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et sautillants qui sont le propre de la musique bouffe.
La scène du défi porté par Lysiart à la vertu dEuryanthe, la belle invocation d'Adolar prenant le ciel à témoin de son amour et de sa foi dans la chasteté de sa fiancée, les protestations énergiques du chœur contre la gageure discourtoise du chevalier, tout cela est plein de grandeur et de majesté; on y sent d'un bouta l'autre ce souflle guerrier et chevaleresque des poèmes légendaires du moyen âge. cet enthousiasme noble et fier que respirent les chants les plus sublimes du Tasse et de l'Arioste. Et cette scène tout entière, qui n"est ni un chœur, ni un duo, ni un finale, ne peut par conséquent être classée dans Fénumération que M. Fétis a faite avec tant de parcimonie des parties les plus remarquables de la partition d'Eiiryauihe. M. Fétis est un homme haut placé dans festime des musiciens; il a travaillé comme un bénédictin et son érudition est vaste et profonde. Je ne ferai certainement pas acte de modestie en avançant qu'il est beaucoup plus savant que moi, beaucoup plus savant que je ne pourrai jamais l'ôtre, mais que je suis heureux d'être moins savant que lui quand j'entends cette musique de Weber qui me charme, qui m'émeut; qui tantôt me plonge dans de délicieuses extases, tantôt me passionne et m'électrise ! Pendant ces deux heures de ravissement, j'avoue que je m'inquiète fort peu de savoir si tel sujet est traité selon les règles de la fugue ou du contrepoint, si dans tel morceau d'ensemble il y a vraiment de Vembarras dans le mouvement des parties.