VIII VIE ET TRAVAUX
lorsque, dans ses leçons ou dans ses entretiens, le sujet qu'il traitait le ramenait vers quelqu'une des découvertes deBicbat, il en parlait avec une vivacité, un entraînement qui partaient autant de son cœur que de la juste admiration qu'il professait pour son illustre maître.
Sur un esprit jeune et ardent, l'amitié d'un tel homme devait avoir une influence immense : avec l'ardeur au travail elle devait nécessairement communiquer cette confiance que ne rebutent ni les plus grandes difficultés ni la crainte d'un insuccès. Bichat avait succédé à Desault, M. Roux osa continuer Bichat. Ce magnifique ouvrage de VAnatomie descriptive, que la mort avait interrompu, il le termina ; lui seul rédigea tout le cinquième volume. Certes, il fallait avoir en soi-même une bien grande confiance pour mener à bonne fin un pareil travail, et cependant ce n'était encore rien à côté de ce qu il allait entreprendre.
En 1802, à la mort de Bichat, M. Roux n'avait que vingtdeux ans. Malgré sa jeunesse, il n'hésita pas à s'emparer hardiment de l'héritage de son maître, et à continuer, avec ses seules ressources, ces cours particuliers, où affluait un si grand nombre d'auditeurs.
Le succès fut inespéré, et bientôt, à son tour, il prit rang parmi les jeunes professeurs dont l'enseignement particulier, tout en étant l'honneur de la Faculté de Paris, lui faisait alors une si rude concurrence.
Ce fut dans le cloître Saint-Jean-de-Beauvais, et plus tard dans la rue de la Huchette, qu'il ouvrit un amphithéâtre d'anatomie et de médecine opératoire. Vous dire l'affluence d'élèves