‹ Quand Barras était roiChapitre 13 sur 74 · Arnault, Soiiveni7*s d'un sexagénaire, t. II, op. cit · texte numérisé non relu

Arnault, Soiiveni7*s d'un sexagénaire, t. II, op. cit

LA JOLIE m"* lange 33

priété qui s'accommode k toutes mes convenances, mais que je ne connais pas seulement par ses qualités extérieures. » Étant donné qu'en 1794 Arnault n'avait que vingt-huit ans, qu'il était poète, auteur dramatique joué avec succès, personne ne se fût choqué alors de le voir s'intéresser particulièrement à la plus jolie actrice de la Comédie- Française et puis, lorsqu'un beau jardin \ous tente, on n'est pas forcé de l'acquérir, il y a aussi la location !

Pour terminer son esquisse, l'écrivain dit : « Je ne sache pas qu'il existe un portrait ressemblant de M"* Lange. » Regrettons-le, car celui que possède le Théâtre-Français est charmant*. Son seul défaut est de ne pas représenter sûrement notre héroïne. Dans son livre les Collections de la Comédie-Française 2, G. Monval le signale ainsi : iM"® Lange en \ Arianne, Peinture toile 0,90 x 0,72 par Col-

\ son (1797). Or le portrait exposé par Colson parut

au Salon de 1793 sous la mention : Portrait de Af"' Lange dans le rôle qui lui fut confié dans la i pièce de « file déserte ». Le tableau de la Comédie-

Française fut acheté en 1845 par M"** Fitz-James à

l.La reproduction que nous en donnons a déjà paru dans l'ouvrage de M. Henri d'Alméras, la Vie parisienne sous la Révolution et le Directoire, P. 1909.

2. Ce livre contient une autre erreur. A l'index alphabétique le nom de M"* Lange est suivi des chiffres 126 et 227. Ce dernier doit être supprimé.

34 OUàND bAftRAS ÉTAÎt hOl

U vente de M. de Cypierre, un riche coUeotionneuJf, et celle-ci Toffrit au théâtre. Le comité tout entier se rendit ohez elle pour la remercier^ tandis que le public émettait de» doutes sur Tauthenticité de l'œuvre. A la date du 2 juin 1845, le feuilletoniste de la Quotidienne écrivait : «... On croit que c'est le portrait de M"* Lange, ce que rien ne prouve au dire de ceux qui ont connu cette charmante actrice... On a attribué ce portrait à Coypel (ce qui est impossible, Coypel étant mort vingt ans avant), nous le croyons plutôt de Vien ou de Greuxe ou de quelque élève de Técole de ces deux maîtres... Elle est représentée en demi-dryade, couronnée de feuilles de chêne et v^tue à peine d'une peau de tigre jetée sur ses épaules nues, elle semble adresser un dernier adieu à un vaisseau qui s'éloigne ; on lit sur le rocher auquel elle s'appuie ces mots énigmatiques : Du traître /f..., Constance abandonnée finit ici sa vie. On a cru voir dans cette peinture M^^"* Lange dans le rôle d'Ariane qu'elle n'a jamais joué; elle ne s'appelait pas Constance et jamais elle n'eut envie de mourir sur un rocher. » Parfaites observations. Toutefois la lettre H... peut se rapporter à Hope et le costume porté par

Page 1