‹ Quand les grenouilles auront des queuesChapitre 16 sur 22 · LE JEUNE CHEF IROQUOIS · texte numérisé non relu

LE JEUNE CHEF IROQUOIS

Bien loin, bien loin avait retenti le nom d'Adaldake, le jeune et vaillant chef des Iroquois.

Il était plus agile que le daim à la course; plus rusé que le renard pour surprendre un ennemi; plus souple que le serpent dans la lutte corps à corps; plus fougueux que le lion au combat; plus fort que le buffle à la guerre; plus sensé que les Anciens aux conseils de la tribu; plus alerte que les jeunes hommes à la dance; plus adroit à la chasse qu'un Mohican; plus cruel dans ses vengeances que le Matchi- Manitou du Nord.

Trente ans, une stature élevée et élastique comme celle du léopard, de petits yeux ronds profondément enfoncés dans leurs oruites et étincellants de lueurs fauves, un front déprimé, le nez recourbé comme celui d'un aigle, les cheveux drus, longs,

liés au sommet de l'occiput, les joues glâbres et rougeâtres, un arc de frêne et des flèches armées d'arrêtés de poisson, un tomahawk à la main droite, une hache de pierre passée à la ceinture, un manteau de peau d'ours jeté sur les épaules, et agrafé sur la poitrine par des griffes de l'animal, aux pieds des mocassins ornés de broderies en coraux et en poils de porc-épic, tel était Adaldake, le jeune et vaillant chef Iroquois, la terreur des Hurons.

Adaldake, le jeune et vailant chef des Iroquois, la terreur des Hurons, vint à passer sur le bord de la rivière Richelieu, près de la cabane du vieux pêcheur Goribert. Il vit la belle Cora, la fiancée de Paul, le hardi défricheur

C'était par une riante matinée du mois de mai. Longtemps assoupie dans son blanc manteau de neige et de glace, la nature sortait enfin du sommeil léthargique où elle avait été plongée durant près de sept mois. L'aurore frangeait de pourpre les portes de l'Orient, l'atmosphère était chargée de balsamiques senteurs; Zéphyr lutinait avec les bourgeons naissants de l'érable, les oiseaux remplissaient l'air de leurs chants harmonieux ....

La belle Cora faisait ses ablutions à la source limpide; en la voyant, Adaldake sentit qu'il l'aimerait!. . . .

Fuis, fuis, aimable jeune fille, redoute môme ces courts instants; car le ciel se plombe de gros nuages cuivrés à l'horizon, le souffle des autans déracine les chênes au sommet du piton derrière lequel tu es abritée, de fulgurants éclairs déchirent la masse orageuse amoncelée sur ta tête; dans l'immensité, la foudre fait entendre sa voix sépulcrale, et la Mort, pâle, livide, lancée de son ténébreux palais, plane autour du Richelieu L . .

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