Lorgnette des spectacles
2. Etude de M- Saucier, notaire à Paris. — Cet hôtel de la rue Saint-Georges, n° 14, passa successivement entre les mains de M"* Scellier la même année, de M"* d'Eu en 1818, qui le laissa aux frères Buffault, de la famille Famin, enfin de la Compagnie le Phénix, qui le possède aujourd'hui.
LA JOLIE m"* lange 103
temple acquis parTamour, meublé par les grâces, fréquenté par tous les hommes célèbres de Tépoque. Le prix ne se présentait pas en rapport avec les travaux extérieurs exécutés précédemment et le goût qui présidait à Tameublement, mais, si la valeur n'avait pas été en s'améliorant, on ne pouvait en dire autant de récriture de la vendeuse. Que de progrès depuis 1794 ! Le notaire qui la connaissait bien dut sentir tressaillir ses lunettes d'étonnement lorsque, parfumée et souriante, M"* Simons se pencha sur son épaule, prit la plume et signa d'une main sûre, ferme, au bas de Tacte : Elise Lange^Simons.
Cette vente avait-elle pour cause chez la femme une liquidation totale du passé galant ou chez le mari un simple déplacement- de pécule à propos d'affaires ? Je l'ignore, quoique jugeant les deux raisons y contribuantes. Lange réalisait sa dot en espèces qu'elle versait entre les mains de son époux avec l'espoir de la voir fructifier dans un trafic réhabilitant. Est-ce bien l'adjectif qui convient aux travaux entrepris alors par Simons? Il commanditait une maison de jeux.
Ces sortes de repaires étaient, au dire des mouchards, de vrais ateliers de contre-révolution, antres de débauche fréquentés par les ci-devant
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nobles mêlés à quelques rares patriotes. On les jugeait utiles comme trébuchets où devaient se prendre les fripons et les aristocrates, mais le gouvernement, qui avait besoin d'argent et retirait de là d'énormes profits, autorisait précisément lesdits fripons et aristocrates à régir, affermer ou tenir ces claquedents à la barbe de la police impuissante. Parmi les maisons indépendantes de la régie s'en trouvait une située au numéro 58 de la rue Honoré. Elle était dirigée par la veuve Raynal, digne matrone apte à plusieurs métiers, laquelle prenait en pension des membres des Ginq*Gents, donnait à jouer au premier étage, favorisait au second des réunions politiques chez un ancien trésorier du comte d'Artois nommé Sainte-Foix et, par sollicitude patriotique, fournissait des filles aux députés locataires ^ Tel était l'établissement dont Simons faisait les fonds ; commerce aimable, négoce délicat, transaction morale et noble, bien capable d'occuper les instants ravis par un nouveau marié aux tendresses conjugales ou aux joies de la famille. 11 est permis de croire que le jeune ménage venait, durant les beaux dimanches, surveiller un peu la gestion de son capital et donner