DE PH.-J. ROUX. XIX
frère avec amitié ; puis, la vérité connue, il lui fait ses excuses sur ses soupçons et l'examine. C'est alors que tout d'un coup, en observant le jeu des muscles du voile du palais, il conçoit la possibilité de rapprocher les bords de cette division par une opération analogue à celle du bec-de-lièvre, mais plus délicate. A peine a-t-il fait part à M. Stephenson de son idée et de la possibilité d'une guérison, que celui-ci, à son tour, lui laisse à peine le temps de réfléchir sur le procédé : un bistouri boutonné, un porte-aiguille, voilà les seuls instruments qui servent, le surlendemain, à exécuter cette opération si déhcate, et douze jours après, le malade peut lire lui-même son observation devant l'Académie des sciences.
Je vous laisse à penser qui fut le plus heureux de M. Stephenson ou de M. Roux? L'un se trouvait pour toujours délivré d'une infirmité qui pouvait être un obstacle à sa carrière, et l'autre avait eu le bonheur, dans une première tentative, de rendre à un confrère un service inespéré. Quelle fortune ! mais si le hasard avait bien servi M, Roux, avouons aussi que son génie chirurgical l'avait bien inspiré, et qu'il ne laissa plus à la staphyloraphie une fois créée que de bien légers perfectionnements à subir.
Du reste, il ne se borna pas, dans son mémoire, à décrire l'opération telle qu'il l'avait conçue; il en indiqua toutes les conséquences et toutes les déductions pratiques pour l'ablation de certaines tumeurs, et reconnaissant en outre que, dans les cas de division longitudinale de la votite palatine, il fallait, pour combattre avec avantage le défaut de ghssement de la membrane muqueuse, modifier le procédé, il adopta dès lors les deux incisions latérales.