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})oint (riiéiîîorrbagie cuiisécutive ; et de même que chez le sujet du cas précédent , ce fut le dix-neuvième jour que toutes les ligatures tombèrent , avec le cylindre qu'elles embrassaient. La guérison de la plaie se fit sans retard aucun , et elle était à peine achevée, que déjà la tumeur du jarret, dure et sans la moindre pulsation , était réduite à un petit volume. Le malade dut cependant prolonger son séjour à l'hôpital , même après qu'il eut recouvré la liberté des mouvements de son membre. Une eschare, peu étendue toutefois, et parfaitement circulaire, s'était formée sur le côté externe du talon, là où la peau avait élé soumise, par l'effet de la position du membre , à une compression prolongée ; la chute de cette eschare avait laissé une plaie qui se cicatrisa lentement. Le malade ne put quitter l'hôpital que vers la fin d'octobre.
Telles furent mes deux [neiiiières opérations d'îiué- ^•rysllles suivant la luétliode de Himter. Dès eette époque, comme vous voyez, j'avais fixé ma préférence sur le pi^océdé de Scarpa, qui consiste à étreindi^e l'artère à l'aide de deux ligatures plaies nouées sur un petit cylindre de sparadrap. C'étaient d'aboi^d des raisons en quelque sorte théoriques qui m'avaient conduit à adopter ce procédé. Les succès que j'en ai obtenus m'ont encouragé, et j'y suis resté fidèle jusqu'à la fin, non-seulement dans mes opérations d'anévrysmes spontanés, mais encore dans toutes meshgatures appliquées, sur les grosses artères, à qtielque distance des lésions qui les rendaient nécessaires. Je suis toujours convaincu que ce mode opératoire est préférable à tous les autres. Je n'ignore pas que la plupart des clii-. rurgiens actuels en ont jugé autrement, mais je crois qu'ils ont abandonné sans motifs suffisants, et en se basant sur des considérations purement théoriques, le procédé que
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je voudrais l'aire prévaloir. En lous eas, la série de lails que je publie aujourd'hui , quelle que soit l'appréeialioii qu'où eu fasse, aura du uioius l'avantage de fournir une base expérimentale pour la comparaison qu'on doit établir entre ce procédé et les autres.
Mais j'oublie, mon cher Chélius, que je ne dois vous parler ici que de mes opérations d'anévrysme spontané. Je viens de vous entretenir des deux premières, je vais maintenant vous parler des autres. Malgré mon désir de me restreindre aux cas tirés de ma propre pratique, j'y joindrai l'histoire de trois malades opérés par Boyer. Boyer, je ne sais pourquoi, s'est abstenu d'en parler' dans son grand ouvrage, et je juge utile de combler cette lacune. En outre, je vous l'avoue, ces trois opérations, pratiquées en ma présence, m'ont frappé tout autant que si j'en eusse été l'auteur, et j'en ai recueilli l'histoire avec d'autant plus de soin , qu'elles étaient la preuve d'une sorte de révolution qui s'était opérée dans l'esprit de Boyer. (]et illustre chirurgien , témoin des succès que j'avais obtenus plusieurs fois déjà sous ses yeux, par ce qu'on appelait alors la méthode nouvelle, avait fait trêve momentanément à sa prédilection pour l'opération par l'ouverture du sac. Je n'ai pas besoin de dire que ces trois opérations furent faites suivant le même procédé que toutes celles que j'avais exécutées jusqu'alors ; Boyer se fit un scrupule de n'y rien changer, et j'ajouterai tout de suite que pour deux des trois le résultat fut des plus favorables : elles appartiennent à ma catégorie de cas heureux. C'est par ceux-ci que je veux poursuivre ma revue générale. J'avais d'abord eu l'inten-
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tion de suivre l'ordre de succession des faits, entremèlaul ainsi au hasard les cas simples ou compliqués, heureux ou malheureux. Mais je m'aperçois que cette marche diminuerait quelque peu l'intérêt des faits eux-mêmes , ou plutôt de chaque fait en particulier : elle préparerait mal aussi peut-être à leur récapitulation, et à quelques inductions générales que je chercherai à en tirer. J'aime mieux grouper d'abord et passer successivement en revue les cas qui ont été simples sous le triple rapport de la maladie elle-même, de l'opération et de ses résultats , et (]ue je pourrai décrire brièvement, pour placer ensuite dans une autre catégorie ceux qui ont été graves , compli(|ués ou malheureux sous l'un ou l'autre de ces trois rapports.
XIV"^ Observation. — Anévrysme spontané de l artère crurale du côté droit à la partie inférieure. Opération faite par M. Boyer^ suivant la méthode de limiter. — Succès.
Après les deux faits précédents, qui sont de 181^ et de 1815 , trois ans s'écoulèrent sans qu'aucun nouveau cas d'anévrysme se présentât à la Charité , dans le service que nous dirigions particulièrement M. Boyer et moi, sous notre chef comuuui, M. Deschamps, qui vivait encore. En 1818 il entra dans nos salles un nègre de la Martinique, âgé de trente-trois ans, ayant un anévrysme spontané à la cuisse droite. Cet homme , de moyenne taille et d'une belle constitution, avait nom Coco. li était domestique depuis quelques années, et comme tel n'avait jamais eu à remplir que des occupations très douces et peu fatigantes; mais antérieurement, et depuis l'âge de douze ans, il avait servi dans la marine, comme mousse d'abord, puis comme matelot. Ses travaux d'alors , les exercices violents auxquels il était astrehit, ont-ils pu préparer de loin, et d'une manière difficile au reste à déterminer , la formation de l'anévrysme? On peut le croire, surtout en ayant égard au siège de
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la maladie. Il semble , en effet, qu'il faille des causes un peu spéciales pour les anévrysines de l'artère crurale , qui sont si rares en comparaison de ceux de l'artère poplitée.
La tumeur occupait la moitié inférieure du tiers moyen de la cuisse; on pouvait croire qu'elle était limitée en bas par l'anneau du muscle troisième adducteur ; palpée à travers les parties molles, un peu chargées de graisse, qui la recouvraient , elle paraissait avoir à peu près le volume du poing , et rien ne manquait aux circonstances les plus propres à bien établir le diagnostic. Son caractère ressortait à la première inspection. Elle était d'ailleurs simple, en ce sens que le malade n'y ressentait pas de douleur, qu'il en était peu incommodé, et qu'il n'y avait ni état œdémateux , ni état variqueux du membre , derniers phénomènes qui , avec de l'engourdissement et des crampes dans le trajet des nerfs , sont le cortège ordinaire de l'anévrysme pôplité. Du reste, bien que paraissant plus intelligent que la plupart des hommes de sa race, le malade ne put donner que des renseignements fort incomplets sur le mode de développement de la tumeur, sur le temps où elle avait commencé à paraître et sur ce qu'elle avait pu présenter de particulier dans ses progrès.
Encouragé par le résultat de mes premiers essais de la méthode de Hunter,M. Boyer se décida à la pratiquer. luimême. C'est ce qu'il lit sur le nègre dont il s'agit , et sur deux autres malades qui suivirent celui-là , et dont l'histoire se trouvera plus loin. Dans deux des trois cas, l'événement a été des plus heureux. Dans le troisième , au contraire, comme vous le verrez, le malade a succombé à une gangrène survenue très tardivement , et lorsque les Kgatures étaient déjà tombées. Après cette triple expérimentation, dont nous fûmes l'un et l'autre très satisfaits, mais moi peut-être encore plus ({ue lui, M. Boyer m'abandonna tous les anévrysmes qui se présentèrent plus tard à nous , et me laissa pratiquer toutes les opérations qu'ils pouvaient nécessiter.
Ce fut donc lui qui opéra notre nègre martiniquain. L'opéra-
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tiou fut pratiquée le 3 septembre. Je n'ai pas Jjesoiu de dire que rexécutioîi en fut parfaite. Boyer avait suivi scrupuleusement le procédé que j'avais déjà mis deux fois en usage devant ses yeux. L'incision faite au bas de l'espace inguinal pour mettre à découvert l'artère crurale finissait à une certaine distance de la partie la plus élevée de la tumeur, et les deux ligatures destinées à être nouées sur un cylindre de sparadrap n'embrassèrent ni la veine crurale, ni aucmi cordon nerveux, mais bien seulement l'artère d'une manière immédiate. Consécutivement, tout se passa sans le moindre incident remarquable , et sans que la vie du malade lut un seul instant menacée. La tumeur, dont tous les phénomènes caractéristiques avaient cessé incontinent après l'interception du cours du sang dans l'artère crurale, perdit par degrés son voknne plus rapidement que je ne l'avais vu dans les deux cas que j'ai rapportés précédemment , et plus rapidement même que je ne l'ai vu depuis. Était-ce qu'elle ne contenait encore que peu de sang en caillots, et que celui que l'artère crurale y versait était presque entièrement liquide? Cela n'est pas impossible et la force de ses mouvements expansifs avant l'opération permet de le supposer. Dès le dix-neuvième jour, les ligatures étaient détachées, et le cylindre qu'elles embrassaient se présenta entre les bords de la plaie. Celle-ci guérit promptement, et le malade put quitter l'hôpital à la fin du mois d'octobre, cinquante-cinq jours après avoir été opéré. On avait peine à sentir un petit noyau ferme et compacte à la place que la tumeur primitive avait occupée.
XV^ Observation. — Anévrysme poplité du côté droit cliez une femme , opération par la méthode de Himter. — Succès sans accidents d'aucun genre.
C'était la première, et c'est l'unique fois, jusqu'à présent, que j'aie eu à observer un anévrysme spontané chez une femme ; ce qui distingue aussi ce cas du précédent, c'est qu'il s'agissait d'un anévrysme de l'artère poplitée au lieu d'un anévrysme
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de l'artère crurale. A part ces deux particularités relatives au sexe de l'individu et au siège de la maladie, les deux cas sont à peu près semblables l'un à l'autre.
La malade avait nom Marcelline Boileau : elle était âgée de quarante-trois ans. Depuis quelques années elle exerçait l'état de couturière, mais avant cela elle avait été domestique, et, comme telle, avait dû frotter des appartements, genre d'occupations auquel les femmes sont si peu aptes, et dont il serait vraiment bon qu'elles fussent dispensées. Je ne suis pas éloigné de penser que l'anévrysme poplité que nous avons eu à observer chez cette femme ait pu être favorisé dans son développement par les alternatives brusques de flexion et d'extension auxquels un tel exercice expose le membre inférieur ; mais je reconnais aussi que chez Marcelline Boileau, la maladie a pu dépendre encore de la flexion presque permanente des genoux dans l'attitude assise à laquelle plus tard cette femme avait été obligée par son état de couturière. Il y aurait eu chez elle ce qu'on voit plus particulièrement et plus fréquemment, ainsi que je l'ai dit, chez des tailleurs, des cordonniers, des tisserands, des remouleurs , et aussi , suivant Guattani , chez certains laquais.
Quoi qu'il en soit de mes conjectures sur ce point, toujours est-il que cette femme avait dans le creux du jarret, à droite, un anévrysme des mieux caractérisés lorsqu'elle entra à l'hôpital de Ja Charité au mois de mars de l'année 1819. Elle en faisait remonter l'apparition à six mois seulement ; depuis quelques semaines la tumeur avait fait des progrès rapides et considérables, à ce point qu'elle rempUssait tout l'espace pophté; toutefois elle n'était pas accompagnée des phénomènes que produit ordinairement la compression des nerfs, des veines et des vaisseaux lymphatiques. Se pourrait-il que ces phénomènes, tels que les dilatations variqueuses et l'œdème du membre, fussent moins fréquents et moins prononcés chez la femme que chez l'homme, à cause de la souplesse et de l'extensibihté plus grandes de toutes les parties qui circonscrivent ou forment le
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creux du jarret? Ces conditions doivent en effet permettre à la tumeur de se développer, sans que les parties qui l'avoisinent soient trop distendues ou trop comprimées.
La malade avait dû interrompre ses occupations, et comme elle éprouvait quelque difficulté à marcher, elle consentit sans peine à l'opération que M. Boyer et moi lui proposâmes ; elle désira même que cette opération lui fût faite sans délai. M. Boyer l'exécuta en ma présence le 2 avril. Tout se passa de la manière la plus simple, tant à cause de l'habileté de l'opérateur que parce que la cuisse était assez maigre. On n'éprouva aucun embarras pour découvrir et pour bien isoler l'artère crurale au bas du triangle inguinal. Autant qu'on put en juger par la persistance de la sensibilité dans le membre et par la facilité avec laquelle on y entretint une température normale , il n'y eut pas même un moment d'arrêt véritable dans la circulation : les suites et l'issue définitive de l'opération, tant pour l'entretien de la vie dans le membre que pour la disparition insensible de la tumeur du jarret, furent aussi simples qu'elles l'avaient été dans le cas qui précède celui-ci. Seulement les ligatures se détachèrent un peu plus tôt. Le dixseptième jour au matin, à l'heure ordinaire du pansement, le cylindre était libre entre les bords de la plaie. Marcelline Boileau est sortie de l'hôpital, parfaitement guérie, dans les derniers jours du mois de mai, deux mois juste après y avoir été admise.
XYl^ Observation. — Anéviv/sme poplité du côté gauche. — Opération par la méthode de Hunter. — Succès. — Après la cjnérison de cet anévrysme. apparition d'un autre anévri/sme de r artère poplitée droite.
Un ancien officier de cavalerie (M. Berlincourt), encore dans la force de l'âge, mais que des circonstances particulières avaient mis dans le cas de prendre sa retraite d'assez bonne heure , habitait Amiens, sa ville natale. En 1820 il avait cinquante-deux ans; des médecins qu'il consulta à l'occasion de
douleurs sourdes qu'il ressentait dans la jambe, et d'un peu de rigidité ou d'embarras dans les mouvements du genou, découvrirent dans l'espace poplité du côté gauche une tumeur ayant de fortes pulsations et des mouvements expansifs isochrones aux battements des artères : c'était un anévrysme qui avait pris déjà un développement assez considérable et sur la premièi-e apparition duquel le malade ne put rien dire de positif. Comme cet officier ne jouissait que d'une très médiocre aisance, le conseil lui fut donné de se rendre dans un hôpital de Paris pour y subir l'opération que sa maladie réclamait. Déjà on lui avait désigné l'hôpital de la Charité. Un inédecin qui était comme lui originaire de la Picai:die, dont la science a eu à regretter la mort prématurée , et que nous avions compté quelques années auparavant parmi nos collaborateurs, Baudelocque, de l'hôpital des Enfants, me présenta ce malade en me le recommandant d'une manière toute particulière. Il fut admis d^ns nos salles le 23 août : c'était en 1820, ai-je dit. Il avait toutes les apparences de la santé, tous les dehors d'une bonne constitution, et ne redoutait nullement l'opération qui lui avait été conseillée, et que moi-même je lui présentai comme étant pour lui la seule chaucede salut. Je ne crus pas nécessaire de le soumettre à de longues préparations, et je l'opérai le 31 août. 11 est inutile que je donne une description, même rapide, de cette opération. A mesure que j'avance dans mon exposition des faits, et maintenant surtout que j'en suis à faire connaître ceux qui ont été remarquables, soit par la simplicité de l'opération elle-même, soit par ses résultats favorables, je puis et je dois m'abstenir de certains développements, qui seraient fastidieux par leur uniformité autant que superflus. Ne suffit-il pas que j'indique ce qui distingue tant soit peu chaque cas en particuher, et ce qui surtout tend à en établir l'authenticité?
Quelques mots donc seulement pour ce (jui concerne ce malade. Simple et facile fut la ligature de l'artère crurale; promptement aussi s'accomplirent les phénomènes cachés dont devaient dépendre la. persistance de ta circulation et l'entretien