‹ Quand Barras était roiChapitre 36 sur 74 · Biographie des hommes vivants, P. 1816-1817, t. II · texte numérisé non relu

Biographie des hommes vivants, P. 1816-1817, t. II

LA JOLIE m"' lange lOi

lui confiait sa camarade dans sa tras'édie» dômestique, et lorsque Simons père, la colère*.aic *4pI)iï<:, - -^^ s'introduisit dans le salon de son fils, Ai 'trôiîya':^^: <.^ ^ seulement deux ravissants minois qui raccueillirent avec des réserves de sourires. Aux yeux tendres et doux, son irritation fondit vite ; la conversation devint galante, spirituelle, le marivaudage ^fleurit; le soir même un souper divinement commandé réunissait les deux Simons avec les deux actrices et quelques Jours après Jean Simons demandait la main de Julie Candeille. En voulant éteindre le feu, il était tombé dedans.

Jamais M"" Lange n'avait espéré un tel classique dénouement à la scène montée par elle. A force de contracter des mariages sur les planches, les actrices finissent par considérer ce sacrement comme un menu incident de la vie ; une fois de plus les deux amoureuses du Théâtre-Français jouaient ce rôle de leur répertoire, mais cette fois avec le souci de montrer au public qu'elles se tenaient aussi brillamment devant Tofficier de l'état civil que devant le souffleur.

Le H février 1798, Jean Simons épousait M"' Candeille sous l'œil amusé de sa bru et les regards un peu narquois de la foule. Le fiancé avait dépassé la soixantaine, il n'était ni beau, ni spiri-

tuel^ ni distingué, par contre il possédait une grosse /orttinë;^ià fiancée était jeune, jolie, intelligente et .\ : •;: f^':"fillÔ3 Uu^on: semblait donc parfaitement rationnelle^ Quand les couples traversèrent les rangs des curieux, on se bouscula pour voir ces créatures adulées et surtout habiles qui réussissaient à courber sous leurs lois deux opulents selliers afin de mener la vie à grandes guides et, lorsqu'on les aperçut, chacun dût s'avouer que « jamais plus belle-mère n'avait eu plus belle-fille* ».

Différemment des aventuriers qu'une malsaine curiosité ramène toujours sur le terrain de leurs exploits, M'^'' Lange, femme Simons, ne voulut pas conserver l'hôtel de la rue Saint-Georges après son mariage. Les coussins aussi bien que les murs ont des oreilles ! Elle alla s'installer avec son mari au numéro 217 de la rue de la Place-Vendôme et, le 27 mars 1798, vendait son immeuble au citoyen Louis Mitouart, négociant, qui le payait SO.OOOfrancs dont 30.000 francs représentaient le mobilier et 50.000 francs la maison 2. C'était peu pour ce

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