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XIV PREFACE

Ni les uns ni les autres n'ont raison, ce me semble.... « Je ne suis pas un wagnérien enragé, disait-il, et pas plus un wagnérien de parti pris, qu'un wagnérien sans le savoir. »

Il faut noter en outre que Reyer fut le premier à glorifier « M. Richard Wagner ». Il combattit pour lui en 1861, lors de la chute du Tannhauser, et lutta longtemps pour faire jouer à l'Opéra la Valkyrie, Lohengrin et les Maîtres Chanteurs. Pendant les années qui suivirent la guerre, il fallait certes de la noblesse et du courage pour oser parler de Wagner dans les termes où il l'a fait. Un patriotisme suspect veillait aux destinées de la musique française et Reyer, tout en rendant justice à la peu courtoise conduite de Wagner à l'égard de la France, ne cessa d'estimer ses œuvres comme il devait le faire, en artiste, et de réclamer leur représentation à Paris.

Mais s'il aimait, mettons s'il admirait Wagner, il ne pouvait souffrir le wagnérisme, à cause de ses suites. « Le seul musicien qui puisse faire de la musique wagnérienne, disait-il, c'est Wagner, ne l'oubliez pas !... »

Un autre nom qui revient sans cesse sous sa plume et que l'on rencontre presque dans chacun de ses feuilletons, c'est celui de Berlioz. Toute sa vie la pensée de Berlioz fut très vive chez Reyer.

PRÉFACE. W

C'est grâce à lui que fut joué le Selam, c'est sur ses conseils que. Reyer écrivit ses premiers ouvrages. « Couvert d'ans et de gloire », il parlait encore de lui avec l'émotion du disciple devant son maître. Si la reconnaissance et l'admiration sont pour beaucoup dans les sentiments qu'il portait à l'auteur des Troyens, peut-être y avait-il aussi la conscience que leurs deux destinées présentaient, du moins quant aux débuts, certaines ressemblances.

Pour si attaché qu'il parut aux classiques et à ses maîtres, Berlioz et Félicien David, Reyer se montrait aussi très favorable aux plus jeunes. Bizet, Lalo trouvèrent en lui un défenseur ardent.

«f Le jugement d'une génération sur l'œuvre des générations qui suivent est assez souvent d'une certaine mollesse, » a écrit M. Rémy de Gourmont. Toutefois les articles que Reyer publia sur les premières œuvres de Chabrier, de Godard, de César Franck et de M. Bruneau, dont il était par lui-même assez éloigné, témoignent d'une grande compréhension.

Ce qui plaît surtout dans les feuilletons de Reyer, c'est le style. Ses idées, très nettes, très arrt^tées,

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