‹ Quarante années de pratique chirurgicaleChapitre 53 sur 74 · LETTRE VI. CONCLUSIONS SUR LES ANÉVRÏSMES · texte numérisé non relu

LETTRE VI. CONCLUSIONS SUR LES ANÉVRÏSMES

sauver la vie en pratiquant ramputation ! On voit quelquefois se former de simples eschares plus ou moins étendues, là surtout où la peau est soumise à une pression continue en même temps que la circulation est devenue moins active, et l'opération peut réussir malgré la formation de ces eschares; c'est ce qui a eu lieu après chacune de mes deux43remières opérations par la méthode d'Anel ou de Hunter, pratiquées pour des anévrysmes poplités. Trois fois, et trois fois seulement sur trente-trois cas, j'ai vu la gangrène se manifester à l'état de sphacèle général du membre. Chose digne de remarque, chez l'un de ces trois malades, la gangrène n'a débuté que vingt jours après le moment où l'artère crurale avait été liée : elle a fait des progrès lents, et le malade y a succombé sans que j'aie pu saisir un moment opportun pour l'amputer (n° 23). La gangrène, chez les deux autres, a occupé pareillement le membre inférieur, après la ligature de la même artère pour des anévrysmes poplités. (riiez eux, l'invasion du sphacèle a été beaucoup [)lus prompte et la marche plus rapide. Gomme la mortification avait paru se borner, j'ai cru pouvoir pratiquer l'opération de la cuisse; mais cette ressource dernière a été inutile, et les malades ont succombé (n°^ 27 et 31).

2° Toutes les complications ou locales ou générales des plaies, et je fais momentanément abstraction de l'iiémorrhagie, tous les accidents qu'on voit naître si souvent chez les sujets qui ont subi quelque opération sanglante, accidents dont les opérations les plus simples, les plus légères en apparence n'en sont point exemptes, pourquoi ne les verrait-on pas après la ligature d'une artère prin-

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