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trouve que, par cette histoùe d’un groupe iamiba! écrit, du point où il i aperçoit, une histoire hum •• là, il se rattache aux grands pennies qu. >.ut p vie de ceux qui les entouraient, mais il ne ?e mta^ aux peintres qui transposaient la réalité, qui costum- ; leurs personnages et les faisaient paraître au centre mises en scènes ingénues ou théâtrales. Il est de ceux qu, ne voulaient rien entre eux et la réalité, qui trouvaient cet!» réalité suffisamment belle, mystérieuse et grandiose poui vouloir i exprimer telle qu’ils l’apercevaient.
Il fut ainsi lorsqu’il devint le portraitiste incomparabk qu’il a été, un évocateur du dedans par le dehors, de i pensée par la forme. 11 semble que la matière des portrait de Carrière soit d’une substance vivante où il y a de h spiritualité. Les fronts pensent, les veux voient, les bouche-,
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avouent des secrets profonds. Une telle œuvre qui raconte l’enfance, la maternité, la jeunesse, et qui définit tant d'êtres, est suffisante pour la gloire d’un artiste. Carrière a pourtant touché d’autres sommets et montré qu’il pouvait s’y tenir. Il a dressé le Christ en héros conscient de son sacrifice. Il a fait son chef-d’œuvre de grande peinture avec le Théâtre de Belleville, où il est le peintre du silence et de l’émotion populaires. A travers tout cela, son talent avait évolué. Il avait imposé sa manière de voir les formes à une certaine distance, à travers une atmosphère visible, et peu à peu, il avait représenté ces formes par leurs volumes et leurs nuances jusqu’à leur donner la force et l’équilibre de belles statues.
On verra mieux cette évolution, on suivra la marche victorieuse de ce grand art, s’il est fait un jour une exposition complète de son œuvre. A l’instant où j’écris, toutes les pensées de ceux qui l’ont admiré sont en deuil. Pour ceux qui Font connu et aimé, ce deuil sera de toujours. Je ne puis m’empêcher de songer au compagnon d’autrefois, si alerte, de si belle gaîté et de si vif courage, en même temps qu’à l’agonisant d’hier, le corps vaincu par le mal, le visage souriant, l’esprit libre. C’est cet esprit qu’il laisse aux siens, qu’il laisse à ses amis. Gardons-le, avec son souvenir et son exemple.
L'Aurore, 29 mars 1906.
Carrière se trouvant brosser une étude pour mon portrait, pendant qu’il me faisait poser, je l’interviewais sur la formation de son talent, et voici à peu près ce qui ressortait de ses paroles, coupées par des coups de brosse, donnés comme avec un bâton de chef d’orchestre, coupées par des regards pénétrants, qui me semblaient pomper ma vie.
Une jeunesse passée jusqu’à dix-huit ans à Strasbourg, sans l’ouverture des yeux, sans la fréquentation du musée, sans le regard amoureux sur les tableaux.
Les délicates et mystiques peintures de Martin Schœn, à l’église Saint-Pierre-le-Vieux, il ne s’apercevra de leur présence que lorsqu’il repassera plus tard à Strasbourg. A dix-neuf ans, où son existence est transportée à Saint- Quentin, devant cette salle garnie, de haut en bas, de plus de quatre-vingts têtes de La Tour, devant ce stupéfiant musée, paraissant avoir gardé toute vive, contre ses murs, la vie d’une société morte, il y a en lui, pour la première fois, un éveil de peintre jusqu’alors sommeillant; et peutêtre ces préparations d’un des plus grands dessinateurs de la figure humaine, lui inspirèrent l’amour de la construction, que, plus tard, il apporta dans ses portraits. Alors l’année qui suit la guerre de 1870, où il est prisonnier en Allemagne, et étudie sérieusement le musée de Dresde, et le faire et les procédés des maîtres anciens. Puis encore les années allant de 1872 à 1876, passées à l’Ecole des Beaux-Arts, où il était déjà avant la guerre, années passées là sans grand fruit, sans résultat bien appréciable. Enfin cinq années de retraite, dans un coin perdu, à Vaugirard, où, femme et enfants pour modèles, sa vie est une vie de travail du matin au soir, et encore bien avant dans la nuit, une vie de travail acharné, sans trêve, sans repos, avec, en ce travail, quelque chose de passionné, de fié-