouvrage de M. Ricardo, s'efforce d'atténuer les « attaques de cet écrivain. Me sera-t-il permis de le dire? La « science de l'économie politique a fait d'immenses progrés, « mais le génie qui doit la fixer n'a pas encore paru. Le « sceptre conquis si glorieusetneiit par Ad. SUiith, est glot rieusement disputé, mais II n'est eticore fi persotttte, et « l'honorable penlarchie à laquelle M. Say le défère, y a « sans doute le plus grand droit ; mais tant que cette penlar- € cbie sera divisée, il f «#/« hammagei ptul-Me prétendre? 9 D'où je conclus que nous n'avons encore que des s)*stèmes « d'économie politique ou des écrits plus ou moins précieux c sur cette science. > » (Gannilb, des Syst. à'icon. polit. ^ pfcTaoe» I
« C'est dire poliment que nous ne savons rieUé •
• M. RossI, que personne n'accusera ici de né point con-
• naître ce qu'il traite, va vous dire la même chose. •
« c Dût-il en rougir pour la science^ dit H. Rossi, l'ëco-
« nomiste doit avouer que la première question à examiner
• est encore celle-ci : qu'est-ce que l'économie politique;
• quels en sont l'objet, l'étendue, les limites? D'un cMé, il c aérait difBcile de choisir les questions les plus iaportanlcs c dt l'économie politique pour tn faire le sujet de noire « travail, si nous n'étions pas d'acord avant tout, svr i'ob^ € jet et rétendue4le la science elle^méme; de l'autre, il n'est € que trop avéré que cet aca)rd n existe point pont Us ico-
— 3HD — € momiites. Sa détikition est encore vxe des qce»-