‹ Quarante ans de théâtre (volume 4)Chapitre 16 sur 29 · LA GLU · texte numérisé non relu

LA GLU

Lorsque je lus le roman de la Glu, de M. Richepin, je ne me doutais guère que l'auteur dût en tirer un drame. Je n'aurais même jamais cru que la chose fût possible. Il n'y avait pas, à mon sens, ombre de drame en ce récit.

La Glu est une femme née dans un milieu honnête avec des instincts de courtisane. Elle a été épousée toute jeune, encore chaste et inconsciente de sa perversité future, par un brave médecin de marine, qu'elle a trompé, qui a tué son amant et l'a chassée du foyer conjugal. Elle est tombée, de la vie provinciale, dans le monde interlope k Paris. Elle y a vite conquis ce surnom de la Glu, qui témoigne de la puissance et de la ténacité des séductions qu'elle exerce. Loin de repousser ce sobriquet injurieux, elle s'en est parée, elle en a même tiré ses armes et sa devise : Qui s'y frotte s'y colle.

Un jeune homme, fils de famille, s'est laissé prendre à cette Glu. Il est riche, et l'on peut prévoir que la fortune de ses parents y passera sans parler de son honneur. Son

oncle le rappelle en Bretagne, et, pour le forcer à rentrer au giron de la famille, il lui coupe les vivres. Le jeune homme obéit. Mai la Glu ne veut point lâcher ainsi cette proie opulente. Elle quitte Paris, elle aussi, et va s'installer, en plein mois de mars, dans une petite villa coquette au bord de la mer, non loin de la maison de son amant.

Elle y est bientôt connue sous le nom de la Parisienne.

Elle rencontre dans ses promenades au bord de la mer un jeune pêcheur, qui est un beau et solide gars. Elle s'en éprend et le prend. Le charme de la Glu opère : voilà un garçon fou de désir et d'amour qui abandonne et ses filets, et le travail, et sa vieille mère pour s'oublier, et les jours et les nuits, au chalet de la belle, et pour rôder sous ses fenêtres, quand il n'est pas à ses pieds.

Elle a trouvé moyen en même temps de mettre la main sur cet oncle farouche et bête qui a si malencontreusement troublé ses amours à Paris. Encore un de collé à la Glu. Le hasard fait que le médecin de marine, qui l'a jadis chassée, demeure aussi à Guérande; il la reconnaît, et lui intime l'ordre de filer au plus vite. Mais elle brave insolemment ses ordres ; et comme le jeune pêcheur qu'elle tient entre ses griffes est malade, elle va le voir en sa cabane. Heureusement la mère est là qui veille à la porte; elle ne veut pas que la Parisienne lui reprenne son fils, et, comme l'autre fait mine de forcer la porte, elle l'assomme d'un coup de marteau. Le mari prend le meurtre à son compte ; c'est lui qui aura tué sa femme, surprise en conversation criminelle. Il est excusable devant la loi.

Ce qui m'avait frappé dans le roman, c'était moins le récit de ces aventures banales, où il est impossible de découvrir une situation neuve et intéressante, que le sens du pittoresque qui éclatait à chaque page du livre. Il était tout plein de paysages merveilleux ; les personnages n'agis-

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Baient pas; mais comme ils étaient peints d'une touche sobre, vigoureuse et âpre! Il se dégageait du livre comme un parfum salé de mœurs bretonnes. C'était une suite de tableaux, d'un trait grossi mais juste, et d'une admirable intensité de couleurs. Richepin, qui est un poète (vous vous rappelez sa Chanson chs Gueux), avait écrit tout le volume de ce style heurte, truculent, où les plus audacieuses familiarités de langage se mêlent aux images les plus éclatantes.

Mais ce sont là qualités de romancier, non d'écrivain dramatique. Que deviendrait la Glu au théâtre ? Je ne m'en faisais pas une idée.

Eh î bien, si vous croyez trouver dans l'œuvre nouvelle que vient de nous donner l'Ambigu un drame intéressant à suivre, que l'on écoute anxieux et haletant, et dont les situations, habilement amenées, vous étonnent et vous secouent, vous serez loin de compte. Mais l'auteur a eu l'art de porter sur la scène ce goût du pittoresque dont je parlais tout à l'heure. Il n'y a dans sa pièce rien de ce qui constitue un drame, ni action ni caractères, et avec cela, il n'est ni ennuyeux ni commun. Il occupe la curiosité de l'esprit, il saisit parfois l'imagination. C'est une tentative hardie et singulière.

Passons sur le premier acte, qui n'a rien de particulier. L'auteur nous y met au courant des faits : le vicomte de Kernant a rappelé son neveu, qui allait faire à Paris la sottise d'épouser la Glu. Cne Parisienne est venue s'installer au chalet des Bonnes-Femmes. Un mot nous indique que l'oncle de Kernant l'a déjà rencontrée et lui a fait la cour. Enfin on n'a pas de nouvelles du jeune pêcheur Marie-Pierre, qui a disparu depuis trois jours et trois nuits et que sa vieille mère cherche partout sur la plage. Toute cette exposition est bien faite, mais sans grande saveur.

Ali second acte, nous sommes à la baie des Bonnes-Femmes. A droite, la terrasse d'une villa, sur laquelle s'ouvre de plain-pied une porte-fenêtre. A gauche, de hautes falaises qui s'enchevêtrent et se perdent dans le lointain. La mer au fond. C'est le matin ; il fait encore nuit. On entend, loin, bien loin, dans la falaise, une voix traînante, qui crie désespérément : Marie-Pierre ! Marie-Pierre I La mère parait ; elle descend les rochers, jetant sa clameur lugubre. C'est Mme Agar qui a donné à tout ce rôle une fière et superbe tournure. Je crois lien que les pêcheuses bretonnes n'ont pas cet aspect tragique. Mais aussi les pêcheuses bretonnes, quand leur fils est allé courir une bordée chez une jolie fille, n'en sont-elles pas aussi désolées que paraît l'être cette vieille. Il y a dans tout cela un peu de convention.

A ses cris, Gillioury arrive. Cillioury, c'est comme qui dirait le barde de ce coin de la Bretagne. Il a toujours une guitare au dos, sait toutes les chansons, toutes les danses et toutes les légendes du pays; il a servi sur mer, et il en a rapporté un langage bizarre, tout plein de proverbes et de métaphores, que l'on n'entend pas toujours, car il parle d'une voix précipitée et mange la moitié de ses mots. C'est un de ces personnages d'exception qui tiennent à la fois de la réalité et de la fantaisie, comme l'école moderne les aime et excelle à les peindre. Ce Gillioury est peut-être, de tous les personnages de ce drame, la création la plus originale et la seule qui soit irréprochable. Car, n'ayant rien à faire qu'à surveiller le drame et à l'égayer, on ne saurait lui en vouloir s'il ne le fait pas avancer en même temps.

Ce Gillioury, qui est philosophe, tâche de consoler la vieille Marie des Anges. Yoilà trois nuits que son fils découche I Eh ! bien, ce n'est pas une si grosse affaire. Il reviendra, le gars! Tous les jeunes gens en ont fait autant et n'en sont pas morts. Il raisonne comme un sage, ce

joueur de guitare, et, si l'on avait le loisir de la réflexion, on trouverait que cette mère prend la chose trop au tragique, qu'elle est aussi crampon que l'autre est glu ; mais cette falaise, cette vieille femme dressée sur la montague, ce joueur de guitare lui parlant d'en bas, tout cela forme un si beau tableau, que l'on est pris par les yeux et que l'on oublie de critiquer.

Aux appels désespérés de la mère, la fenêtre de la fille ne s'est point ouverte. Gillioury s'avise d'une ruse. Il chante, en s'accompagaant de la guitare, une des chansons du pays qu'aimait Marie-Pierre. Et, en effet, voilà que sur la terrasse se montre Marie-Pierre. Il regarde où est le chanteur. Il l'aperçoit couché à terre. Car Gillioury a feint d'être tombé des rochers et de s'être cassé la jambe. Il espère, grâce à ce mensonge, tirer Marie-Pierre de la maison et le ramener à sa mère.

— Viens à mon secours, lui crie-t-il.

Marie-Pierre va s'apitoyer lorsque apparaît une forme blanche. C'est la Glu qui arrive, en peignoir :

Dans le simple appareil D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil.

C'est Mlle Réjane ; on jurerait que c'est Mlle Sarah Bernhardt elle-même. Mlle Réjane, dans cette lueur indécise de l'aube, maigre, svelte, avec une longue ligne serpentine de corps et des allures onduleuses, rappelle l'actrice qu'elle imitait si bien dans la revue des Variétés. Elle parle même comme elle ; l'illusion est complète, trop complète.

— Que fais-tu là? dit-elle durement à Marie-Pierre. Laisse donc là ce vieux pochard !

C'est alors que la vieille mère sort de l'ombre, et envoie de loin à la Glu une bordée d'invectives. La Glu n'est pas en reste, et toutes deux, l'une dans la langue des pêcheurs,

l'autre dans l'argot des boulevardiers, se lancent, en guise de projectiles, des épithètes injurieuses. Puis, la colère croissant, la mère s'arme d'une pierre, et la jette sur la terrasse, où elle brise les vitres de la fenêtre.

— Me laisseras-tu insulter ainsi ? crie la Glu furieuse. Et Marie-Pierre, exaspéré, soulève un des pots de fleurs

qui garnissent la terrasse ; il va le lancer du côté de sa mère :

— Xon, pas cela, s'écrie Marie des Anges épouvantée. Le bon Dieu te punirait. Je m'en vais pour t'épargner un crime.

Et le vase échappe des mains de Marie-Pierre consterné et se brise à terre.

— Rentrons et laissons cette vieille folle, dit la Glu à son amant.

Ils rentrent, la lumière qui brillait à la fenêtre de la maison s'éteint et le rideau tombe.

Au point de vue purement dramatique, tout cela prête à > t jutes sortes d'objections. Eh ! quoi, au second acte, on en est déjà là ! Un fils risquant d'assassiner sa mère sur l'ordre de sa maîtresse. Et qu'est-ce que c'est que la femme qui donne un pareil ordre ? Quoi ! si méchante ! si perverse ! Un pauvre diable est là, sous ses fenêtres, la jambe cassée ; elle le traite de vieux yochard. Une mère vient réclamer son fils, elle lui fait lancer un pot de fleurs à la tête. Mais, pour que je croie ces énormités, il faudrait qu'on m'eût présenté la Glu, qu'on me l'eût expliquée. Il n'y a pas beaucoup de femmes de ce calibre.

Et puis, que pourra-t-on faire de plus ou de pis aux actes suivants? Le théâtre ne va pas sans mouvement, et, pour qu'il y ait mouvement, il faut que la pièce marche d'un point à un autre, il faut qu'il y ait progrès dans les passions qui la poussent. Du premier coup, nous voilà au bout.

C'est que M. Riehepin, à vrai dire, et c'est ce que je lui reproche, n'étudie pas des passions j il met en scène des

instinct?. Ce Marie- Pierre n'aime pas, au sens où nous prenons le mot d'ordinaire. C'est un mâle déchaîné par le rut. Il court, en aveugle, à l'assouvissement de son désir, et, quand il a fini, il recommence. Et de même la Glu ne voit en lui qu'un beau et vigoureux gaillard, qu'elle appelle, comme la chatte miaulant la nuit au bord du toit.

Que ce miaulement soit dans la nature, je n'en disconviens pas. Mais, quand on l'a une fois entendu, c'est fini : il n'y a là ni variété de sentiments, ni analyse, ni progrès de passion. Il n'y a rien, rien que l'instinct égoïste et brutal de la bête.

L'acte suivant, nous menant au chalet qu'habite la Glu, ne fait que nous montrer les conséquences physiologiques de cette sorte d'amour. Marie-Pierre a une migraine horrible; il dort tout debout. C'est un homme hébété. Il a, pour nous servir d'une locution triviale dans un sujet qui n'est pas très relevé, il a mal aux cheveux. C'est la vérité ! Eli ! oui, c'est la vérité ; mais une vérité basse et rebutante. Quel intérêt, quel plaisir ai-je à voir ce jeune pêcheur prendre sa chevelure à deux mains, répétant : J'ai la tête lourde... j'ai envie de dormir..., parlant avec regret des homards qu'il aurait pu prendre s'il avait travaillé ? C'est toujours la même chose.

Un Parisien de beaucoup d'esprit me traduisait cette impression sous une forme bien boulevardière :

— Il m'ennuie, ce gars, me disait-il ; il parle toujours du homard, et jamais de la rémoulade.

Il y a du vrai dans cette boutade. Rien n'est plus monotone que la passion quand on la réduit au désir bestial. Il m'est impossible de m'intéresser à Marie-Pierre, et je ne prends guère plus souci de la Glu, qui n'a elle aussi que des sens, fricassés dans la perversité malicieuse de la Parisienne.

Oui, mais prenez les choses à un autre point de vue, au point de vue pittoresque ; comme tout cela est arrangé pour l'effet ! Je vous ai décrit le second acte : au troisième, il y a un tableau qui est d'une grâce merveilleuse. La Glu, qui est pressée par l'oncle, devenu jaloux de ce pêcheur, consent à passer huit jours avec lui à Xautes. Elle n'en dit rien naturelle ai eut à Marie-Pierre ; elle le laisse au chalet ; seulement elle a eu soin de donner ordre à sa camériste de laisser entrer la vieille et Gillioury.

Tous deux arrivent et trouvent Marie-Pierre affaissé, anéanti, abruti. Ils le consolent, ils le relèvent. Ils réussissent a lui persuader qu'il faut partir ; la vieille l'enveloppe dans sa cape et l'emporte comme un petit enfant serré dans les jupes de sa mère, et Gillioury suit en chantant et en dansant un air du pays. La mise en scène est délicieuse.

Le théâtre ne saurait être, cela est certain, une galerie de tableaux. Ce n'est point là son but. Mais il est certain que le goût du pittoresque jouera une rôle important dans l'art dramatique contemporain. C'est un élément nouveau de plaisir dont il faudra que les auteurs dramatiques tiennent compte à l'avenir dans leurs pièces. M. Richepin aura eu l'honneur d'accentuer le mouvement qui s'est déjà produit en ce sens depuis quelques années. Xous qui avons pour métier de suivre les révolutions du goût et d'en noter les progrès, nous n'hésitons pas à dire qu'avec les Mères ennemies, la Glu, quel qu'ait été le succès du premier drame, quel que puisse être celui du second, marque une rénovation dans l'art dramatique.

Le troisième acte n'est tout entier qu'un tableau de mœurs bretonnes. Marie-Pierre, reconquis par sa mère et par Gillioury, ne songe plus qu'à épouser Xaïk, une brave fille qui l'aime de tout son cœur. C'est la fête des sardinières, et elle a été élue reine : on la porte en triomphe ; la

vieille coutume est qu'elle peut choisir son roi, et que le roi sera laisse seul une heure pour réfléchir, mais que si, au bout de cette heure, il accepte, il devient, par cela même, fiancé de la reine. Je n'ai pas besoin de vous dire que tout ce tableau de la fête des sardinières est mis en scène avec beaucoup d'animation et de goût. Naïk a choisi Marie- Pierre. On le livre à ses réflexions.

Mais il vient d'entendre un mot qui lui a révélé que sa maîtresse s'était rendue à Nantes avec le comte. La jalousie Ta mordu au cœur et a réveillé chez lui la vieille passion endormie. Il se sauve pour retrouver la Glu, et, quand le cortège revient le prendre, il a disparu; c'est fini, il est retourné à son vomissement.

Le critique de peinture n'a rien à dire ; mais le critique de théâtre ? Au troisième acte, après la sortie de la vieille emmenant son fils, la pièce pouvait être finie. Elle recommence ; sur quoi ? Sur rien. Il reprend à Marie-Pierre une rage de passer à nouveau une nuit avec la Glu. Il n'y a pas de raison pour que, sa passion assouvie, il ne revienne au logis, et ne recommence ensuite. C'est l'histoire des matous au renouvellenent des saisons ; ils quittent le coin du feu et courent les gouttières. On n'a jamais là-dessus bâti une action dramatique.

Je passe rapidement sur le quatrième acte, parce qu'il est ou parce qu'il a la prétention d'être dramatique. L'auteur évidemment n'entend rien au théâtre. La Glu se trouve à la fois entre le vieil oncle, son amant de la veille, et le neveu, son amant du mois passé ; et le jeune pêcheur, son amant d'aujourd'hui; et le médecin de marine, son mari d'autrefois : tout cela est péniblement amené, par un homme inhabile à manier ces coups de théâtre. Marie- Pierre se casse la tête contre les murs de désespoir; on l'emporte tout sanglant, et le mari reste seul avec sa femme.

Et alors — voyez combien M. Richepin est peu auteur dramatique — nous avons à la fin du quatrième acte une explication entre le mari et la femme, laquelle aurait dû se trouver au premier ou au second; il est vrai que le tableau qui forme le second acte aurait dû, par contre, être reporté au quatrième. Tout ce que se disent et ce vieux mari, qui est un estimable et solennel imbécile, et cette Glu, qui est une gredine monstrueuse, n'a pas l'ombre de vraisemblance ni d'intérêt.

Ajoutez que la scène est mal jouée — c'est la seule dans ce cas. Le rôle du mari est échu à Lacressonnière, un remarquable comédien, mais qui joue vieux; j'entends qu'il use des procédés de l'antique mélodrame. Mlle Réjane est moderne jusqu'au bout des ongles. Ils sont excellents tous les deux, chacun dans leur genre. Mais leurs genre* sont incompatibles. La dissonance est trop forte.

Au dernier acte, la Glu vient clans la cabane de Marie- Pierre le réclamer. C'est là qu'elle reçoit son coup de hache. Car la hache a pris dans le drame la place du marteau. Ici l'action forme tableau, et la mise en scène est réglée avec infiniment d'adresse. Mlle Réjane se baisse pour recevoir le coup, dégringole l'escalier sur le dos et meurt, face au public. Cette face est toute couverte de sang. Tous savez que le public raffole de ces spectacles abominables. Grand bien lui fasse !

La Glu est donc une œuvre extrêmement curieuse, pleine de talent, mais qui vaut plus par le sens du pittoresque que par celui du théâtre, et nous sommes au théâtre. Je n'insisterai pas sur le goût de l'auteur pour certaines trivialités, qu'il croit extrêmement hardies, et que je me permets de trouver inutiles, quand elles ne sont pas dangereuses.

Le premier soir, en sortant du second acte, je marchais devant deux de ces admirateurs passionnés et chevelus

dont les secondes galeries étaient peuplées, et le premier disait à l'autre, avec un ton de conviction farouche :

— Les mangeurs de bouillie font la grimace; ils en verront bien d'autres; et il faudra qu'ils les avalent.

Les mangeurs de bouillie, c'était moi sans doute et quelques autres misérables critiques dénués de cheveux et de naturalisme. Je n'ai qu'un mot à répondre : Je souhaiterais sans doute à Scribe (pour ne pas citer d'auteurs vivants) le style vibrant et le goût du détail pittoresque qui distinguent M. Richepin. Mais c'est égal, si M. Richepin veut m'en croire, il étudiera Scribe.

5 février 1883.

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