‹ Quand les Français ne s'aimaient pasChapitre 18 sur 66 · Commeat n'y étaient-ellea depuis quarante ans · texte numérisé non relu

Commeat n'y étaient-ellea depuis quarante ans

chercher dans la Revue des Deux Mondes, et qu'ils les livreront, avec ou sans commentaires, à la méditation de leurs écoliers.

Les éducateurs de la France auronl-ils suivi ce conseil? Je l'espère. Ils auront dû y mettre de la timidité comme M. Ernest Dupuy lui-même. Cet article de la Revue des Deux Mondes intitulé « Fustel de Coulanges et l'Allemagne » contient les beaux morceaux du maître, mais un peu expurgés. M. Dupuy transcrit Fustel, quand il s'écrie que le patriotisme moderne ne consiste « qu'à honnir nos rois, à détester notre aristocratie, à médire de toutes nos institutions », et cela est déjà méritoire, même héroïque. Mais quoi ! Fustel ajoute ce qu'il serait précieux de faire savoir aujourd'hui :

Le véritable patriotisme, c'est l'amour du passé. C'est le respect pour les générations qui nous ont précédés. Nos historiens ne nous apprennent qu'à les maudire, et ne nous recommandent que de ne pas leur ressembler. Ils brisent la tradition française et ils s'imaginent qu'il restera un patriotisme français.

Il a fallu omettre cet essentiel de la leçon de Fustel qui tient dans l'étymologie sacrée du nom de la patrie, terra patruni.

N'importe. L'article de M. Ernest Dupuy était juste et bon. Il nous apporta par-dessus le marché, l'immense plaisir de vérifier une fois de plus notre avance sur le monde républicain : c'est une modeste avance d'au moins dix années, puisque, sans nous arrêter à la multitude de nos articles qu'emporte le vent, ce fut au 18 mars 1905 — trois jours avant la promulgation de la loi qui réduisait notre service militaire à deux ans, treize jours avant le coup de Guillaume II à Tanger, c'est-à-dire alors que l'état de l'Europe était encore au beau fixe, la catastrophe de Moukden ayant eu lieu dans l'extrême Asie, — ce fut au 18 mars d'il

y a dix ans, que l'Action française commémora, non sans difficultés, le 75' anniversaire de Fustel de Coulanges. Nous avions convié à faire partie du comité toute la fleur du monde académique et universitaire. Les acceptations furent rares, les refus nombreux; au fur et à mesure qu'approcha la solennité, nos adhérents se défilèrent par toutes les issues. Il faudra raconter un jour quel vent de débâcle leur avait soufflé, des colonnes de son journal, M. Jean Jaurès, et aussi comment l'honneur de la science et de l'esprit français fut rétabli par un grand homme de cœur que doublait une haute intelligence, notre illusli'e ami regretté, riiistorien Auguste Longnon.

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