‹ Quarante années de pratique chirurgicaleChapitre 18 sur 74 · XXII VIE ET TRAVAUX · texte numérisé non relu

XXII VIE ET TRAVAUX

serait tenu là, et, très probablement, on serait retombé plus tard clans une nouvelle série de revers. Mais ce n'est pas ce qui lui arriva : touché de Tétat malheureux de sa première opérée, il réfléchit à la solution du problème, aux causes qui avaient fait échouer l'opération, et bientôt il vit que pour agir sur des parties profondes, la suture entortillée était insuffisante. Il fallait une action plus puissante ; la suture enchevillée seule était assez forte. Dès ce moment, M. Roux modifia tout son plan : non content d'agir dans le fond de la plaie, il chercha à combattre, par une suture simple, l'écartement superficiel de ses bords. En suivant cette indication, il exécuta la seconde opération et obtint un plein succès; et, lorsqu'en 183^, il lut son mémoire à l'Institut, il avait déjà opéré quatre malades, dont trois avaient guéri.

Ces titres seuls auraient pu assurer la célébrité de M. Roux, et pourtant je n'ai pas tout énuméré. N'est-ce pas à lui que nous sommes redevables de la plupart des travaux entrepris en France sur l'autoplastie, sur les résections? Ouvrez les recueils de médecine opératoire, et vous verrez qu'il n'est peut-être pas une de ces opérations qu'il n'ait pratiquée et souvent modifiée. Parcourez les thèses qui ont été publiées sur ce sujet, celles si remarquables de MM. Dubourg et Thore, et tant d'autres non moins intéressantes, vous verrez que la plupart de leurs auteurs se sont inspirés de ses savantes leçons. Enfin n'est-ce pas encore lui qui, d'abord partisan de la méthode ancienne dans le traitement des anévrysmes, a tant contribué à répandre la méthode de la ligature loin de la tumeur? Rappelez-vous ces pages si intéressantes qu'il nous lut sur les

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