‹ Quarante années de pratique chirurgicaleChapitre 35 sur 74 · LETTRE I. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

LETTRE I. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

OU d'oblitérer les veineièqui en sont le siège. Toutes nos méthodes thérapeutiques de ranévrysme tendent à obtenir la même transformation dans le tronc artériel affecté. N'était l'ablation de la tumeur elle-même par la hgature en masse ou par l'instrument tranchant, et encore sa destruction par des agents caustiques, les moyens si nombreux et si variés que nous opposons aux tumeurs fongueuses sanguines ont le même caractère et tendent au même but. Dans les varices, dans lesanévrysmes, et cela est vrai aussi jusqu'à un certain point pour les angiectasies capillaires, c'est par la hgature qu'on a le plus de chances de réussir; c'est elle qui est le plus généralement appliquée dans le traitement des anévrysmes. Peut-être, il est vrai, touchons-nous au moment d'une révolution dans le traitement des anévrysmes. C'en serait une, en effet, si certaines espérances qu'on a conçues dans ces derniers temps venaient à se réaliser ; s'il arrivait qu'avec ou même sans oblitération du vaisseau on pût obtenir la disparition d'un anévrysme, soit au moyen de la galvano-puncture , soit par l'injection d'une petite quantité de perchlorure de fer ou de tout autre agent chimique propre à coaguler le sang dans la poche anévrysmale. Quel degré de confiance méritent ces deux méthodes thérapeutiques ? Je n'ai point encore d'idée arrêtée à cet égard. Quel ^ort leur est réservé? C'est le secret de l'avenir. Il est donc bien certain que la ligature, comme moyen de déterminer l'interruption du cours du sang dans un vaisseau, quelquefois même dans plusieurs vaisseaux ouverts ou dilatés, et d'y provoquer un travail d'oblitération, est comme l'aboutissant ou le terme de toutes les études relatives aux ma-

ladies chirurgicales du système vasculaire sanguin. Tout s'y rapporte, pour ainsi dire, ou s'y rattache ; de telle sorte qu'au heu d'intituler ce volume : Maladies des artères^ j'aurais pu tout aussi bien l'intituler : Ligature des artères. J'aurais pu d'autant mieux procéder ainsi , que les faits dont j'ai à dérouler le tableau , bien qu'ils ne soient pas dépour\ais d'intérêt comme faits pathologiques, en ont peut-être un plus grand encore au point de vue des procédés thérapeutiques auxquels il a fallu recourir dans chaque cas en particuher, et des opérations qui ont été faites presque toutes parla hgature d'un ou de plusieurs vaisseaux. Peut-être même me faudra-t-il combiner en quelque sorte les deux manières de procéder, et peut-être devrai-je, pour bien coordonner les faits que j'ai à mettre en œuvre, après avoir suivi un ordre basé sur la différence entre les maladies, revenir sur la hgature en général, et parhculièrement sur celle des artères, pour agiter la quesUon tant controversée de la meilleure manière d'en faire usage.

Les affections auxquelles se rapportent les considérations et les faits que j'ai à présenter sont : les plaies des artères, l'anévrysme spontané, l'anévrysme faux consécuhf, l'anévrysme variqueux et la varice anévrysmale, les diverses angiectasies capillaires ou tumeurs fongueuses sanguines des parties molles , et les tumeurs fongueuses sanguines des os. Je commence par ce qui concerne les anévrysmes : le sujet est si vaste que, malgré l'obligation que je m'impose de ne le considérer qu'au point de vue pratique , je serai forcé d'y consacrer plusieurs de mes lettres; peut-être même, à cause de cela, détacherai -je

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