Gazette nationale de France^ 17 décembre
spectacles, du boulevard jusque dans le palais des rois, mais on n'imagine pas la raison qui a pu leur faire choisir cette pièce de préférence, à moins que ça ne soit comme 'mémento, pièce de souvenir et d'humilité, ce qui serait fort édifiant, mais ce qui ne serait pas vraisemblable ^ » La cause devait être plus simple*. Cette comédie représentait des pitres, les maîtres du jour venaient la voir parce qu'on a toujours tendance à regarder un miroir qui vous renvoie votre image.
On ne parlait plus que de M"* Angot, on ne voyait plus que M"' Angot, on ne riait plus qu'à M"** Angot, la truculente poissarde mît tout Paris en branle et rapporta plus de 500.000 francs à son barnum. Une dame de commerce aussi agréable ne pouvait tarder à avoir des rejetons. Ils furent légion. Maillot, l'heureux auteur, s'empressa de donner un complément à sa pièce. En 1797, il fit paraître coup sur coup le Mariage de Nanon ou la Suite de M^"" Angot que joua le Théâtre d'Emulation, et un journal, les Soupers de Af "• Angot ou le Contradicteur^ dont le premier numéro sortit le 22 juin. L'introduction disait : « M°' Angot est une femme de grand mérite. On n'en saurait douter