‹ Quarante-cinq années de ma vie (1770 à 1815) publié avec des annotations et un index biographiqueChapitre 4 sur 25 · INTRODUCTION X · texte numérisé non relu

INTRODUCTION X

le prince Henri (comte cl'OEls) : ^^ C'est en présence de la vertu conronnée de fjloire que 1^ Académie remet ce prix..., etc. .. (1). i'

I.e prince Henri n'ayant pas d'enfant et une prédilection pour le prince Louis-Ferdinand, désigna ce neveu direct pour son héritier.

\é avec les plus nobles (jualitcs, le prince Louis- Ferdinand (frère de la princesse Louise) serait certainement devenu un grand capitaine, si un caractère plus stable et une éducation plus soignée eussent été son partage. Malbcureusement, au lieu d'entourer sa jeunesse de personnes supérieures, (|ui auiaient donné une base soli(!e à la vie du Prince, on fit des choix déplorables et incapables d'utiliser les forces innées de cette nature ardente, et d'en tirer des avantages pour l'État.

Jeune, beau, un des plus hardis cavaliers de la Monarchie, distingué par cette renommée que donne un bouillant courage dans le danger et par sa fougue dans les jouissances de la vie, le prince Louis-Ferdinand était l'idole du soldat et de tous ceux qui avaient pénétré jusqu'à lui : la gloire va si bien à la jeunesse!

(1) A la suite de démêlés avec Aime de Pompadoiir, dont il lut l'iunoi^ cente victime, Latude, militaire français, avait été enlcrmé durant trentecinq années à la Bastille et dans les plus affreux cachots. Mlle Legros, simple mercière, ayant trouvé, par hasard, un des Mémoires de Latude, fut émue de ses souH'rances, força toutes les portes et arriva à le délivrer. Latude laissa un récit de sa longue captivité.

X IXTRODLCTION

Le roi Frédéric-Guillaume III, (jui lui attribuait une ambition démesurée, s'en inquiétait, et la perte de ce Prince si chevaleresque ne paraît même pas l'avoir beaucoup touché. Frédéric-Guillaume III, trouvant qu'on ne pouvait rien confier à un Prince qu'on disait turbulent, ne voulut pas profiter de ses remarquables aptitudes.

Pourtant, toujours occupé des grandes affaires de l'Etat et de sa patrie, toujours altéré d'honneur et de grandeur, le prince Louis-Ferdinand avait déjà montré la plus haute valeur dans les campagnes de 1792 et de 1795, quoiqu'il n'eût qu'à peine passé vingt ans. Il avait combattu avec ce sentiment excessif de bravoure (jui \c dominait et la gloire semblait le suivre partout, comme Bossuet le disait du Grand Condé.

li'horizon vint à se rembrunir pour la Prusse, Ce fut après la paix de Bàle, et surtout en 1805, que le rôle de son pays ne parut plus au Prince ni honorable, ni prévoyant. Il en fut très troublé. Le prince Louis- Ferdinand appartenait à l'opinion contraire à Napoléon. Considérant cette résistance comme un devoir patriotique, il devint le chef de ce parti, se rendit gênant au gouvernement, ainsi qu'au Souverain qui lui en montra de l'humeur et ne sut pas comprendre tout ce qu'avait d'élevé celui qui écrivait à Kahnel (Madame V^orhagen de Knse) : '■ Je ne survivrai pas à la défaite de mon pays. Si nous avons ce malheur , je mourrai . » Il fut,

en effet, la première victime illustre de la guerre de 1806. Tué dans le combat d'avant-garde, à Saalfeld, ce second Roland, abandonné de tous, trouva dans sa fin héroïque la réalisation de ses propres paroles.

Le cœur saignant par la mort de ce frère, auquel elle trouvait, avec raison, qu'on ne rendait pas assez jusiice, la princesse Louise suivit partout fidèlement la famille royale dans sa tuile de Berlin, en 1806, et n'y rentra qu'à sa suite, en 1809, après de rudes alternatives d'inquiétudes, de chagrins, de blessures, de misères, de péripéties de toutes sortes, le vainqueur n'ayant rien su leur épargner.

Je veux espérer (jue non seulement l'Allemagne et la Pologne trouveront de l'intérêt dans les récits de la princesse Louise, mais aussi un peu la France, car l'épopée napoléonienne conserve toujours son prestige.

Le prince Guillaume Radziivitt mourut en 1870, léguant tous ses papiers à son fils aîné, le prince Antoine, mon mari. J'eus donc souvent la bonne fortune de lire les Mémoires laissés par sa grand'-mère, et de les étudier avec soin.

Après la mort de mon mari dont j'étais l'exécuteur testamentaire, je déposai moi-même tous ces écrits

XII 1 XTUOOIJCTION

aux archives de Xiéswiez (en Lithuanie), d'où mes entants les retirèrent pour nie prier de m'occuper de leur publication. C'est ce qui me donne l'occasion de m'adresser de nouveau au public. J'ose réclamer de lui la même indulgence que celle avec laquelle il a accueilli la Chronique de la duchesse de Dino, cette filleule alTectionnée de la princesse Louise.

CASTELLAXE-RADZIWIhf. - Bciliii, mars lOll.

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