‹ Qu'est-ce que le tiers état?Chapitre 21 sur 28 · NOTABLES · texte numérisé non relu

NOTABLES

Les notables ont trompé l'espoir de l'un et de l'autre ministre. Rien n'est plus juste, à leur égard, 'que l 'exce llent coup de pinceau

de M. C i. « Le roi les a rassemblés deux fois autour de lui

pour les consulter sur les intérêts du trône et de la nation. Qu'ont fait les notables en 1787 ? Ils ont défendu leurs privilèges contre le trône. Qu'ont fait les notables en 1788? Ils ont défendu leurs privi-

lèges contre la nation (i). » C'est qu'au lieu de consulter des notahlQ5 Q.tLpriinlè£es, il aurait fallu consulter des notables e n lumières. Les plus petits particuliers ne s'y trompent pas, lorsqu'ils ont à demander conseil dans leurs affaires, ou dans celles des gens qui les intéressent véritablement.

M. Necker s'est abusé. Mais pouvait-il imagin er que ces mêmes hommes, qui avaient voté pour admettre le^tiers en jiombre égai dans les assemblées provinciales, rejetteraient cette égalité pour les États généraux? Quoi qu'il en soit, le public ne s'y est point trompé. On l'a toujours entendu désapprouver une mesure dont il prévoyait l'événement, et à laquelle, dans la meilleure su£position, il attribuait des lenteurs préj udiciables à la nation. Il semble que ce serait ici le lieu de développer quelques-uns de s motifs qui ont inspiré la majorité des derniers notables. Mais n 'antic ipons pas sur le jugement de l'histoire ; elle ne parlera que trop tôt pour des hommes qui, placé s dans la plus belle des cirgonstagces et pouvant dicter à une grande nation ce qui est juste, beau et bon, ont mieux aimé prostituer cette superbe nrrgj^jnn à un misérable intérêt de corps.

Les tentatives du ministère, comme l'on voit, n'ont "pas produit d'heureux fruits en faveur du tiers.

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