LETTRE I. CO^'SIDÉRATIO^S GÉNÉRALES
osseux ne met point un obstacle absolu à l'ampliation des vaisseaux qui le pénètrent et servent à le nourrir ; on sait que les os peuvent être le siège, sinon d'anévrysmes proprement dits, au moins de tumeurs avec stase du sang, avec pulsations isochrones aux battements du système artériel général, tumeurs comparables ou même parfaitement analogues aux tumeurs fongueuses sanguines des parties molles. Plus tard nous verrons que ces tumeurs fongueuses sanguines des os admettent bien plus souvent que celles des parties molles, dans leur composition, un élément de mauvaise nature qui en fait une des affections les plus graves de la chirurgie. Elles se développent plutôt dans les parties spongieuses que dans les parties compactes des os , sans doute à cause de la vascularité plus grande des premières; plutôt encore dans les extrémités articulaires des os longs et dans les os courts que dans les diaphyses et dans les os plats , bien cependant qu'on en ait vu dans les os du bassin, et même dans ceux du crâne ; et plus fréquemment enfm dans les membres inférieurs que dans les membres supérieurs.
Dans tout ce que j'ai dit jusqu'à présent, mon cher Chélius, je n'ai eu en vue que les maladies qui sont tout à fait particulières au système vasculaire sanguin : et ce sont celles, en effet, qui, au point de vue surtout de leur thérapeutique, doivent être presque exclusivement le sujet du travail que je vous adresse. Mais d'autres affections des artères et des veines leur sont communes avec d'autres systèmes d'organes ; celles-là n'ont pas un caractère spécial : elles ne présentent guère d'autres indications et ne comportent guère non plus d'autres ressources thérapeutiques
que les indications et les ressources thérapeutiques générales. Ces maladies sont même moins remarquables et moins graves par elles-mêmes que par certains états pathologiques auxquels chacune d'elles en particulier donne presque toujours naissance. Il faut placer ici l'artérite ou l'inflammation des artères, qui, lorsqu'elle vient à se déclarer dans une partie un peu étendue du système artériel d'un membre , y devient cause de sphacèle , et d'un sphacèle toujours très aigu ; l'ossification des parois artérielles qui, dans les membres pareillement, et portée au point de resserrer le calibre des vaisseaux, produit le plus grand nombre de ces gangrènes dites spontanées, fréquentes chez les vieillards, mais qu'on remarque aussi quelquefois chez des sujets qui ont à peine dépassé l'âge moyen de la vie. Il faut y joindre l'inflammation des veines, ou la phlébite, qui, selon les circonstances, peut être bientôt suivie de l'intoxication purulente, ou bien causer, comme l'artérite, la morhfication ou la gangrène des parties d'où les veines enflammées tirent leur origine.
Chose remarquable, la principale gravité de ces maladies du système vasculaire communes à d'autres parties «i© l'organisation résulte de ce qu'elles peuvent amenei^ l'oblitération des vaisseaux qui en sont le siège, et l'interruption du cours du sang dans ces vaisseaux : eh bien, cette même oblitération du vaisseau ou des vaisseaux malades est précisément , au contraire , l'indication à remplir et le but qu'il faut atteindre dans le traitement de toutes les maladies spéciales du système vasculaire que j'avais particulièrement en vue en commençant. On ne tente la guérison des varices qu'en essayant^'obturer