IT. PELVIVICIATIONS CONSÉGUTIVES AU RETENTISSEMENT SUR LE BASSIN
1°) De lésions de la colonne vertébrale ; 2°) De lésions des membres inférieurs.
1°) Les déviations du rachis, se produisent, d'après Commandeur, suivant 3 modes . &) par exagération d’une courbure normale.
b) par diminution ou redressement d’une de ces-courbure.
€) par inversion complète du sens de la courbure.
Elles peuvent se constituer dans le plan antéro-postérieur ou dans le plan transversal.
Dans le plan antéro-postérieur, on distingue deux variétés : la production ou l’exagération d'une convexité antérieure : la lordose, le développement d’une convexité postérieure : la cyphose. Dans le plan latéral ne se produit qu'une seule modalité : la scoliose.
Ces trois genres de déviations rachidiennes se traduisent secondairement par des déformations du tronc et de ses courbures, généralement fort apparentes et dont le retentissement sur le bassin est en raison directe non point de leur gravité mais de leur situation topographique dans le voisinage du pelvis.
Lorsqu'une courbure anormale se forme sur la colonne vertébrale, il se produit dans les régions immédiatement voisines des courbures dites « de compensation » dirigées en sens inverse de la première, nécessaires au rétablissement de l'équilibre et de la statique normale, et
d'autant plus accentuées que le rayon de la courbure primitive est plus court.
Les déviations cervicales sont rapidement compensées aux dépens de la région dorsale. Celles de da colonne dorsale, par les colonnes cervicales et lombaires, immédiatement adjacentes ; mais on comprend que si la limite de déformation possible de ces dernières est atteinte sans que la compensation de la courbure primitive soil complète, le sacrum lui-même est obligé d'y participer.
Dans les courbures siégeant sur la région Jombaire, la compensation s'établit aux dépens des régions dorsale et sacrée, voisines ; par conséquent les courbures anormales de la colonne vertébrale ont sur le bassin un retentissement d'autant plus marqué qu’elles siègent plus bas, Dans ces derniers cas, l’altération du bassin se traduit par des anomalies dans la conformation du quadrilatère obstétrical, d'autant plus importantes que le sacrum prend une part plus considérable à la formation de la courbure de compensation.
Ces anomalies intéressent principalement les dimensions respectives des hauteurs de ses divers triangles constitutifs (1/2 diagonales).
2°) Au point de vue de leur influence sur la conformation du bassin, les lésions des membres inférieurs peuvent être divisées suivant Commandeur en deux groupes distincts d'après leurs rapports de contiguité avec le pelvis.
1°) Celles qui sont situées au-dessous de l'articulation coxo-fémorale et n'agissent sur le bassin que par l’action mécanique de la claudication. À | 2°) Gelles qui siègent au niveau ou au-dessus de l'articulation coxo-fémorale. Le bassin est généralement, dans ces cas, englobé dans le processus morbide et son altéra-
tion directe s'ajoute à l’action de la claudication. Ce second groupe comprend les facteurs de pelviviciations de beaucoup les plus fréquents et les plus importants : coxalgie, sacro-coxalgie, arthrites de la hanche, luxations coxofémorales, etc.
L'influence néfaste de ces différents processus pathologiques varie d’ailleurs suivant la date de leur apparition par rapport au développement complet du squelette et suivant da continuité de leur action, surajoutée ou non à l'influence de la pesanteur, influence éminement variable chez les sujets longtemps immobilisés au lit ou ayant continué l'usage de leur membres inférieurs.
Déformations rachidiennes et lésions des membres inférieurs, combinées ou isolées, ont pour résultat commun des altérations de la forme et de l’inclinaison normales du bassin, asymétrie et versions pelviennes diverses, entraînant des modifications correspondantes du quadrilatère obstétrical, et surtout, une inégalité plus ou moins marquée de l'aire des deux triangles latéraux.
L'analyse des déformations subies par celui-ci dans son ensemble, ou par certains de ses éléments constitutifs donne alors les renseignements les plus utiles sur la forme et le degré de la pelviviciation. C’est en effet dans les cas de bassins asymétriques ou anormalement inelinés que les déformations du quadrilatère obstétrical atteignent peut-être leur plus grande amplitude (inégalité et asymétrie des triangles latéraux obliquité des diagonale, etc.).
Cette asymétrie est toujours provoquée par l'atrophie d’une des deux moitiés du bassin, celle par laquelle passe le centre de gravité du tronc en inclinaison vicieuse.
Les renseignements fournis par leur étude acquièrent toute leur valeur diagnostique si on les compare aux
BR Tour
différents symptômes obtenus par l'inspection du corps de la gravide (déformations de l'ancre fessière, exagération ou diminution de l’ensellure lombaire, altérations de courbure des plans latéraux du tronc, atrophies musculaires, etc.) et aux signes qui découlent des autres méthodes d'examen : pelvimétrie interne et externe, en particulier. |