GUERRE DE CONQUÊTE
La Californie ne sortit définitivement de l'ombre qu'en 1846, alors qu'une étoile du drapeau américain se fixa sur son front. Depuis cette époque l'histoire, jour par jour, a pris note de ses actes et voici ce qu'elle en dit :
Depuis longtemps les Etats-Unis enviaient au Mexique la possession de la Californie; cette contrée, par sa position, ses moyens de navigation, ses limites naturelles, et peut-être aussi par le mystère qui paraissait l'envelopper, avait attiré les vues des Américains.
La question du Texas fut en quelque sorte la mèche qui mit le feu aux poudres; le Texas était une portion du territoire mexicain, mais paraissait plutôt un désert qu'un pays habité; une colonie d'Américains vint s'y établir et bientôt après, proclama son indépendance; ce nouvel état fut reconnu par la plupart des puissances européennes.
Plus tard, les colons du Texas n'ayant pas une existence politique assez forte, voulurent se réunir aux Etats-Unis.
Le Mexique crut devoir s'opposer à cette fusion; le gouvernement des Etats-Unis l'appuya, prétendant que les habitants du Texas, par la proclamation officielle de leur indépendance, avaient le droit de s'incorporer dans une confédération qui leur off"rait une garantie de durée et de prospérité.
Dès ce moment les tracasseries, les vexations, les inconvenances politiques se succédèrent, s'amoncelèrent, et la diplomatie de part et d'autre, devint provocante. Le prétexte de la guerre manquait, mais un prétexte est bien vite trouvé, lorsque les deux adversaires ont le désir de le chercher.
Le commencement des hostilités partit du camp mexicain.
Le signal étant donné, le Congrès des Etats-Unis proclama aussitôt la déclaration de la guerre contre le Mexique; ce fut au mois de mai 1846.
La lutte s'engagea d'une façon heureuse pour les Américains, qui trouvèrent dans presque tous les combats, la victoire prompte et facile.
Dès le mois de septembre, Monterey tombait en leur pouvoir, tandis que 12,000 hommes se rassemblaient pour l'expédition de Vera-Cruz, et que le général Taylor, avec une armée de 5,400 Américains mettait en déroute, le 22 février 1847, 20,000 Mexicains commandés par le général Santa-Anna, dans la plaine de Buonavista.
L'armée dirigée contre Vera-Cruz arriva devant cette ville le 9 mars; le 22 commença le bombardement, le 26, des ouvertures de capitulation furent faites et acceptées; le 29, M. Scott, général en chef du corps d'expédition, prenait possession de Vera- Cruz, faisait 2,000 prisonniers à l'ennemi, tout en lui enlevant 400 pièces de canons.
La guerre s'avança jusqu'à Mexico; mais avant d'y arriver les Américains triomphèrent sur leur passage à Serro-Gardo et s'emparèrent de Perote
et de la Puebla. Le 19 et le 20 août, ils sortirent victorieux des combats de Contreras et de Cherubusco.
C'était aux environs de Mexico, sous ses murs mêmes, qu'avaient lieu ces faits d'armes. Un armistice fut conclu.
Mais les Américains s'apercevant bientôt que cet armistice était illusoire et n'était qu'un moyen de recruter des troupes, de recueillir des provisions de bouche et de guerre pour recommencer l'attaque, reprirent les hostilités le 7 septembre 1847.
Le lendemain se livrait la bataille del Malino del Rey, le 13 du même mois la forteresse de Chapultepec tombait au pouvoir des forces des Etats-Unis; le 14, elles prenaient possession de Mexico.
Mais les frais de guerre étaient immenses, et les vaincus dénués d'argent se trouvaient dans l'impossibilité absolue de les payer. Il fallait chercher un moyen pour arriver à ce résultat et des proportions furent échangées.
Une cession du territoire mexicain devait indemniser le gouvernement américain et cette cession s'étendait au Nouveau-Mexique et à la Californie.
C'est ainsi qu'après de longs tiraillements et d'interminables pourparlers, la Californie fut déclarée en possession légitime des Etats-Unis par le traité conclu le 2 février 1848.
Le géant américain, sorti d'une urne, comme le géant des Mille et une Nuits, prenait ainsi des proportions fantastiques. D'un pied il touchait à l'Atlantique, de l'autre à l'océan Pacifique.
Se doutait-il de la richesse du pays acquis? nous ne le croyons pas; mais la Providence qui lui voulait du bien ne tarda pas à lui en livrer le secret.