TIONS LE PLUS CONTEOYERSÉES DE LA SCKSICE
« Vous le voyez, Messieurs, la scieace ne sait pas eocore « ce qu'elle est. C'est M. Rossi qui raffirme ; et cartes jamais « affirmatioD ne fut plus conforme à la yérité. »
c M. Rossi croit n'avoir pas encore assez dit, et il ajoute :
««La place que Téconomie politique doit occuper dansk « domaine des sciences sociales, est encore un si^et de doute « et de contestations pour les économistes, et rien n$par « ratl annoncer une décision prochaine et universellement « adoptée^ »•
« Est-ce, Messieurs, cette preuve de notre ignorance qu'on « voudrait donner à la jeunesse? Hélas! elle ne la recevra « que trop tôt I »
«c En parcourant les écrits des hommes éminents dans la « science, continue M. Rossi, on aurait peine à en nommer « deux qui s'accordent sur sa nature et sur ses limites. »>
« M. Rossi dit ensuite :
«<t Que l'économie politique se résume dans les mots va- « leur, richesse, travail, terre, capital, production directe « ou indirecte, population, échange, marché, débouché, dis- « tribution, salaire, rente, profil, impôt, revenu. »»
«« Ces mots, dit-il, la science les a adoptés. Mais il n'y <c a pas encore accord parfait sur le sens et la portée de ces « expressions. C'est dire, en d'autres termes^ que la science « même, dans ses principes fondamentaux, n'est pas en- « core définitivement arrêtée, car le premier signe (vous le « voyez, Messieurs, le premier signe) de toute science c'est « une nomenclature acceptée, reconnue, et désormais hors <c de toute contestation. »» (M. Rossi, Cours d'économie politique.)
« C'est aussi incontestable que possible. Hors cette condic tion, l'économie politique ne peut être qu'une logomachie.
Esl-oe, Messieurs, un cours de logomachie que l'on voudrait introduire dans les collèges? — Certes, ce n*est point Topidion de M. Rossi.
«« Toute inexactitude, dans les notions fondamentales, obscurcit, dit-il, la science tout entière. L'esprit prend une fausse direction, dont les effets se font ressentir dans les questions d'application. >»
« C'est parfaitement juste ; de Tanarchie dans les idées^ l'anarchie dans les faits est toujours la conséquence inévitable. Certes, Messieurs, aucun de vous ne veut accélérer cette transition. »
c Et M. Rossi est-il bien d'accord avec lui-même sur la nature et les limites de l'économie politique? Voyons : »
ce Smith, dit-il, a évidemment ramené la science dans les limites indiquées plutôt que tracées par Aristote. »»
« Messieurs, j'en demande pardon à M. Rossi. Mais, dans la dtation que je viens d'avoir l'honneur de vous faire du passage le plus clair d'Aristote sur l'économie politique, vous avez vu que le prince des philosophes déflnissait l'économie sociale, la science qui les renferme toutes. »
««Ces limites (les richesses) posées par le chef de l'école, continue M. Rossi, ont bientôt été franchies ; elles l'ont même été par ses disciples les plus zélés, je ne rappellerai
ici que trois noms célèbres ajuste titre et d'abord, mon
illustre prédécesseur, M. Say. Quoique, dans son traité, il se rapproche de l'idée que l'économie n'est que la science des richesses que dit-il dans son cours complet d'économie politique? il s'exprime ainsi : «« L'économie polidque n'est pas autre chose que l'économie de la société. L'étude qu'on a faite de la nature et des fonctions des différentes parties du corps social, a créé un ensemble de notions, une science à laquelle on a donné le nom d'économie politique, et qu'on aurait peut-être mieux fait de nommer économie sociale. )»»
— 3fâ — a « Et il ajoute :
«oc L'objet de réconomie pQljUque pemblç avqir été res- « Ireint jusqu'ici à la connaissance des lois qui présidente « la distribution, à la consommation des richesses. »»
«€ Il reconnaît, èontinue M. Rossi, que lui-même Pavait « ainsi envisagé dans son traité. Il termine toujours par « dire : » »
««« Cependant, on peut voir, dans cet ouvrage même, « que cette science tient à tout dans Içt société, qu'elle s$ « trouve embrasser le système social tout entier »»»
f Voui le voyez, Messieurs, voilà Say qui parle comme c ArUtoteet comme le sens commun. Mais la solution de la c science d'Aristote, et de M* Say, le sens comuMm la tient « encore en réserve. Est-cq cette ignorance de ce que le sens € commun doit révéler un jour que nous voudrions révél» « à la jeunesse? — C'est au moins inutile. Si maintenant c j'avais à vous citer tous les hommes de mérite qui accu- « sent l'économie politique de ne rien savoir, ce serait à ne « plus finir. Voici un passage d'un auteur dont l'un des ou- « vrages a été couronné par vous-mêmes : »
a« L'économie interne et externe des sociétés est appelée « à subir en ce siècle une profonde transformation, L'an- « cienne économie politique a fait son temps... Ce que l'on « appelait hier encore économie politique est mort et bien « mort. Les tentatives que l'on fait maintenant pour la res- « susciter seront impuissantes, comme tout ce que l'on tente a pour ramener un cadavre à la vie! ■» (M. Pecqueur, Théorie d'économie sociale et politique, introduction.)
« Voyons maintenant si le successeur de M. Rossi a ré- € solu ce que ^n prédécesseur avait laissé en question. >
«€ De notre temps, dit M. Michel Chevalier, les sociétés c ont à résoudre un problème dont les termes, au premier c abord, sont contradictoires ^ sont également opposés l'un
« à raotre : celui du bon marché des produits, combiné avec « un bon salaire pour les producteurs. >»
f Voilà l*éooqomie poliliquo réduite k I4 3o1uUoq d'une € poDtradiclipn, Pan» uq ouvrage antérieur. II. Chevalier c avait dit ; «« Que le pain baisse de cinq p^times la kilo^ € gramme, avec la constitution actuelle de Tindustrie, il ne
• liudra pas ail mois pour que lea salaires aient subi une € ii^ction à très-peu prés équivalante. > »
« Est-ce là le second abord de la question ? » « Il est évident que suivant Tavis du professeur du collège « ^ Frw^t il exiiiM 1190 Pau96 penDaneula pour que lésaf laire n'augmente pas, quoique I abondance des moyens soii c obtenue. Il est aussi évident que la science actuelle ne c donne pas la manière de changer ce rapport fatal. >
c L'économie politique moderne, a dit le même savant « professeur, doit adopter pour sa devise cette pensée deBa-
• eon : que celui qui repousse des remèdes nouveaux, s'ap-
• prêle à des calamités nouvelles ! Je ne négligerai aucun « effart, croyez>-le bien, pour m*y montrer fidèle. > > M. Chec valier, fin du premier cours d'ouverture, 4841.)
c Ainsi, Messieurs, l'économie politique jusqu'en 1841, c s*e8t trouvée sans remède utile, puisqu'elle a besoin de « remèdes nouveaux, sous peine de calamités nouvelles, c Certes, le savant professeur a parfaitement raison. Mais, € depuis, un remède nouveau a-t-il été présenté?
c D'après ce qui précèUe, nous pourriops nous imaginer « que M. Chevalier attache une grande importance & l'éco- « pomie politique ; npua allons en juger :
•€ Ce n'est point à l'économie politique qu'il est réservé « de poser les questions sociales. Elle les accepte telles « qu'elles sont déterminées par la politique, et les élabore c conformément aux idées suprêmes qu'elle trouve en posses> « tion du gouvernement des âmes. •» (Discours d'ouvertntt du cours 1844-1842.)
« Vous voyez que réconomie politique se trouve ainsi ré- « duite à zéro. Du temps d'Arîstote, le professeur aurait dû « accepter que les esclaves n'avaient pas d*Âme. C'est borner « la science à parer Tidole du jour quelle qu'elle soit, même c Molocb; si, à l'époque où il professe, Moloch a le gouver* c nement des âmes. »
«c L'économie politique, continue M. Chevalier, n'est c point la fille aînée de la maison ; elle a, au contraire, pluc sieurs aînées dont elle reconnaît la préséance, l'auto- « rite. >> {Idem.)
c Dés lors, si les aînées sacrifient à Holoch, il faut qu'elle c aussi se soumette à encenser l'idole malgré tout ce que la c raison pourrait lui ordonner. »
ce On lui assigne sa tâcbe, continue le professeur, et ouc vrière empressée, elle s'y livre avec zélé. Auxiliaire mo- « deste, elle applique les faits matériels à la solution des c problèmes qui lui sont indiqués d'après les besoins des « temps, en les condamnant et en les inlerprélant d'après « les principes suprêmes qu'elle trouve établis autour « d'elle. »» {Idem.)
« C'est aussi clair que possible. L'économie politique du «c temps d'Aristole, devait interpréter l'absence d'âme chez « les esclaves, dans le sens indiqué par le précepteur d'Ac lexandrc. Et tel est son devoir éternellement. »
c Certes, s'il avait existé une meilleure route pour conc duire aux connaissances économiques, et pour exposer les c devoirs de l'économie politique, M. Chevalier l'aurait rcc commandée; car, bien certainement, il les a toutes parcou- « rues, et autant que personne, il est capable de les juger. »
« Mon digne ami M. Blanqui, faisant un parallèle des di- « verses économies politiques, déclare qu'il y en a beaucoup.
«« Il n'y a donc pas si loin, dit-il, de l'économie politique « grecque, et romaine, cruelle, insatiable, inexorable, à
c réconomic politique de plus d'un pays d'Europe. » » {Biit. de Néon, polit.)
c L'honorable M. de Villeneuve a mis en regard l'éconoc mie politique anglaise et l'économie politique française.
< Les deux sont en opposition. Laquelle des deux est la « lK>nne? — ou bien encore ni l'une ni l'autre n'est-ellc t bonne? Que dirions-nous de cette opposition à la jeunesse,
• û l*on voulait faire professer l'économie politique dans les t collèges?
« < L'économie politique, dit encore mon respectable ami,
• n'est que l'économie de nation à nation. > >
< Cest aussi clair et aussi vrai que possible. Mais que
• conclure de cette vérité? — Qu'il y a autant d'économies € politiques que d'intérêts nationaux; et que \c grand maitre c de réconomie politique c'est le canon. Est-ce là, Messieurs,
< ce que Ton voudrait enseigner h la jeunesse? >
— Tel est l'exposé de la prétendue science économique, d'après un adepte, d'après l'un des prêtres du sanctuaire. Est-ce qu*Qn pareil gâchis mérite le nom de science?
« Lort(fti*inie sf ienee a des prlDdpes iMOD- « testablesy elle peut être ploi ou iMiai « araocée dans les applicatioos de ces prin- « cipes ; elle peyt avoir pour base ai cercle de « principes plus ou moius ^rand ; mais ccsx « qui la coDstitueot science doivent être IrrécQ- «r sables. Car, s'ils sont variables^ ils ne sont 41 point principes, mais opinions; et, une « science fondée sur des opinions, n'est une c science qn^illnsoirement.
«« Ce oui constitue la science, a dit rheDO- « rable M. Cousin^ c*est la suppression de « tonte anomalie, Tordre sobstitoé à Tarbic traire, la iéautb a L^AFFAaEXCS, la iaisqi « AUX SEHs ET A L'tHAGiKAnoif, les^^nomèoei € particnliers rappelés et Hnrés à lenrs loii c générales. »
M. Ramon de la Sagia, de rÀcadémii des sciences morales et politiques, IKjcoiirf à t Académie, prononcé le 4 décembre 4847.
« Substituer la raison aux sens et à Timagi- « nation, est précisément le contraire de toite « utopie possible. »
CouNS, Comfiuntaire.
« L'opinion Qr'iL n'y a »ibî« d'absolu eu « ÉCONOMIE pouTiorE sc raltacbe à rignoranra a de notre époque, qui ne connatt encore « qu'un absolu htpothetioue : celui des ma- « thématiques.
« Le fait est. Messieurs, que tout ielatii c( se rapporte à la matière, au mouvement, à « la force ; I'absolu à la conuaissauce réelle, à « la vérité, au droit. Séparer l'absolu de la « vérité, du droit, c'est soumettre le droit à la « force, qui dès lors en devient seule l'inter- « prête et la sanction.
«« Pour jiistifler le principe qu'en économie « politupie, il n'y a rien d'absolu, les écooo- « mistes disent que I'economie politique est « UNE science d'observation, et que sa COOl-
« DINATION doit RESULTER DE L'EXPERIENCE DES
« FAITS. Cela est exact pour autant que les a sciences économiques restent inbérentes an c( sciences physiques. Mais du moment qu'elles « sortent du domaine de ces sciences, du mo- « ment qu'elles font partie des sciences mo- H raies, elles appartiennent au droit; et, si le « droit osait affirmer qu'il n'a rien d'absola,
« ce serait décUrer que loMiiêaM n'en qw « l'expre^Moii (le la force.
« Alors, et pour taire ces contradictions, ili « disent : que réeononile politique se difitê « en BcoxoMiE Pi'iE et en ecojiowb appuqi'u:
« Tune est la sciexcb, Taotre Tait.
m Pour l*BCoiiOMia politique pfii, dH « M. Ro!isi, il n'y a qu'un mArché, Tunirers; « qv'oD atelier, le monde ; qu'une population « ouvhi^reycVst la population do globe. Ces!
« rECUNomi roUTigrE AFPLiQtEE qui distingue « le travailieur anglais du travailleur français, « le marché anglais, du marché fVançais, du « marche chinois, ainsi de suite. •• T. S, 8* leçon.
• De cette naoière, Téconomie politique « pure se trouTc seule ùtre la science, et, « comme cette science n*est relative qti*aa « coiim<t|M»litJ!%me, et que le cosmopolitisme est « cousidérû comme une I'Tofib, tous ronceTcs : « comment la soietice Fcas n'est bonne que « pour les académies; comment rÉco^oniB « AFPLiQCEE OU Tait est le domaine eidatif « de< hommes d'Etat, des administrateurs ; « et TOUS coneefrei encore comment l'éeono»
« mie polit i^pie, scietice, m trouve entachéo « de ridicule et de puérilité aux jeux des € hommes d'Etal, |>oiir lvS4|iieU récowHnIo « ap|diqu«'e a «eule de TimiMirtance. C'est fort a sinsulier, mais ce que J'ai llioanettr do « ▼om» exposer tni un fait irrécusable, olaii « que je viens de le constiter. >
M. Raioii de la Sag«a, à l'AfiiliU, 4 décembre 4847.
a Conclusion : la scienre éeonomi<]ue est à € aaltri ; et avssè la science sociale, m
GoLuu^ Comm«fsiatfrf .
€ La répaHition, dit M. Vidal, qui dépend desfmti tf rf» « prix wurant, selon les éconoaistes ; de la loi tfivante §lde c l'aulorilé, selon les saint-siaoniens ; dépendrait, en der* « niére analyse, selon les disciples de Fourrier, eonsensu « Mnuafn, du suffrage des associt^s, de TtMiuilê et de la raison « inlerprélées et manifestées par le vole des peuples. »
— La répartition des richesses ne dépend ni en prix oourant, ni de la loi vivante, ni de la force brutale imposée à one majorité d^imbéciles par une minorité de fripons; la ré partition des richesses dépend de Tignorance sociale, ou de la connaissance sociale sur la réalité du droit. En époque
d*igDorance sociale le sol est nécessairement aliéné, et resle aliéné quoi qu*on veuille faire. De cette aliénation résulte nécessairement un paupérisme croissant comme la richesse. Quand l'ignorance sociale est anéantie, le sol appartient n^ cessairement h la propriété collective et reste nécessairement à cette propriété. De cette organisation du sol résulte néees' ' sairement l'absence de paupérisme.
a — Le fourriérisme, dit H. Vidal, nous amène exactement tt au système saint-simonien, avec cette diflerence néan* « moins : que, les œuvres et les capacités, au lieu d'être ju- « gées par les supérieurs, seraient jugées par les compagnons « et par les pairs. »
— Voilà peut-être le jugement le plus sain qu'il y ait dans l'ouvrage de M. Vidal. Dans ce cas, nous donnons la préférence au saint-simonisme : parce que le despotisme, à moins que ce ne soit au point de vue de la nécessité de l'excès du mal, est préférable à l'anarchie. Heureusement, en époque d'incompressibilité d'examen, les deux, comme stabilité, sont égaicmentimpossibles : le despotisme conduit nécessairement à l'anarchie; Tanarchie conduit nécessair©«ment à un despotisme plus atroce; lequel produit une anarchie plus effroyable. Et cela, jusqu'à ce que l'excès du mal social force à chercher, découvrir et accepter socialement : la démonstration de la réalité du droit, laquelle anéantit nécessairement : tout despotisme; et toute anarchie.
Maintenant remarquons bien ce qui va suivre, pour pouvoir nous le rappeler au besoin.
« — De toutes les utopies, dit M. Vidal, les disciples de t Fourrier sont les seuls qui aient maintenu en principe l'bé- « ritage de la propriété individuelle, la faculté de disposer < du capital par le testament. i»
— Et, comme M. Vidal n'est pas fourriériste, et qu'il s'avoue utopiste; il s'ensuit que M. Vidal ne veut : ni de l'héritage ni de la propriété individuelle; ni de la faculté de
lester. Cest pour ces belles théories, que M. Vidal réclame b reconaaissance de rijumanité !
Après cela, M. Vidal s'amuse à discuter la répartition phahnstérieDoe. L'absurde, reconnu tel ne se discute plus. Si le cercle pouvait se carrer, il ne serait plus un cercle, par te raison qu*étant un cercle, il ne peut se carrer.
« — Il va sans dire, lyoute plus loin M. Vidal, que les « associés substitueront le crédit à la monnaie. »
^» Et , c*est un économiste qui donne son assentiment à ée pareilles propositions! La suppression de la monnaie, lue fois sorti de la barbarie primitive, équivaut à la suppression de la propriété individuelle. Puis, M. Vidal discute sur eelle proposition, comme il discute sur la proposition de carier le cercle. Que de combinaisons inutiles pour une chose, te reparution, qui doit nécessairement se faire toute seule, aoas peine de ne pouvoir être faite!
YoQS pensez peut-être que M. Vidal s'occupe de l'ordre ao sein du Phalanstère, ordre dont la répartition des ricbesses n*est jamais que l'expression nécessaire! Allons donc! s'occupe-t-on de l'ordre au sein de l'automatisme, ayant pour expression le développement intégral des passions ■on aouaiises à la raison? Qui donc s'occupe de l'organid*une fourmilière.
Le chapitre ui est intitulé : École de là fraternité
00 DB LA COUXUNAUTÉ.
Ce chapitre commence par trois pages d'éloges du communisme. Puis, vient une citation de saint i^aul disant : « // n'y a qu*Mn seul Dieu qui opère tout en tous. • Est-ce pour nous prouver, que l'on est libre au sein du communisme, que M. Vidal appuie la communauté sur cette aolorilé?
« — Avant d'aller plus loin, continue M. Vidal, nous pré- « venons de nouveau le lecteur qu'il doit, s'il veut nous « suivre, se débarrasser de tout pnjiiî,v, fnire abstraction de
« toute idée préconçue, et ne prononcer que d*après 9a rpon < et sa conscience. »
-p- En général, on ne fait de pareils eKordes que, lorsqu'on veut même à son insu, faire accepter comme blanein qui est noir. Du reste, je préviens M. Vidal s que, la eoa» science est l'intime expression de la raison ) il n'y a paa plu de conscience iapée que d'idées ipnées,
c — Il ne a'affit pas de savoir, continue M. Vidal, ai lei « doctrines que nous allons exposeri en rapporteur co^scien- « pieux, sont susceptibles d'une ^pplicatiop plus ou nioip9 € immédiate; il s'agit de savoir ^i elles 3opt yrûes ttiépr^ $L quement aux yeux de rintelligencci si çUfi? sont justeS|Si « elles sont ratiQpnelles. 1»
— Oui, Monsieur, c'est de oela qu'il s'agit. Eta bieiii elles sont fausses théoriquement, fausses aux yeux de lMptd& geuce, qui seule a des yeux, elles sont injustes par oela mène qu'elles sont irrationnelles : car, juste et rationnel, sent une seule et même chose.
« — En y regardant de plus près, dit encore M. Vidal, on a reconnaît que ces théories pourraient bien n'être que tt hardies ou prématurées. »
— Ce sont ces mêmes expression» dont nous avoni w M. de Lamartine se servir à propos des utopies.
Tout cela prouve, que M. Vidal est d'avis : que le communisme est possible, qu'il n'est pas absurde.
Le communisme est-il absurde? Les idées communistes conduisent-elles nécessairement i l'anarchie? Est-on cou* pable d'inculquer comme justes, rationnelles, réalisables, des idées essentiellement anarchiques? Voilà des questions doiit nous laissons la solution a M. Vidal.
M. Vidal cite quelques passages de M. Proudhon ea f^Yûor du C4)mmunisme. Personne n'a mieux exposé l'absurdité du communisme que M. Proudhon.
Après cela, M. Vidal cite M. L.oui3 Blanc en (aveur du
B. D'abord, M. Louis Blaoc ii*a tût que proposer. Dans tous les cas, M. Louis Blanc serait conséquent eo plaidant la cause du communisme, son commanditisme en étant le principe.
Le viee de ce chapitre est d'attribuer au communisme le bien qui résulte nécessairement de rentrée du sol à la propriété collective, quand une fois celte entrée est devenue ralioDMlle par Tanéantissement de Tignorance sociale sur la rtelité du droit; et, de dissimuler que le communisme ou l'ibieDca individuelle est absurde par essence. Nous sommes penHiêdé : que ce vice doit toujours être attribué à la seule îgDoninoe et jamais aux mauvaises intentions.
Un autre défaut de ce chapitre est d*étre rempli de décla- ■alioDS et de ne pas dire un mot de la répartition de la riébease au sein du communisme. Il ne s'agit pas de dire : fovfff les parti sont égales ; il faut dire : comment elles peuwemtitre égales. Et il n'y a pas un mot de cela chez M. Vidal.
L*idée du communisme est l'apogée du choléra moral. M. Vidal démontre fort bien : que les prétendus socialismes, émis jusqu'à présent, conduisent droit au communisme. Qu'est-ce que cela prouve? que l'idée du socialisme réel, de b société établie sur l'ordre réel, est encore à naître.
A cet apogée de choléra moral, il y a un pendant : c'est la prétention, pour tous les anti-communistes sans exception, de conserver le paupérisme en présence de l'incompressibilité de l'examen. Qu'est-ce que cela prouve? que Tanarchie D*a point encore maté les vanités ignorantes. Patience ! cela Tiendra.
« — Nous rions, dit M. Vidal, de la simplicité de nos « aieuit; nos descendants riront de nous bien davantage « encore? G^ux qui dans mille ansdMci liront notre Code de « procédure, notre Bulletin des lois, qui comptent les mil- € lions d'arrêts, de jugements, de délits et de crimes causés € par la division de la propriété (li>ez par la propriété indi- « Tiduelle), par les débats d'intérêts, se demanderont avec
« étoDDement, comment une pareille société a pu subsister, « et douteront de notre bon sens. >
— Le bon sens, Monsieur, consiste à vouloir ce qui est possible. Et la société n'a jamais été, même actuellement : que ce qu'elle a pu être; et que ce qu'elle a dû être.
c — Hais, continue H. Vidal, ils s'étonneront bien dac vanlage d'apprendre que l'association, cette chose si « simple, si naturelle (lisez le communisme), si facile à réa- « liser, a été considérée comme une chimère, comme une « folie, par les grands esprits du xix^ siècle, de ce siècle, « où l'on a tant parlé de progrès, et de perfectibilité indé- « finie ! »
— Hélas ! Monsieur. Le progrès et la perfectibilité indéfinie de la société, sont, après le communisme, les plus grandes folies qui puissent être énoncées par l'ignorance sociale. Avant peu d'années, M. Vidal regrettera lui-même de s'être laissé fasciner par de pareils préjugés.
m Tout e^t \rai et tout e»t faux, au (rré de « rcsprit de i»artl; il prouve re qu'il veut ; il « se mu(|ue de tout, et ne s'aperruit jamaii 41 qu*un se mo«|ue de lui. »
De yAixni.
« Cest vrai. Mais, en fait d'onlre moral, il m ne |)«ut y avoir que des êrules, des Mctes, « des partiji : tant que l'ignoranf e sociale rar «f la réalité de Tordre moral u*est point « anéantie. »
Colins, Commeniaire*
<f Le salut de tous est djns l'iiarmonie so- « rialc et l'anéautissement de Tf >prit de |»arti. >
MlftAtKAl-
« Vouloir l'harmonie sorialr et TanéantU- « sèment de l'esprit de parti, quand toute fol N coairiiE nVsl plus posMble, et que la •» SQEXCE ne re*t |K>int encore ; c'ekt vouloir « nu bAtoD n*a}ant qu'un seul bout. »
CoLixs, Commentaire.
« Tout homme de i^arti voit dans un livre, « ce qu'il veut y voir, m
VuLTAltl.
« Oui, quand ilans ce livre, il n'y a rien.
« Et citei-moi un seul livre dans lequel, HO-
« EALESEKT ET ftClEXTmQCUOT, il ^ ait
« quelque chose! »
CoLi!i9, Commentaire.
Le cbapitre iT a pour litre : Les systèmes des nois
fiCOLD COMPARÉS.
Ce chapitre contient une longue discussion surla puissance do capital considérée comme portant intérêt, comme pou- Tant procurer un loyer à son maître.
Toutes les discussions sur l'intérêt se K'duisent à prouver : que l'intéfét d'un liard, placé dit M. Vidal, à cinq pour cent depuis Jésus-Cbrist, avec intérêt composé, aurait produit la w&imr Jtun litêgot d'or massif, nous ne savons plus ctmkien iê fais gros eowme le soleil (1 ).
(I) Voki probablement ee qai adonné lien k la réminisrrnre de M. Vidal : « L« doc t wr Price a ctlcoM quel serait le produit d'an sou mslais 'ptnny)
Tout cela, relalivement à Tordre, ne prouve rien. Relativement à Tordre, voici le fait :
Lorsque le capital domine, lorsque le paupérisme est nécessaire, Tinlérét doit être héréditaire, perpétuel pour assurer la domination du^apital.
Lorsque le travail domine;. lorsque les enfants n'ont plus à craindre le paupérigme ; lorsque le crédit se fait à Thomme et plus au capital; lorsque le capitaliste va solliciter le travailleur de faire valoir son capital, de lui en payer un loyer, comme l'ouvrier va maintenant prier le capitaliste de faire valoir ses bras, de lui en payer un loyer, l'intérêt n'est plus héréditaire, n*esif\\xs petpétuel, il est temporel, il est viager.
Lorsque le créancier meurt, la dette est éteinte.
Lorsque le débiteur meurt, le créancier perd sa rente viagère, si le débiteur n'a rien laissé. S'il a laissé quelque chose, celui qui accepte la succession paie la rente viagère jusqu'à extinction. Les capitalistes calculent leurs chances et le besoin de faire valoir leurs capitaux.
Le gouvernement fait concurrence aux capitalistes, pour maintenir l'intérêt au minimum possible des circonstances.
C'est simple, clair et irréprochable.
Sous la dénomination du capital, la rente viagère est immorale.
Sous la dénomination du travail, la rente perpétuelle est immorale, et par conséquent, illégale.
Après cela, écrivez donc des volumes sur le crédit.
a — Nous en avons dit assez, ajoute M. Vidal, pour ex- « pliquer comment et pourquoi le capital individuel (lise? |a fi propriété individuelle), devient inutile dans le nouveau « monde de l'association positive (lisez dans le compuunisme),
«f placé, k l'époque de la naissance de notre Sauveur, à cinq pour cent d*lnté- « ilH compost^ et il a trouvé qu'en 1754 le placemept ^rait prpdi^it une « somme plus forte que la valeur de trois cent millions de globes pareils au « nôtre tous formés d'or mas&if. »
GoDWiH, êur MiaUhui, lit. t, di. f .
« les hommes intelligents sauront bien comprendre pourquoi
« ce même capital (lisez propriété individuelle), devient ab-
« solument impossible, sans qu'il ^it nécessaire de leur en
« fournir la démonstration. »
— C'est très-eommode d'avancer que Tabsurde pour étra aeeepté comme rationnel, o'a pas besoin de démonstration. Du reste : les personnes qui comprendraient la possibilité du communisme, comprendront également sans démonstration que deux et deux font cinq.
Après un nouvel éloge complet du communisme, nous arrivons cependant à une répartition.
€ ^f- La bonne volonté sa présume, dit II. Vidal, maison c constate le mauvais vouloir ou la lAcbeté. •
— Folie, Monsieur, de présumer la bonne volonté!
n -^ Celui qui a failli à sa tàcbe, continue M. Vidal, ei| f jugé par ses pairs, »
— Voilà le pape anarchique au lieu du pape despote. Heu» reux alors poux qui vivront sous le despotisme I
« — Les pairs, continue-t-il, pourront le renvoyer »
— Et où cela, s'il vous plaît? Il y aura donc des nationalités communistes, et d*uutres propriétaires ? Alors le commuttlsme sera peu dangereux, il sera bientôt avalé par les propriétaires.
« — Pour les organisations vicieuses ou rétives on
■ oréera des compagnies de discipline, un corps de pares-
« seux, auxquels on appliquera la loi du talion. Au lieu de
« les condamner aux travaux forcés, comme nos lois bar-
< bares qui ont fait du travail un châtiment et une flétrissure,
« on les soumettra à l'oisiveté farcie, et s'il est nécessaire
« à l*isolement momentané >
— En vérité, Monsieur, ai votre commoniaoïe ne faisait pitié, il ferait horreur*
« — Mais, continue H. Vidal, comment apprécier les be- « soins ? — Les communistes savent très-bien que les be-
< soins ne peuvent être mesurés, pas même par celui qui les « éprouve. Aussi n'admettent-ils pas la répartition propre- € nient dite, mais la participation. Les besoins ne sont pas
« jugés, mesurés, ils sont satisfaits Toutes choses sont
€ données à discrétion. »
— Ainsi vous donnerez : non-seulement les gâteaux, les ortolans, le Champagne et le tokai à discrétion, mais à chacun des femmes, quand la sienne, s'il y a des siennes, ne suffit pas. Vous ferez imprimer aux frais de tous et à discrétion, toutes les sottises possibles. Vous laisserez peindre à discrétion, tout barbouilleur qui se croira un Apelles; vous
Mais, en vérité^ je suis fou de réfuter de pareilles folies!
Et la sanction de tout cela, s'il vous plaît? La souveraineté de la force brutale, n'est-il pas vrai? Si de pareils rêveries pouvaient se réaliser quelque part, il faudrait y envoyer les plus grands criminels !
< — On verra naître la guerre, dit H. Vidal, toutes les « fois que Ton voudra dresser des catégories, faire des pre-
< miers et des derniers, juger, classer, numéroter les indi- « vidus. »
— Et qui donc vous parle de faire des premiers et des derniers, etc? La répartition des richesses se fait toujours seule; et, selon l'espèce d'organisation sociale.
c — Il ne faut pas, continue M. Vidai, pousser l'amour du
< classement jusqu'à rendre toute société impossible. »
— La recommandation de ne pas rendre toute société impossible est admirable dans la bouche d'un prédicateur communiste !
« — Que le plus habile commande, continue M. Vidal, et « dirige la manœuvre ; mais, que tous vivent sur le pied de € l'égaliié, en hommes, en amis, en frères. »
— Nous voilà revenus au pape saint-simoDien. Mais, quand \es frères et le père se bâtiront comme des chiens, qui donc les mettra d'accord?
On vous a dit qu'au sein du communisme, il n*y a pas de répartition, pas de premier, pas de dernier. C'est une plaisanterie. Écoutez plutôt !
« — S'il s'agit, dit M. Vidal, d'un objet consommable « (rare), dont on ne puisse user sans l'anéantir, il en est fait « hommage par l'assemblée au plus digne, au groupe qui « s'est distingué. »
Et voilà les premiers et les derniers qui reparaissent: Seigneur! ayez pitié d'eux, ils ne savent pas ce qu'ils disent!
< — Mais à quoi bon, tous ces détails^ continue M. Vidal?
< Pour les hommes intelligents, ils sont superflus; pour les « autres nous n'en dirons jamais assez. »
<— Il parait qu'au sein du communisme, c'est comme en paradis, les pauvres d'esprit sont les mieux partagés.
Savez-vous du reste, sur quoi ces belles choses sont basées? sur la maxime de Fénelon : Il faut aimer Dieu pwr lui'-méme. Probablement sans raison ou contre la raison. En écrivant cette sentence mystique, Fénelon oubliait avoir dit ailleurs : raison! raison l n*eS'lupash Dieu que je cherche? Le pape, qui avait alors plus de bon sens que Fé« neion, condamna la maxime : // faut aimer Dieu uniquement pour lui-même, maxime exclusivement bonne à faire des dupes et des Mpons; il laissa passer l'autre, et il fit bien.
M. Vidal termine ce chapitre en disant :
€ — Voilà Tutopie des communistes. •
— Puis il ajoute :
< — Ils révent, direz-vous. — Et s'ils ne rêvaient pas ; site
< étaient doués d'une vue plus perçante que la nôtre ; s*Us « avaient la faculté d'apercevoir nettement ce que nos fliiblea
< yeux ne peuvent distinguer? A mesure que l'on s*élève,
< llioliiMra^iiditet s'étend de toitt€^ « sont ptaeès mtremeai que doib! «
— Alon qui liîltDeslpait'-éCnepaaâbleqae trais ne soit qaCua ; il est peot-étre possitrie qa^mi bAlon pusse n*aT«îr qu'on bout, ainsi que U Sorbonne Ta dédaié; etc., ele.
Si Tordre dépendait de la vérité, et que Ton Tint piédier 1 une multitude ignorante, qu'un bâton peut n'avoir qn'nn seul bout, sur qui devrait retomber le sang que de pareilles prédications pourraient faire verser ?
C'est une question que nous adressons à IL ?idaL
Le diapitre T est intitulé : École dcs égâutaieis.
Quand on examine la série des prétendus socialises, et que Voû étudie leurs systèmes avec le calme de la raison, il but s^étotiDéf d*uDe chose : c'est que leurs utopies n'aient point immédiatement succombé sous le mépris public. Et cependant, tous ont un nombre de partisans leUenent eonsidérable, et tellement indestructible au s^ de la sodëlé actuelle, qu'ils rendent, dit-an^ ai>solument impossible, toute espèce d'ordre plus qu'éphémère au sein de cette même société.
Il y a ici une erreur considérable. Ce ne sont point les prétendus socialistes qui rendent l'ordre impossible au sein de la société actuelle ; c'est l'ordre qui lui-même y est devenu impossible; et c'est précisément celte impossibilité qui fait naître les utopistes.
Voyons d'abord ce qui caractérise la société actuelle, so^ ciélé qui existe depuis l'origine humanitaire, quant à l'ignorance sur la réalilé du droil. Puis, voyons pourquoi l'ordre esl devenu impossible, au srtn de cette même sociélé.
Ce qui caractérise plus particulièrement la sociélé actuelle, c'est, nous le répétons, son ignorance sur la réalité du droit; cl, l'impossibilité actuelle de cacher plus longtemps cette ignorance aux masses. C'est pour masquer celle ignorance, source inévitable d'anarchie, quand elle esl socialement connue, que partout, sans exception aucune, un aufropo-
BOrphisme quelconque a été inventé et basé sur le bourreau, Tun des deux compléments nécessaires de toute révélation. Uautre complément est raliénation du sot, donnant nécessairement naissance au paupérisme; lequel, pendant une certaine époque, permet de donner utie éducation, faisant accepter, comme vérité incontestable, une révélation quelconque.
Mais ensuite, arrive une époque, et c*est ta nôtre, où l'exa- ■len ne peut plus être comprimé. Dés lors Tinjustice du paupérisme, qui ne peut plus être cachée, révolte les masses; et, d'autant plus : que, ceux qui ont assez d'instruction pour reconnaître que Tordfe est devenu impossible ; et, qui cepndant n'en ont point assez pour découvrir la cause du mal et le remède; annoncent de prétendues panacées^ dont ils iMiiennent facilement la bonté aux yeux des ignorants : eo ht iair présentant entourées des prestiges de Téloquence, de la poésie, et en outre de ce qui peut flatter les passions. C'est aiiMit d'ailleurs, que lés choses doivent se passer nécessairommu Si TOUS parliez raisonnablement aux masses, elles ne vous écouteraient pas; et, si vous parliez raisonnablement à ceux qui ne veulent point appartenir aux masses; si vous aM>Dtriez aux propriétaires les dangers qu'ils courent, ainsi que les moyens de les éviter; ils vous écouteraient moins encore que les prolétaires : tant que l'anarchie, causée par les masses, et excitée par les déclamations des demi-savants, n'aura point démontré à ces mêmes propriétaires : que ta réalité des dangers que vous avez voulu leur montrer, les oblige h vous écouter sous peine de mort sociale.
D*un autre coté : quand même les prétendus socialistes auraient trouvé le moyen d*auéantir le paupérisme, l'une des causes de Tanarchie acluelle, qu*cn résulterait-il? L*univcrsaiité des individus so mettrait nécessairement à hauteur de la prétendue instruction de l'époque, laquelle révélerait à tous l'iguorance sociale sur la réalité du droit ; et, l'anarchie serait immédiatement portée à son comble.
La société acluelle se trouve donc : entre une anarchie ré-
eeiretHTMtf «aioteaaat, ommmsI risarcfctie «i acHnelîflBciDii l»MiMbit t laot 91e nipMiraaee SKialf mr U rèÊSàJé i^ 4ml oe se trmnre poist anàiBfie?
Et^ 1^ 00 préteada sodalisie B*a pttiè : M 4e fa CHW "te mal^ Di de Is oéeesfilé do rmëde; ni csptsè h rniâè ém ttuA el au remède. Au liât décria^ ikTossdMMal es aiiH pUfi4^Uoos àémesarèmeoi longues, a» scâ dfiïfriirr i <Bt êUMêi impoMible de découvrir ane raison djire, fwde irwirer de Tordre au ieiu du diaos« Le chaîne de M. Tidai sm lei égalilairea en est uoe eonlinuella prenre.
M — Pour MM. Proudbon et Pecqueur, dil M. TUd, « TégaUlé des salaires est la conséquence naloreile et b « consécration de ce principe : toutes les fondiotts étant • également utiles, sont soctalement égales. Donc tous les tf fonctionnaires étant également indi^iensaUes à la fbiiciioa, <i doivent être traités sur le pied de l'égalité : aux plus ca- K pables les grades et les commandements, à tous le méav « salaire*. »
— Ix* (comment et la sanction occupent peu ces messieurs. M. BraH-d'Or commandera Raphaël; Toriginal, qui prétend que le soleil n'est pas plus grand que le Peloponèse, commandera Newton ; ci, le plus fort des coups de poing sera la moillcïuro dcf raisons.
Admire/ donc les prétendus socialistes! Et, cependant le Bocinlismo réol est actuellement aussi nécessaire à Texistence do Tordre, que l'atmosphère à la vie.
« Nout ferons voir qne let décUmattoot « contre l*lmitUiié des thèoriet, même pour « let «rtii lef plot limplety o'ooi jamais prooTé « que rigDorance des déeUmateurs. Nous « montrerons que ce n'est point à la profon- « deur de ces théories, niais au contraire à « leurs nPiariCTtoiis, qa*il faut attribuer l*i- « ostilJté ou les effets funestes de tant d*ap- « plications malheureuses. »
CoicnonciT, TabUau dêê profréê de t'99prit humain.
m Tfèa-bien! Mais, comment distingue-tH>n, m socialement, et en fait d'ordre focial, une « théorie parfaite d*UDe théorie imparfaite? Et « tant qu'il reste impossible de faire cette « distinetion, à quoi peuvent senrir ces théo- « rieiT » Golihs, ComwMntairt.
Le diapitre Ti est intitulé : RfisuMÉ de là TROimÈMB
FAETIE ET CONCLUSION TBÉOEIQUB.
Rien n*est plus illogique que de séparer la théorie de la pratique. Ce qui est nécessaire, c*est de les subordonner Tune à Tautre : selon Tordre auquel elles appartiennent.
Au sein de Tordre physique, au sein de ce qm est parce qu*il Bit, la théorie ou Texpression de ce qui est, doit être subordonnée à la pratique, k l'expérience de ce qui est.
Au sein de Tordre moral ou intellectuel, ou social, au sein ie ce qui est parce qy*il doit être, ou est censé devoir élre; au sein de ce qui dépend de Thnmroe enfin, è supposer que quelque chose dépende de Thomme : la pratique, ou Texpression de ce qu'on est censé pouvoir établir, Texpé-
miSlfCE ENFIN, DOIT ÊTRE SUBORDONNÉE À LA THÉORIE !
Dans Tordre de nécessité, ce qui est doit dominer. Et Texpérience doit le constater.
Dans Tordre de liberté, c'esi le raisonnement, c'est ce qui doit être, qui doit dominer; et, rexpérience doit lui être subordonnée.
Mais :
Quel est le bon raisonnement?
Tant que cette question peut être socialement posée; qu'elle ne peut éire socialement résolue et sa solution acceptée eo dehors de la force; la société se trouve dans une anarchie, dont elle ne peut sortir que par Tanéantissement de l'ignorance sociale.
Cela dit, et puissions-nous être compris I voyons la conclusion théorique. Voici celle de M. Vidal.
< — Quel est, dirions-nous en posant le problème, le vrai f principe de la répartition? Comment entre tous les € membres de la société distribuer les produits conformë- • ment à la justice et h l'utilité sociale? Quels sont les droits « et les devoirs de chaque individu, considéré comme pro- < ducteur et comme consommateur? »
— Très-bien, Monsieur! seulement, vous auriez dû vous demander si toules ces belles choses ont une seule et même expression pour les trois principales phases de l'humanité :
r Celle d'ipiorance sociale sur la réalité du droit, avec possibilité de comprimer socialement l'examen ;
2* Celle d'ignorance sociale sur la réalité du droit, avec Impossibilité de comprimer socialement l'examen ;
3* Celle de connaissance sociale sur la réalité du droit. .
• — Nous avons, continue M. Vidal, interrogé les écoc nomisles, et ils nous ont rôpondu qu'ils s'occupaient « uniquement de décrin* des fails, que la justice ne les rt^ c gardait pas
• Nous avons établi que les économistes n'avaient pas de c système de répartition, qu'ils ne pouvaient en avoir, qu'ils c étaient forcément muets sur ce point. >
— Il en est de même pour les prétendus sdeialîstes : par
— mi —
rmelleDle raison : que la répariiiion est toujdora néees- .nîre; el qu'elle dépend nécessairement de l'aliénation ou de la Don-aiiénation du sol. Quant à rester muets, c'est une •aire tflûre : le nombre de paroles, dites sur une chose, est toqjours d'autant plus considérable : que celui qui les proOreesl plus ignorant de celte même chose.
• -* Enfin, continue M. Vidal, nous croyons avoir fait
• réellement comprendre que la distribution naturelle des « richesses selon la rente et Tintérét, selon les profits et les « salaires, engendrait nécessairement le paupérisme. >
— IL Vidal s'est trompé de moitié. Cela est vrai quand le sol est aliéné. C'est le contraire qui est la vérité, lorsque le fol peut entrer i la propriété collective. Dans tous les cas possibles, la distribution naturelle des richesses se fait né- MKaireiiient selon la rente et l'intérêt, selon les prolits et les salaires. Mais : rente, intérêt, salaire et profil, dépendent Bèoessairenent aussi de laliénatiou et de la non-aliéuation du sol.
« «. KoQs avons ensuite, continue M. Vidal, consulté les « socialistes, et nous avons obtenu quatre n^ponses diffé-
• rentes. Les uns font découler le droit è la répartition, € e'est-à-dire en définitive, le droit è la consommation : des « œuvres et de la capacité; les autres du capital, du travail € et du talent; d'autres encore, de la bonne volonté mani- « festée et des besoins de t individu; enfin, une dernière « école, pour assurer l'égalité des conditions, réclame im- € périeusement Végalité des salaires. •
€ Entre ces tt^éories difTéreutes le lecteur peut choisir. »
-* Si Ton disait à M. Vidal, voici quaU^ théories : a et a font I ; a et a font 3; a et a font 5; a et a font 7;
Qioisissez!
M. Vidal ferait comme cet enfant auquel on demandait: Qu'aimes-tu le mieux de ton père ou de ta mère? lequel rè-. pondait : J'aime mieux ma tante. Nous allons répondre aox questions posées en tète de ce chapitre par M. Vidal ; et il verra : que la tante vaut mieux que le père et la mère.
La première des utilités sociales, celle qui les subordonne toules, celle qui est non-seulement utilUé mais nicessili, c'est Tordre.
Ln nécessité sociale est toujours la justice sociale.
Si la nécessité sociale exige que la plus grande majorité possible de l'humanité soit exploitée par la plus petite minorité possible, cette exploitation est de justice sociale, celte exploitation est la justice sociale.
En époque d'ignorance sociale sur la réalité du droit, cette ignorance doit être masquée par une hypothèse donnée comme vérité. Et, cette hypothèse, sous peine d'anarchie, doit no pouvoir être examinée par les masses.
Le paupérisme est le seul moyen d'empêcher cet examen.
Le paupérisme, alors, est de justice sociale.
Le moyen, le seul moyen d'établir le paupérisme, est l'alit^iation du sol.
L'aliénation du sol est, alors, de justice sociale.
Et, la répartition selon la rente et rinlcrêt, selon les prolUs et les salaires, se fait nécessairement, et cause nécessairiMUont le paupérisme.
En époque d'ignorance sociale sur la réalité de droit ; et, lorsque Toxamon ne peut plus être comprimé : il y a nécessité iranéanlir lo paupérisme, parce qu'il cause l'anarchie; et, nécessité de lo maintenir, parce que son anéantissement h cause do rir.NORANCE sociale, conduirait aussi à l'anarohio. Alors, la nécossilé sociale, et aussi la justice sociale, c'est : ranéanlissomont do l'ignorance.
Quant ù la rôparlilion des richesses, elle se fait toujours nôcossaiivmoni : selon la rente, rintérét ou le proflt, et le salairi\ Elle donne tout aux uns, ou tout à tous : selon que le sol reste ou no reste pas aliène. Mais, dans les deux cas,
— 4(tô —
il y a, alors, impossibilité d'ordre, et absence de toute posaîbîlitô de joslice sociale : taot que l'ignorance sociale sur Ift réalité du droit, n'est point complélemcnt anéantie.
Eu époque de connaissance sociale sur la réalité du droit : le sol appartient à la propriété collective; la répartition se fait Déoessairement selon la rente, l'intérêt ou le profit, et le salaire; et, elle se fait de manière : à ce que le paupérisme soit nécessairement anéanti; et, que tous soient au maximum de bien-être possible, maximum toujours relatif au développement des richesses.
Il n'y a, dans cette explication, ni amphigouri, ni galinalias.
Quant à Toptiitofi de M. Vidal, elle est en faveur du communisme comme terme et du fourriérisme comme transition. Ici, le moyen transitoire n'est plus le commanditisme.
M. Vidal indique sérieusement des corrections à faire au fourriérisme. M. Vidal aurait un grade fort élevé dans le phalanstère.
Quand on aura suivi ses conseils, dit M. Vidal, les samt Tkawias pourront aller voir et toucher.
< — La société, continue M. Vidal, ne peut se métamor- « pboser tout d'un coup. »
— C'est bien vrai, en fait d'essai de folies. Mais, c'est complètement faux, en fait de théorie réelle, préalablement démontrée d'une manière rationnellement incontestable; en dehors de laquelle il n'y a de possible : que, des essais anardiiqties ou relatifs a la force.
Mais, allez dire cela aux étourneaux : ils vous siffleront.
La société nouvelle, dit M. Vidal, doit commencer par une commune. C'est comme s'il disait : que la vérité morale doit 86 soumettre à l'expérience ; ou que la vérité physique doit se soumettre au raisonnement. Vouloir commencer par une commune, le règne de la raison sur l'humanité; c'est, vouloir commencer par le monde, le règne i*uue force quelconque «ir la socîétë tout entière.
IL ¥idal, a grand soin de ne benrler aucm pr^vgé. CeM k bon moyen de n'être jamais géDéralenent repoinaé; mais aussi de ne jamais approcber de la Térité.
Celle erreur de M. Vidal, qu'il faul procéder par essai, erreur irès-commune d'ailleurs, esl l'une des plus nuisibles à rétablissement de la société nouTclle. Pour arriver à ce bot, il faut commencer par soumettre les intelligences à la vérité incontestablement démontrée : ce qui est préalablement né» cessaire dès que l'examen ne peut plus être sodalemenl comprimé. Le plus difficile, du reste, n'est point de trouver la dé» monstralion, c'est de trouver des intelligences voulant bien l'examiner ; et, c'est la seule anarchie qui peut procurer cette dernière condition. Une fois les intelligences théoriquaient soumises à la vérité, la pratique s'établit de soinosême, comme le jour devant le soleil.
IL Vidal dit : que le saint-^imonisme, le fourriérisme, le ' communisme et Tégalitarisme ou le commanditisme sont rationnellement possibles. Oui : comme deux et deux font einq; ou, comme trois font un, sont rationnellement possibles. M. Vidal D'est pas un saint Thomas.
Voici, du reste, un passage admirable et nous aimons à rîndiquer.
« — Le malheur, dit M. Vidal, a été jusqu'ici le grand « initiateur du genre humain ; tout progrès est né d'une € réaction contre l'excès du mal. »
— Seulement, M. Vidal oublie qu'il n'y a dans l'ordre moral, de progrès que dans le mal. Une fois dans le bien, on ne peut en sortir que pour tomber dans le mal ; car le meilleur est l'ennemi du bien.
« — L'ère des révolutions, hélas! continue M. Vidal, cela € est triste à dire, n'est pas close encore, car le règne de la c science qui doit y mettre fin n'est pas venu. >
— Cela est vrai. Mais, la science esl une par essence; elle est, par essence, antipathique aux opinions; et, protéger les
opiniotts e'atléire ton plus grand eaMiil. M. Vidal protéfe IMM laa opiniona ; a&^ il lea protège proporiionneUement à leur force de répalaion pour la vérité.
« — Ce sera encore Pinexorable n^essilé, continue
< M. Vidal, ce sera l'excès de la misère »
«— Pleuve que^ Jusqu'à présent ^ tout progràs a*est faitdana IomL
< — Ce sera rexcès de la misère, continue M. Vidal, qui « forcera les sociétés à chercher leur salut dans le principe € de Tassociation, dans la réalisation de Tordre et de la « justice. »
— C'eai vrai : maii, vouloir réaliser Tordre par TassociatMNi des sociétés, est une utopie qui peut aller de pair avec ka ooflUDunisme.
« — Ce règne pacifique et glorieux de la science, continue
< M. Vidal, les socialistes Tiovoquent de toute leur âme, en c même temps qu*ils s'efforcent de le préparer par leurs c travaux. >
— Noo, Monaieur, ils ne Tinvoquent pas, ils le repoussent de toutes leurs forces. C'est en vain que vous leur présentez des vérités négatives, ils crachent dessus. Dites-leur : que Tantropomorphisme et le panthéisme ne peuvent plus être base d'ordre; ils crient : Malédiction sur vous ! Ditesleur : que Tordre est devenu incompatible avec l'existence des nationalités; que Tassociation des nationalités est une sottise : ils crient: Malédiction sur vous I Dites toutes les sottises possibles ; et, vous serez leur ami. Mais, énoncez une incontestable venté, ils vous auront en horreur ; et s'entendront, pour que vous soyez asphyxié entre deux portes.
Après cela vient uneampliflcalion sur Tbumanité, voyageur étemel, qui jusqu'ici a voyagé sans boussole. Elle est jolie, Tétemilé du voyageur, qui se traîne encore à quatre pattes, n'ayant pas même une existence de cent journées d'un siècle!
Puis, la boussole ! Serait-ce par hasard Passodatioii des iia- UoDs et le communisme? Pour que le voyageur puisse se servir de boussole, il faut d'abord qu'il en ressente le besoin; et, la première condition à cet égard, c'est l'aveu de son ignorance.
Vient ensuite une nouvelle élégie sur le bon Dieu. Les commandements du bon Dieu de H. Vidal sont en accord parfait avec les impulsions de notre nature. Alors, je préviens M. Vidal que son bon Dieu n'est autre que le diable: car les impulsions de notre nature sont les impulsions des passions; et, rien n'est plus opposé aux commandements du Dieu réel, selon Fénelon : lequel Dieu est la raison.
M. Vidal veut encore qu'il n'y ait pas antagonisme entre l'esprit et la chair. C'est la doctrine de son bon Dieu. Cependant, l'esprit c'est la raison, et la chair c'est les passions. M. Vidal aime beaucoup l'harmonie entre son bon Dieu et Satan. Je le préviens encore : qu'avec cette harmonie, la liberté s'en va à tous les diables ; car la liberté ne peut consister que dans le choix entre deux tendances opposées. H est vrai cependant que le communisme n'est possible qu'au sein de raulomatisme. El, c'est probablement pour nous douer de la sainte communauté, que M. Vidal veut nous rendre automates.
« — Aujourd'hui, continue M. Vidal, l'humanité a con- « science de sa véritable destinée, elle possède compas et « boussole pour s'orienter, elle a la science pour se guider € et s'éclairer »
— En vérité, M. Vidal se moque de nous et de liûnnéme.