‹ Quarante ans de musiqueChapitre 7 sur 27 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

très entières, il les traduisait en phrases courtes, concises, mordantes, d'un ton toujours spirituel, d'une écriture bien à lui et à la formation de laquelle Tamitié de Théophile Gautier n'avait pas été étrangère. Qu'on lise, dsins les Notes de Musique , V Histoire d'un 7nusicien et les Souvenirs d'A Uemagne. Cela est d'un grand écrivain, d'un grand écrivain classique. La phrase est nerveuse, pittoresque, amusante, colorée, vive. Il est à regretter vraiment que Reyer n'ait pas écrit ses Mémoires. De quel charme n'eussent-ils pas été!... J'espère pouvoir donner prochainement sa correspondance. H y a là des lettres exquises, des pages admirables.

Reyer a laissé de curieuses" aquarelles, où le souci d'exactitude dans le détail va jusqu'à la sécheresse. Son style, sans être sec, est tout pareil : minutieux, correct, serré. A chaque instant, de piquants souvenirs, des mots charmants, de plaisantes anecdotes. Peu de termes techniques.

Le moins musicien peut lire en entier les feuilletons des Débats : il n'y trouvera rien qui l'arrête, aucun de ces termes spéciaux, difficiles, barbares, dont la critique musicale contemporaine se plaît à obscurcir ses écrits et qui n'ont point d'intérêt pour ceux qui ne sont pas du métier. Reyer s'en gardait soigneusement. « Vous seriez bien avancés, disaitil à propos de Werther, quand je vous aurai dit que

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