‹ Quand les Français ne s'aimaient pasChapitre 15 sur 66 · APRÈS VINGT ANS · texte numérisé non relu

APRÈS VINGT ANS

L'analyse de Nietzsche devint phis libre et plus vraie à proportion que l'influence germanique déclina.

Pour ce qui est de Jean-Gottlieb Fichte, il ne se passa point d'année depuis 181)5 que l'auteur de ce petit livre n'ait insisté sur la valeur des Discours, envisagés comme les hérauts et les théologiens de la Germanie. Ce fut peine perdue pendant dix-neuf ans. Mais le ia octobre 1914, ^1, Boutroux publia dans la Revue des Deux Mondes l'article fameux. « Ses idées sur l'Allemagne e' la guerre », écrivions-nous dans V Action française le surlendemain 17 octobre, e peuvent aider à défitiir les idées qui courent le monde officiel ».

» Elles sont en progrès. M. Boutroux nous change de déclamations un peu creuses sur le militarisme prussien ou bismarckien. Ce n'est pas à Bismarck, c'est à Fichte qu'il fait remonter les origines du germanisme brutal. Cette mention de Fichte constitue pour nous plus qu'une satisfaction, et presque un succès : il y a juste vingt ans que nous la demandons, il y a vingt ans que nous signalons l'importance des Discours à la natioji allemande, sur lesquels on s'appliquait toujours à glisser. Nos instances de 1895 concoururent à faire souscrire 20G exemplaires de la tra-

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duetion du capitaine Philippe au conseil municipal de Paris, Et ce fut à peu près tout... »

Cependant, en Allemagne l'influence de Fichte ne paraît pas avoir cessé d'être ressentie et reconnue. Dans la réédition de ses œuvres complètes qui, en mars 1916. achevait d'être publiée à Leipzig, l'annonce de librairie parle de lui comme du « philosophe de la guerre mondiale de 19 U ». Et ce n'est pas un simple artifice de publicité.

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