LA QUESTION D'ALSACE-LORRÂLXE EN
Décembre 1897.
J'ai reçu, comme tout le monde, un subtil questionnaire relativement à nos provinces perdues; mais à la diflerence de cent trente-sept confrères et concitoyens, j'ai cru bon de n'y rien répondre.
S'est-il fait un apaisement depuis le traité de Francfort? Pense-t-on à l'Alsace et à la Lorraine moins qu'autrefois? La guerre de 1870 est-elle en voie de devenir un simple « souvenir historique »? Enfin, comment un nouveau conflit avec l'Allemagne serait-il accueilli en France? Quatre points assez délicats! Or, à ce quadruple sujet, l'enquêteur questionnait ses correspondanls: 1° sur leur opinion personnelle; 2" sur ce qu'ils savaient des sentiments de la jeunesse; 5° sur le sentiment moyen du pays. Tout cela est bien captieux et, comme on parle dans les hautes sphères politiques, terriblement tendancieux! Jamais le tentateur n'a vêtu des formes plus souples. Toute prudence conseillait de s'y dérober. La plupart de ceux qui ont prêté l'oreille au Malin ont dû écrire quelques lignes que déjà ils regrettent.
22 QUAND LES FRANÇAIS NE S'AIMAIENTj^PAS.
Un autre motif a déterminé plus d'un au silence. De ces quatre questions flexibles en trois sens divers, aucune ne constituait la vraie question, la question précise et vivante. Car enfin, dans un tel débat national, que vaut mon opinion, en tant quémanation de ma seule personne? Elle égale, en termes exacts, un trente-huit millionième de l'opinion de la France. C'est peu, si Ion compte les votes. Si on les pèse, mon suffrage vaut ce que valent mes raisons. Elles seules importent, et je n'y suis pour rien.
Ouant à ce que Ton nomme le sentiment de la jeunesse et l'opinion moyenne du public, non seulement ces mots désignent les plus vagues, les plus fuyantes, les plus mal définies des modes, mais les lendances de ces modes se modifient au jour le jour. Un nouveau livre, un nouveau fait les changent à un tel degré, qu'on peut dire qu'elles n'ont de fixe et de durable que leur mobilité. Sur l'état d'une mer que le premier vent changera, on me demande de rédiger gravement une consultation historique et philosophique!
En vérité, l'intéressant, le capital, ici, ce n'est pas ce qui est pensé par vous, ou par moi, ou par nos voisins différents, mais bien plutôt ce qu'il convient que tout le monde pense, en d'autres termes ce qui doit être pensé. C'est de cela, c'est de ces raisons d'intérêt public que dépend la saine opinion, et non pas l'intérêt public de cette opinion incertaine. Sur l'Alsace-Lormiiie, il n'y a pas d'autre cjuestion à creuser ni à débattre que celles-ci : — Où est l'intérêt national? Faut-il nous souvenir de nos désastres et les venger? Faut-il plutôt les oublier? Devons-
AMITIES GERMANIOUES. 23
nous être nationalistes ou cosmopolites? Notre avenir est-il en Europe ou aux colonies?...
Écrivain, c"esl-à-dire enrôlé volontaire au service de la conscience publique et m'adonnant à réfléchir pour le compte de tous, je comprends de telles questions; celles que vous posez n'ont aucun sens réel par rapport à moi. En quoi vos humeurs pourrontelles guider mes idées? Commenl ce fait me renseignera-t-il sur un droit?
J'accepte pour maîtresse et délerminatrice la puissance d'une vérité évidente; mais la cohue et même le concert de vos opinions, leurs moyennes, leurs totaux et leurs différences m'intéressent à peine et ne me conduisent à rien. Je n'y trouve qu'une masse inorganisée et amorphe de noms, de sentiments, de passions, de goûts et même d'idées, destinée non point à éclairer le public, mais à peser sur lui par un genre d'oppression presque mécanique.
Il faut bien reconnaître là une déviation récente, mais absurde, du principe d'autorité. Comme ce César qui éclairait les délibérations de sa curie en y faisant entrer plusieurs douzaines de montagnards de sa clientèle; comme ces docteurs de Sorbonne dont nous parle Pascal et qui faisaient venir des moines quand ils n'avaient plus de raisons : ainsi le journalisme tend désormais à remplacer une discussion réfléchie par des enquêtes tumultueuses, des mises aux voies arbitraires, des plébiscites limités, des sénatus-consulles indéfinis.... Orgon est partisan de rinternationale des peuples ; Luc assure qu'il marchera sous le drapeau de la patrie; Gélaste distingue entre la tradition française, qui lui est en
horreur, et nos armes, qu'il souhaite victorieuses. Mais, grands dieux! Que nous font en cette affaire et Orgon et Luc et Gélaste? Le premier est poète, le deuxième histrion, le troisième compose d'assez langouFeuse musique : aucun n'étant plus qualifié que le premier citoyen venu pour sentir de la sorte ou pour sentir quoi que ce soit sur ce sujet, son sentiment vaut ce que valent les idées qui le mettent debout. Or, ces idées nous sont connues par d'autres interprètes que Gélaste, Luc et Orgon. Et voici des années qu'elles sont invoqués, débattues et approfondies. Peut-être aurait-on chance de les bien accorder si l'on s'occupait d'elles avec quelque séi-ieux, puisque toutes procèdent d'un petit nombre de principes dont les hommes tombent d'accord.
Au contraire, n'ouliliez pas que Luc a mal chanté dans l'opérelte de Gélaste, et que tous les deux, l'artiste et le musicien, ont refusé leur ministère au poème d'Orgon! Ces héros se détestent; il faut donc que Luc pense autrement que Gélaste et que l'un cl l'autre se distinguent aussi d'Orgon.
Voilà bien la misère de pareilles consultations ! Ce nesl pas que je nie l'intérêt de l'enquête menée de ce côlé. Quelques esprits d'éhte y ont donné de dignes réponses. Un sentiment nouveau, une idée claire et forte de la patrie se font jour dans la lettre de M. Hugues Rebell et aussi dans celle de M. Saint- Georges de Bouhélier. M. Charles Andler nous apprend dans la sienne qu'un mouvement fenianiste, analogue à celui d'Irlande, pourrait se produire d'ici quelques années en Alsace-Lorraine, et A'rairaent Ton ne sait s'il faut l'espérer ou le craindre.... Par
la prière de ne point divulguer le billet qui contient la vive expression de son trouble patriotique, l'éminent théoricien des sociétés, M. Gabriel Tarde, nous instruit à jeter le moins d'alarme possible dans l'esprit national ; mais, en s'obstinant à insérer ce même billet, l'enquêteur manifeste son indifférence profonde à l'ordre public. Enfin, l'ensemble des réponses peut donner une inquiétude du reste fort salutaire, mais aussi éveiller une juste espérance : en effet, l'on y vérifie, en premier lieu, que les lettrés qui comptent aujourd'hui de vingt-cinq à trente-cinq ans ont reçu une bien mauvaise éducation politique, étant presque tous devenus de purs anarchistes, et, en second lieu, que deux générations demeurent fermes dans l'idée de la patrie : les hommes murs qui ont assisté à la guerre et les derniers venus, ceux de vingt ans, en réaction violente contre les vues de leurs aînés immédiats....
Ceux qui dégoûtent le peuple de celle terre qui le devait nourrir si aijondamment sont punis de mort, comme séditieux et ennemis de la patrie.
BossuET. Polit., I, II, ni.
LANNEXION INTELLECTUELLE EN 1895.
Juillet 1895.
Très peu de jours avant rentrée de nos vaisseaux dans le canal de Kiel, un libraire français mettait en vente un petit livre singulièrement instructif. Non pas qu'il fût très riche de raison ni de sens. Mais il eût donné un excellent commentaire du départ du Dupiiy-de-Ldine, du Hoche et du Surcoiif. 11 eût expliqué aux spectateurs et aux acteurs de ce dramatique voyage le pourquoi, la raison, la valeur historique d'une expédition surprenante. C'est un tout petit livre traduit de l'allemand et presque classique là-bas depuis trois quarts de siècle. Pourquoi n'en avions-nous que des traductions incomplètes?
le voudrais que la Ligue des patriotes le fît imprimer à plusieurs millions d'exemplaires. Ou. si Ton juge que le langage en soit trop abstrait, cette
Ligue n'a qu'à instituer un peu partout des chaires où seraient expliquées les leçons qui s'élèvent à nos yeux de ces pages. 11 suffirait d'y consacrer les sommes qui doivent servir à couler en bronze un nouveau monument à la mémoire de nos défaites. Sans doute, ces statues de notre deuil signifient un désir très précieux et une espérance très vénérable, mais peut-être qu'avant de rendre leur nationalité aux pays annexés par la force conviendrait-il que nos propres pensées fissent, d'elles-mêmes, retour à la patrie *.
Ces pensées, les voici bien autrement germanisées que n'auront pu l'être en ces derniers vingt-cinq ans notre Alsace et notre Lorraine.
C'est premièrement la tête de la France qu'il faudrait dégager de cette annexion.
Le livre dont je parle est des plus médiocres. Tout homme de goût le trouvera, d'un bout à l'autre, déclamatoire et faux. Ce sont des Discours adressés à la nation allemande^. Leur auteur n'était pas de ces barbares qui, plus ou moins romanisés, eurent le sens de l'art d'écrire et, tels que Leibnitz, Gœlhe, Heine, Schopenhauer ou Nictszche, surent conduire et développer leurs pensées. Non, ce barbare est de sang pur. La conception dans ses Discours ne vaut pas mieux que l'expression. Elle est nulle : j'aime à l'écrire en toutes lettres. Après quatre-vingts ans que l'Europe entière prend cette Hberté, qu'il soit
!. M. l'abbé ^Velterlé disait, en 1913, à Maurice Pujo, qui l'était allé voir à Colruar : « C'est réglé. Dès que vous l'emonlez, nous remontons aussi.... »
■2. Discours à la nation allemande, par J.-G. Fichte : traduits pour la première fois en français. Delagrave, éditeur.
permis à un Français de donner un sourire à la « pensée » de Fichte! Ce Jean-Gottlieb Fichte ne conserve plus qu'une arrière-garde d'admirateurs. Mais ces fidèles sont Français de naissance aux confins de la jeunesse et de l'âge mûr. Ces messieurs ont d'ailleurs l'excuse suffisante de n'avoir jamais lu celui qu'ils dénomment ainsi maître et seigneur.
Fichte fut une sorte de lyrique égaré dans l'Ontologie. On l'a bien dit : sa philosophie était née de son caractère. Lui-même s'en vantait. Sa réflexion n'était que la continuelle décharge de son humeur. Lorsqu'on croit qu'il va se livrer au mouvement sublime d'une logique transcendante, il donne seulement des peintures, flattées, des aspirations de son âme. Mais cette âme était généreuse, enflée de beaux désirs. Avec de l'étude et du soin, il eût assez bien réussi dans la poésie romantique. En ce royaume des divagations abstraites, — n'appelons pas une orgie de mots la Métaphysique, — il ne fut rien que le premier des Trois Sophistes, selon le jugement d'un critique de oon pays. Il ouvrit ce courant de délire philosophique qui recouvrit l'Allemagne entière au déclin d'Emmanuel Kant. Son romantisme infecta la pure pensée.
Pourtant le romantisme et la barbarie le servirent. Il ne connut point les pudeurs d'une raison harmonieuse qui sait que le premier devoir est de s'accorder avec soi-même. Un barbare n'est point gêné de l'état de contradiction. S'il eût gardé le sens logique, sa théorie du Moi divinisé eût tenu le bon Fichte bien au-dessus des contingences nationales; il eût persévéré dans les sentiments cosmopolites de son
-.0 OUAND LES FnANÇAIR NE S'AIMAIENT PAS.
premier point de départ. JMais ses émotions le menèrent, non ses calculs. Il obéit aux circonstances auxquellp.s il imposa une apparence de syslématisaliuu. Aiubi laL-il bon Allemand cl Germain accompli, théoricien monomanc et mystique de VAllemanité. C/esl là qu'il trouva sa vraie gloire et qu'il joua un rôle utile pour les siens.
S'il mena ses disciples à une déraison grossière, en revanche il leur découvrit, en même temps qu a tout le corps de sa nation, un sentiment et une idée qui valurent contre l'étranger un magasin d'armes. Ce fut moins d'un an et demi après léna, en 1808, qu'il prononça ces quatorze fameux discours aux Allemands, que je voudrais voir connus et compris de tous les Français.
Je supplie ces Français d'y voir surtout ce qui y est ; car le néant n'est pas : il y a beaucoup de néant dans ces Discours. Le système d'idées morales et métaphysiques dont Fichte se promet la rénovation de l'humanité, laissons-le, s'il vous plaît, aux commentateurs de sa communion. Ce n'est point notre genre humain, mais son Allemagne, que Fichte a renouvelée.
Regardons comme il s'y est pris.
Il a suivi l'instinct, cet instinct des peuples vivaces, vaincus sans qu'on les ait domptés. Il s'est décerné à lui-môme et aux siens d'énormes éloges. Il a violemment injurié le vainqueur. Une apologie enflammée de sa race, une critique amère du Français, c'est tout l'intéressant de ces oraisons ampoulées.
Mais la critique est belle de furie et de cécité vo-
LE SERVir.I- DE f.AIJ.EMAGNE. r,\
lontaire. Quel mépris des langues s latines ^ ! Quelle horreur de l'esprit « latin :» 1 Quelle force à marquer les différences des deux races! L'nne est la mort, laulre la vie. Qu'est le Français? C'est un Germain marqué de cette tache originelle : ses ancêtres n'ont point rapporté leur butin dans la forêt natale en deçà du Rhin; ils se sont fixés s)ir la terre étrangère ; ils sont restés chez les Gentils. Le fils de ces Germains coupables est un Germain bâtard. Il a donc oublié sa langue. Il parle le langage des serfs et des vaincus. Aussi n'est-il plus le maître de sa parole.
Pour peu qu'il s'élève à des idées générales, le Français pense sur des signes à radicaux grecs et latins, dont il ne connaît plus le sens. A ce cadavre articulé et mécanique la corruption morale de l'antiquité s'est communiquée. Son vocabulaire l'accuse. Tel mot, comme celui de popularité, pris à Rome en mauvaise part, est devenu chez le Français un demi-éloge. Horrible contre-sens moral et linguistique que le vertueux et raisonnable Allemand ne saurait ni admettre, ni commettre, ni concevoir.
Privilégié, le Germain vit dans l'ignorance de toutes les « choses mauvaises ».
Il emploie une langue d'une « clarté immédiate », en ce sens que les mots abstraits y sont formés tout directement du concret, sans recours à nulle racine étrangère*. Et cela lui donne naturellement la clef
.1 Dans son très beau li vi-e de 1915, IlofS du joug allemand, Léon Daudet écrit fort bien à ce propos : « 11 serait aisé de soutenir, contre Fichte, qu'une langue est d'autant plus élevée dans l'échelle humaine, riche dans son domaine supra-sensible et apte aux hautes spéculations, motrices de la race, qu'elle est moins enganguée, moins pri-
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dor de tous les langages inférieurs : pour peu que l'Allemand consente à s'en donner la peine, il en vient à connaître, à parler et à pénétrer la langue des Français, bien mieux que les pauvres nationaux du pays de France ne peuvent rêver d'y atteindre.
Telles sont, en gros, les conceptions de ce Jean- Gottlieb Fichte, qui ignore complètement le goût de courtoisie et d'équité internationale dont le naïf Parisien aime à se leurrer. La littératui-e française eût-elle au xvii*^ siècle une ère de perfection? L'imperfection allemande est préférable selon Fichte : elle est le signe de la vie, de laquelle les Allemands tiennent le monopole. Le Franco-Latin ne crée rien : c'est qu'il n'a point de vie véritable à communiquer, étant frappé de mort. Quelque jour l'Allemagne fera
sonnière de ses racines, moins soumise à leurs suffusions de reviviscence. Quand les Grecs — rapprochés par Fichte des Allemands au point de vue de l'aulochlonie du langage et de la survivance de leurs racines linguistiques — prononçaient le mot de méthode, littéralement (chemin-vers, metahodos), ils ne voyaient ni un chemin, ni une direction C'est cette délivrance étymologique, cet épurement de la pensée qui leur permit d'atteindre si haut dans leur ascension spéculative. On ne voit pas la supériorité que nous conféierait, quand nous prononçons le mot de « poltron », la vision ou la sensation du pouce coupé qui en est l'origine étymologique. Ce sont, au contraire, ces stagnations ou ces remontées du concret originel dans le supra-sensible ou l'abstrait de la langue allemande, qui la l'ont obscure et douteuse dans le domaine philosophique, par les échappatoires qu'elles permettent. La langue, comme le vin, se dépouille avec le temps. Ce dépouillement garantit son bouquet, sans lui ôter sa verdeur, et assure sa prééminence, aussi bien pour les œuvres du style que pour celles de la métaphysique. Quelle confusion, quel horrible supplice créerait ce retour agressif de racines verbales dans la culture et la compréhen sion des œuvres des grands maîtres, depuis Pascal jusqu'à Racine ou Saint-Simon! L'argument initial de Fichte ne tient pas debout; mais le parti qu'il en a tiré demeure formidable et doit nous mettre en garde contre toute la pensée allemande, hier encore victorieuse et dominante dans notre haut enseignement. Au même titre que notre admirable défense militaire, la fin d'un tel scandale universitaire marquera notre relèvement >.
largesse de vitalité à ses voisins. Lorsque ce grand peuple se sera entièrement constitué, les méchants frères de P'rance y auront eux-mêmes profit : la renaissance allemande est nécessaire au monde entier, même et surtout aux prétendus vainqueurs de l'Allemagne.
C'est là une nécessité métaphysique, théologique, religieuse. Les Allemands ont reçu de Dieu la fonction de représenter toute l'Humanité. Cela apparaît par l'étymologie de leur nom : All-Man. Ils sont d'une source céleste. Ils sont bien mieux : le ciel vivant. Ils fécondent la terre. Aucun Titan, non pas même Napoléon, de qui Fichle trace en passant un portrait d'un vaste mépris*, n'escaladera les hauteurs qu'ils occupent et sur lesquelles ils poursuivent leur sainte mission. Cette mission n'est que « de relier Tordre moral établi dans la vieille Europe à la vraie religion conservée dans lantique Asie et même d'inaugurer une époque nouvelle.... »
De là dérivent le génie et les vertus de l'Allemagne : vertus qui répandent à grands flots la lumière, génie qui vole comme l'aigle au soleil de la vérité. Je vous transcris les images du bon rhéteur. Perspicacité allemande, sérieux allemand, fidélité, loyauté et simplicité allemandes, honneur allemand, tous petits autels allemands où s'arrête notre Fichte pour renverser à chacun d'eux plusieurs libations
1. Celte nuance de senLiment sérail encore intelligible, mais pour des raisons que Fichle ne donne pas. Les Français d'aujourd'hui commencent à faire le compte de tous les services inconsciemmenl rendus à 1 Allemagne par la politique de Napoléon. Voir les deui livres de Jacques Bainville : Bismarck et la France, l'Hlaloire de deux PeupUs.
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d'adjectifs. Parfois, une expression plus merveilleuse fixe en nos souvenirs ce mouvant chaos de louanges : « L'étranger tenta ce pas décisif; l'Allemand le réussit.... » « Chez nous seuls, la nation forme un tout complet.... » « Les langues étrangères... dont on est encore à attendre les premiers chefs-d'œuvre.... » Et, pour belle couronne : « Chez NOUS, le problème est complètement résolu, et la