I. Losance pe MICHAËLIS ET QUADRILATÈRE OBSTÉTRICAL
« Si l’on regarde le dos d’une femme bien constituée,
« on remarque, au niveau du sacrum, deux petites fos- « settes situées de chaque côté de la ligne médiane et à « environ cinq centimètres de celle-ci. Elles forment « Jes deux angles latéraux d’un quadrilatère dont l’angle « inférieur est situé au point où les deux fesses se réunis- « sent, et qui, en haut est limité par une fossette située « au-dessous de l’apophyse épineuse de la 5° vertèbre « lombaire : c’est le losange de Michaëlis » (Monier) (1). Par ailleurs, dans la dernière édition de son traité d'obstétrique, Schrœder avait écrit en 1886 : « L’extré- « mité postérieure du diamètre de Baudelocque est mar- « quée par une fossette siégeant au-dessous de l’apophyke « épineuse de la 5° vertèbre lombaire... De plus, à côté « du méplat du sacrum, on voit, de part et d'autre, deux « fossettes au niveau desquelles la peau est plus adhé- « rente qu'ailleurs aux os sous-jacents (épines iliaques « postéro-supérieures). Si on réunit ces fossettes par une « ligne, l'extrémité postérieure du diamètre de Baude- « locque se trouve, sur un bassin normal, à environ trois
(4) Monier, Du Losange de Mivhaëlis, Th. Lyon, 1901.
« ou quatre centimètres au-dessus du milieu de cette « ligne. En réunissant la fossette de la 5° lombaire avec «les deux épines iliaques postérieures et supérieures « d'une part, et d'autre part, en bas avec le point d'union « des deux muscles fessiers, on obtient un quadrilatère, « qui, dans un bassin bien conformé, se rapproche sen- « siblement de la forme d’un losange (losange de Mi- « chaëlis). »
Or, comme Monier l’a fait avec juste raison remarquer dans sa thèse, et comme nous-mêmes avons pu l’obser
ver, après notre Maitre M. le P' Rouvier dans sa statis-
tique basée sur plus de cinq mille observations, les cas sont infiniment rares où la figure décrite par Michaëlis affecte véritablement la forme d’un losange (quadrilatère dont les quatre côtés sont égaux et les diagonales, quoique de dimensions inégales, perpendiculaires entre elles). En ce qui nous concerne, nous n’en pourrions citer que de rares exemples personnels.
D'autre part, Michaëlis et ceux qui ont adopté sa doctrine ont attribué aux fossettes de son « losange » des rapports anatomiques inexacts : a) pour la fossette supérieure ; b) pour les deux fossettes latérales.
a) Gharpy a montré que pour diverses raisons anatomiques, le point désigné comme siège de l’angle supérieur est rarement net. D'autre part, comme le fait remar-
quer Schrœder, l’apophyse épineuse de la 5° vertèbre
lombaire n'est pas toujours bien visible ou perceptible à la palpation. De sa grosseur dépend une plus ou moins
grande facilité à trouver le point de repère supérieur.
Aussi en pareilles circonstances Stratz et après lui plusieurs auteurs, Waldeyer et Mœrkel entre autres, s’en tirant par approximations, ont-ils assigné aux diagonales
du losange de Michaëlis des dimensions fort variables.
Ces écarts sont dus à ce qu ds avaient confondu la 5° lom baire avec la 4° ou même (la 3°. Tarnier et Budin ont même, de parti-pris, conseïllé cette confusion : « Si on « ne sent pas nettement l’apophyse de la 5° lombaire, on « choïsit comme point de repère, pour tracer le triangle « supérieur, le sommet de l’apophyse ee de la /° « ou de la 3°.
Monier, s ee vraisemblablement des mêmes auteurs propose la même technique pour fixer l’angle supérieur du quadrilatère.
Il est aisé de concevoir quelles difficultés entraîné une méthode aussi imprécise et quelles erreurs peuvent entacher ultérieurement les mensurations du quadrilatère ! Pour éviter cés inconvénients, Charpy a reporté systématiquement le sommet de l'angle supérieur du losange de Michaëlis à l'extrémité de l’apophyse épineuse de la 4° vertèbre lombaire.
Mais, ainsi que l’a montré M. le P° Rouvier, ce point supérieur ne peut être immuablement fixé à cette partie de la 4° lombaire, qui est d’ailleurs pas nécessairement plus apparente que la 5° : « Les variations anatomiques « et pathologiques de la colonne vertébrale. la hauteur « différente des bassins droits et des bassins €vasés, obli- « gent chez certaines femmes à remplacer par un point « fictif l’apophyse épineuse d’une vertèbre déterminée. « comme localisation de l’angle supérieur du quadrila- « tère. »
Notre Maître, après une longue expérience a déterminé ce point, toujours le même, à l'intersection d’une ligne horizontale tangente au point le plus élevé des crêtes iliaques. avec une ligne prolongeant très exactement. vers le haut le sillon interfessier : « Dans les bassins normaux
« ou peu déformés, ce point correspond en général à