‹ Quand et comment doit-on prescrire la digitaleChapitre 11 sur 18 · I. — ^Digitale dans l'endocardite et la péricardite aiguës · texte numérisé non relu

I. — ^Digitale dans l'endocardite et la péricardite aiguës

a). Au sujet de l’opportunité du traitement digitali-

(i) Cette méthode thérapeutique consiste dans l’emploi alternatif de la faradisation et delà galvanisation. Les courants faradiques sont employés pendant dix minutes: pôle derrière li cou et pôle négatif à la région carotidienne de chaque , côté du cou, et pendant cinq minutes sur la tumeur thyroïdienne. Puis les courants galvaniques sont appliqués avec le pôle positif sur la région précordiale, et lepôle négatif dcirièrc le cou. (Voir pour les divers traitements du goitre exophthalmique, les articles de mon savant ami, M. Liégeois (Revue gén. de clin, et thérap., nos 3o, 3i, 3g, 41 et 42, 1887).

que dans ces affections aiguës, les avis des auteurs sont partagés. Les uns craignent « l’action dépressive » du médicament, d’autres son action excitante. Les uns prescrivent des doses faibles, les autres des doses fortes ; et c’est ainsi que certains cliniciens osent recommander l’emploi de la teinture de digitale à la dose de i gr. répétée deux ou trois fois par jour. Or, un gramme, de teinture correspondant à 53 gouttes, cette dose de 2 à 3 gr. de teinture de digitale que l’on prescrirait dans l’endocardite aiguë, correspondrait donc à 106 et même 1 5g gouttes ! C’est excessif et dangereux. Pour combattre la fièvre et les phénomènes d’éréthisme cardiaque de certaines endocardites, il est préférable d’associer l’aconit à la digitale, d’après cette formule ;

Teinture de digitale 6 gram.

Teinture de racine d’aconit 4 —

Prendre dix gouttes trois à quatre fois par jour.

b). Mais, dans beaucoup d’endocardites et de péricardites, une autre indication surgit encore et s’appuie sur l’état du muscle cardiaque.

Sous l’influence de l’inflammation des séreuses, le muscle sous-jacent peut être atteint; et, soit que l’on adopte une myocardite concomitante (Hamernyck), une infiltration œdémateuse du muscle (Rokitansky, Niemeyer), ou encore son relâchement paralytique d’après la loi si connue de Stokes, on observe des modifications profondes dans l’état contractile du cœur, qui se traduisent par l’ataxie (spasme de myocarde), ou par la parésie (relâchement et dilatation du cœur)- Donc, il faut tenir le plus grand compte, dans les endocardites aiguës, des complications qui surviennent

souvent du côté du myocarde et qui, seules, peuvent aboutir à l’arythmie, aux intermittences, à la dyspnée, aux accidents de cyanose et d’asphyxie, accidents à rapprocher de ceux que M. Jaccoud attribue à la « forme paralytique » de la péricardite. Dans ces cas, la même indication thérapeutique s’impose : il faut tonifier le muscle cardiaque et combattre l’imminence de sa dilatation aiguë. On remplira cette double indication par l’emploi de la digitale sous forme de teinture à la dose de 20 à 40 gouttes par jour, ou sous forme d’infusion, à la dose de o, 10 à 0,20 centigr., administrés pendant cinq à six jours. On ajoutera le régime lacté à cette médication, et contre la dilatation aiguë du cœur, on pourra lui associer les préparations de strychnine ou de noix vomique.

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