LA LANGUE
Je puis prendre comme épigraphe de ce travail la parole de saint Jacques: “ Celui qui ne fait pas de faute dans ses conversations est un homme parfait”.
Il est telle personne pieuse qui piétine sur place, qui s'étonne de ne plus faire depuis ongtemps aucun progrès dans le bien, et qui trouverait dans cette maxime l'explication de cette immobilité dans laquelle sa vie spirituelle semble comme figée.
“ Lorsqu'une armée a été chassée de toutes ses positions, dit Alvarez de Paz, et qu’elle fléchit de tous côtés sous l'effort de l’ennemi, elle cherche à se reformer à l’abri d’une place forte: et c’est de là qu’elle s’élance pour reconquérir tout le terrain qu’elle a perdu.
“Eh bien! la languc est cette place forte; et si l’homme spirituel laisse cette forteresse debout, s’il n’en déloge pas l’ennemi, ses succès antérieurs ne lui serviront de rien; ilne pourra jamais se flaiter d’être pleinement victorieux.’
Si j'interroge chacune de mes lectrices, et que je leur demande où elles en sont du désir de la perfection, il n’en est pas une qui ne proteste de sa ferme volonté de devenir parfaite; pas une aussi peutêtre qui ne gémisse d'en être toujours au simple désir, et qui n'ait l’impression d’un obstacle qui se dresse entre elle et le but à atteindre.
Voyez donc, Mesdames, si cet obstacle ne serait pas celui qu’Alvarez de Paz vient de vous dénon : une langue qui n’est pas surveillée, une langue à ..quelle vous passez toutes ses fantaisies, et qui vous récompense de votre indulgence en portant le ravage dans votre vie spirituelle.
Je travaillerai d’une façon efficace à votre per-
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