CHAPITRE YII
]E paravent était placé près de la porte derrière laquelle on entendait des pas et , des voix. L'autre porte par laquelle ■"^ l'Empereur était sorti s'ouvrit, quelqu'un entra en courant et la voix de Levachev se fit entendre :
— Mais appelez donc le chirurgien pour le saigner !
« La question existe en Russie », — se rappela Galitzine, et il prêta l'oreille à ce qui se passait derrière la porte. La lourde portière étouffait les sons. Il passa la tète par-dessus le paravent. Sauf les deux sentinelles qui se tenaient comme deux statues à la porte à l'autre bout de la salle, il n'y avait personne.
Galitzine écarta la portière et vit que derrière la porte était légèrement entr'ouverte. Il regarda par l'interstice; il faisait sombre : la porte était double. 11 poussa le battant et entra dans l'espace sombre entre les deux portes. Il heurta une chaise : probablement pendant les interrogatoires quelqu'un s'asseyait ici pour écouter. La seconde porte était, elle aussi, légèrement entr'ouverte et masquée de l'autre côté par une portière. Galitzine l'ouvrit un peu plus, écarta la portière et regarda.
C'était une petite salle, toute garnie de tableaux, — pour la plupart des copies d'anciennes peintures italiennes de l'école du Pérugin et de Raphaël ; elle était connue la grande salle éclairée par une multitude de bougies. Juste en face de lui quelqu'un était couché sur un canapé. Dans un fauteuil, tournant le dos à Galitzine, Benkendorf était assis cachant la personne
étendue : on ne voyait que ses pieds couverts d'un plaid et le coin blanc de l'oreiller. Là tout près se trouvaient assises ou debout quelques autres personnes : Levachev, le Commandant du Palais Bachoutzky, le grand maître de la police Choulguine et un civil, en frac, en perruque, portant des lunettes, l'air d'un juif, — probablement le chirurgien. Un instant après entra un autre civil, gras et roux, en habit brun et crasseux, qui tenait une de ces cuvettes de barbier en cuivre dont on se servait pour les saignées.
— Comment allez- vous, mon ami ? — demanda Benkendorf.
■ — ■ Très bien, très bien, étonnamment bien, — répondit le personnage étendu sur le canapé. — Jamais je ne me suis senti aussi bien.
— N'avez-vous pas mal à la tête?
— Non, c'est passé, tout est passé. L'esprit alerte, la raison claire, l'âme tranquille, le cœur comme auparavant innocent et jeune. Jamais, jamais je n'ai été aussi heureux. Jusque dans mon cachot j'ai eu de tels moments de félicité que j'en devenais presque fou, je parlais, je parlais sans cesse, je racontais mes sentiments aux murs muets : à défaut des hommes ce seront les pierres qui m'entendront et les pierres crieront. Je criais, je chantais, je dansais, je sautais comme une bête dans sa cage, comme un homme ivre, comme un possédé. Le commandant Soukine, — excellent homme, mais quel noml s'il a un fils il serait inconvenant de le nommer, — ce pauvre Soukine pensait que j'étais devenu vraiment fou. Il envoya chercher le médecin et voulait m'attacher. Il ne comprenait rien, personne ne comprend rien. Mais vous, Excellence, vous comprenez. Vos yeux me plaisent extrêmement. Ils sont intelhgents et bons. Ou plutôt l'un est
,bon et l'autre un tout petit peu rusé...
— Hé I hé 1 Vous êtes très bon observateur. — Benkendorf rit.
— Vous n'êtes pas fâche? De grâce, ne vous fâchez pas. Je ne sais pas ce que je dis. Mais (l'abord ça ne sera pas ça, puis ensuite ça viendra. J'ai terriblement envie de parler. Permettezmoi de parler, Excellence.
— Parlez, mais ne vous énervez pas, sans quoi A'ous allez encore vous sentir mal.
— Non maintenant, ça ira bien, très bien. Je dirai tout. Auparavant je pensais : il faut taire les noms. Et maintenant je pense : les taire à qui? A l'Ange? Car l'Empereur est un ange, ce n'est pas un homme ; maintenant je m'en rends compte moi-même. Vous aussi. Est-ce qu'on tait les noms à de telles personnes? Nous n'avons à attendre de vous que du bien. Vous saurez tout. Je dirai tout. Je vous conduirai à la racine. L'affaire ira bon train. Maintenant je parlerai avec conviction. Ça m'est agréable. Je tâcherai de bien faire. Excellence. Vous verrez : je dénoncerai méthodiquement, régiment par régiment. Je n'épargnerai personne. Je nommerai même ceux que vous n'auriez jamais soupçonnés. Mais lui où est-il donc? Pourquoi n'est-il pas ici? C'est à lui personnellement que je veux...
— D'abord à nous, à lui ensuite, — répondit Benkcndorf.
— Non, à lui d'abord, à l'Ange ! Je veux aller chez lui... Pourquoi ne me laissez-vous pas aller? Vous devez me laisser passer, je l'exige I
Il se souleva tout à coup sur le canapé comme s'il voulait se dresser et courir. GaUtzine vit sa figure, comme tout à l'heure celle de Ryliev, inconnue, méconnaissable : c'était le prince Alexandre Ivanovitch Odoïevsky. Galitzine recula, tomba sur la chaise, ferma les yeux, se boucha les oreilles pour ne plus voir ni entendre. Mais pas pour longtemps : une curiosité avide le "domina. Il se leva, écarta de nouveau la portière €t regarda.
Odoïevsky était à demi étendu sur le canapé
de sorte que Galitzine pouvait maintenant voir son visage. Il paraissait presque bien portant, peut-être parce que l'ardeur de la fièvre empourprait ses joues. C'était toujours ce même « charmant Sacha )), ce « doux garçon » ; il avait toujours cette grâce enfantine, presque féminine : « Telle une branche de muguet sous la faucille meurtrière. »
— Jusqu'au Quatorze, j'étais tout à fait innocent, — disait-il avec une confiance aussi calme, aussi joyeuse que s'il causait avec ses meilleurs amis. J'ai été élevé à la maison. Maman m'a donné une éducation exemplaire. Jusqu'à sa mort elle ne m'a pas quitté des yeux. Et moi j'adorais ma mère... Mais à quoi bon parler de cela ? Lorsqu'elle mourut c'est à peine si je pus lui survivre. Je suis entré dans un régiment. A vingt ans j'étais encore tout à fait enfant. Je suis d'un naturel insouciant, étourdi et paresseux. Je n'ai jamais eu aucun souci dans ma vie. J'ai été trop heureux. Ma vie n'était que fleurs. J'écrivais des vers et je rêvais au siècle d'or de l'Astrée. Comme tous les jeunes gens je parlais en l'air de la liberté sans aucun dessein. Ryliev de même. Voilà comment nous nous sommes liés.
— C'est Ryliev qui vous a introduit dans la Société Secrète? — demanda Benkendorf.
— Non, ce n'est pas lui. Je ne me rappelle plus qui. D'ailleurs il n'y avait pas même de réception. Tout n'était que bêtise, enfantillage, évaporation du cerveau surchauffé de Ryhev. Car que peuvent faire trente ou quarante jeunes gens rêveurs, romantiques, « somnambules » comme disait Galitzine.
— Quel Galitzine? Le prince Valerian Mikhaïlovitch? — demanda Levachev.
— Mais oui. Et quoi donc?
— N'est-ce pas lui qui à la proposition de Pcstel d'exterminer tous les membres de la fa-
mille régnante répondit : je suis entièrement d'accord avec vous?
— Peut-être ; je ne me rappelle pas.
— Essayez de vous rappeler.
— Et pourquoi avez-vous besoin de cela?
— C'est très important.
— Ce n'est pas important du tout. Bêtise I Excellence, pourquoi m'interroge-t-il ainsi? Ne le lui permettez pas. Nous ne sommes pas des mouchards, des espions.
Benkendorf cligna de l'œil à Levachev.
— Ne vous fâchez pas, mon ami, il ne le fera plus. Vous vouliez nous raconter comment vous avez passé la journée du Quatorze.
— Oui, je le voulais. Seulement tout est comme dans un songe. On ne peut pas raconter un songe. J'ai passé la nuit de garde au Palais. Jen'ai pas fermé l'œil, j'étais fatigué comme un chien. Le sang me montait à la tête : cela m'arrive souvent après une insomnie. Le matin je suis allé au café de Loreda pour acheter des bonl)ons acidulés au citron. Je les aime beaucoup. Ensuite je suis allé vers la maison, pour me coucher. Tout à coup me voilà sur la place du Sénat ; on m'a entraîné dans le carré. Vingt fois j'ai essayé de m'en aller. Mais on m'embrassait, on m'étreignait et je suis resté, je ne sais pas moi-même pourquoi...
— Vous teniez un pistolet à la main? — demanda Benkendorf.
— Un pistolet? Possible. Quelqu'un me l'aura fourré...
Levachev se mit à écrire quelque chose au crayon sur une feuille de papier.
— • Excellence, pourquoi inscril-il? Le pistolet, c'est une vétille. Et puis je ne me rappelle pas. Peut-être même qu'il n'y en avait pas...
— Et vous avez vu quand on a tiré sur le comte Miloradovitch?
— Oui, j'ai vu.
— Qui a tiré?
— Ça, je n'ai pas vu.
— C'est dommage. Vous auriez pu sauver un innocent.
— Eh, messieurs, vous parlez toujours à côté. Est-ce absolument nécessaire?
— Absolument.
— Eh bien, prêtez l'oreille.
Benkendorf se pencha et Odoïevsky lui murmura quelque chose à l'oreille.
— Et après la fusillade, — se mit-il à raconter de nouveau à haute voix, toujours calme et gai, — je suis allé en traversant la Neva sur l'île Vassilievsky et de là sur la Moïka, chez l'écrivain Jandry. La vieille Jandry — elle m'aime beaucoup — m'a vu et s'est mise à beugler : fuyez ! Elle m'a jeté de l'argent. J'ai perdu la tête encore davantage. Je suis allé à l'aventure. J'ai voulu me cacher sous la terre, sous la glace. Les gens me regardaient dans les yeux comme des corbeaux dans les yeux des mourants. J'ai passé la nuit dans un fossé sous le pont. Je suis tombé dans un trou de la glace, je me suis presque noyé, j'étais gelé. Je sentais déjà la mort. J'en suis sorti fou. Le matin j'ai continué mon chemin. Pendant deux jours j'ai rôdé, Dieu sait où ! J'ai été à Katerinhof, à Krasnoï. Je me suis acheté une pelisse de mouton, un chapeau de fourrure, je me suis déguisé en paysan. Revenu à Pétersbourg, je me suis rendu chez mon oncle, Vassia Lanskoi, le ministre. Il m'avait promis de me cacher, mais au lieu de cela il est allé lui-même me dénoncer à la police. Alors j'ai pensé : ça va mal, et je me suis présenté chez vous...
— Vous ne vous êtes pas présenté. On vous a amené, — rectifia Bachoutzky.
— On m'a amené? Je ne me rappelle pas. Je voulais moi-même... En Russie on ne peut pas se sauver. J'en ai fait l'expérience. L'homme russe est courageux comme une épée, ferme comme un
roc, tant qu'il a Dieu et le Tsar dans l'âme, mais sans eux, c'est un torchon, une canaille. Tout comme moi en ce moment. N'est-ce pas. Excellence, que je suis une canaille? — demandat-il en se tournant tout à coup vers Benkendorf et en le regardant droit dans les yeux.
— Pourquoi donc? Au contraire, vous êtes un noble cœur. Vous vous êtes trompé et maintenant vous vous repentez.
— Ce n'est pas vrai. Je vois à vos yeux que ce n'est pas vrai. Vous dites : noble et vous pensez : canaille. Quoique vous aussi, messieurs, — il promena lentement ses regards sur eux, son visage pâlit, se décomposa, — vous écoutez une canaille. Vous êtes beaux, vous aussi. Je perds la raison, vous écoutez, vous en profitez. Seigneur, Seigneur, que faites-vous de moi? Bourreaux, bourreaux tortionnaires 1 Soyez tous maudits I
De nouveau Galitzine recula, ferma les yeux, se boucha les oreilles pour ne plus voir ni entendre. Mais poussé encore par sa curiosité avide, il écarta la portière, regarda, écouta.
Odoïevsky était couché silencieux, sans bouger, les yeux fermés comme s'il avait perdu connaissante. Ensuite il les ouvrit et recommença à parler vite, vite, indistinctement, comme dans le délire :
— - Eh bien, soit I Tous canailles, tous nobles. Innocents, malheureux. Bêtes et anges à la fois. Des anges déchus qui se redressent. Seulement il faut le comprendre. « La sagesse divine règne sur le monde... Es herrscht eine alhveise Gute lii)er die \Velt. » C'est Schelling, l'Allemand, qui l'a dit... Et en russe, « l'Intercession de laVierge ». Et la voici elle-même, voyez-vous?
Juste en face de lui était pendue une copie de la Madone de la Chapelle Sixtine de Raphaël. Galitzine y jeta un coup d'œil et soudain se rappela à qui ressemblaient les yeux de Marinka lorsque la nuit de son arrestation, penchée sur
QUATORZE DÊCEMBHIi 13
la rampe, elle le regarda pour la dernière fois descendre l'escalier.
— Quels yeux, — continua Odoïevsky en regardant la Madone avec un attendrissement extasié. — Comment est-ce que l'on chante dans les chansons russes? « La Terre, notre Mère à tous. » La Russie, c'est la mère. La mère de tous les affligés. Mais il est défendu de parler de cela. Excellence, ne vous fâchez pas contre moi, je vous dirai tout. Vous saurez tout. Je me reposerai seulement un peu et je reprendrai ensuite. Kachovsky a fait feu, Obolensky a donné des coups de baïonnette au cheval et Kuchelbecker a visé le Grand-Duc, mais son pistolet n'est pas parti. Ça ne fait rien, ça ne fait rien : écrivez ; autrement vous oublierez. Et quoi encore?... Et d'ailleurs tout ça ce sont des vétilles. Encore une fois ce n'est pas ça... Mais quand j'étais en train de geler dans le fossé sous le pont, alors c'était ça, c'était bien ça... Des petites tasses dorées, vertes. Étant enfant, nous buvions du lait dans ces tasses chez maman, à la campagne, à l'entresol, avec des fenêtres cintrées qui donnaient sur un bosquet de bouleaux... dorées, vertes comme la lumière du soleil à travers les jeunes feuilles des bouleaux. C'était si bon 1 Et maintenant aussi... Seulement ne vous fâchez pas, mes chers, mes bons amis. 11 ne faut pas vous fâcher et tout sera bien. Pardonnonsnous les uns aux autres, aimons-nous les uns les autres. Donnons-nous la main et chantons, dansons comme des enfants, comme les anges divins au Paradis, au siècle d'or de l'Astrée.
Il parlait de plus en plus bas et enfin il se tut, ferma les yeux comme s'il s'était endormi ou avait perdu connaissance. 11 souriait dans son sommeil et de douces larmes coulaient sur son visage. Benkendorf l'embrassa au front avec une tendresse qui peut-être n'était pas feinte.
A l'autre bout de la salle, une portière aussi
lourde que celle derrière laquelle écoutait Galitzine bougea tout à coup, s'écarta et l'Empereur entra.
Tous l'entourèrent en parlant à voix basse pour ne pas éveiller le malade. Seules des phrases hachées parvenaient jusqu'à Galitzine.
— On peut craindre la fièvre chaude...
— Il faut le saigner, lui mettre de la glace sur la tête...
— Déposition importante...
— Mais c'est du délire, des paroles d'insensé. Et s'il accuse quelqu'un à tort?
— Cela ne fait rien. Nous débrouillerons tout ça...
Galitzine ne se rappela plus comment il était revenu à son ancienne place, dans la grande salle, derrière le paravent. Il resta longtemps dans une sorte de torpeur insensible.
Soudain il vit Levachev. Assis à la petite table de jeu, il rangeait les papiers. Galitzine se leva brusquement et se jeta sur lui si précipitamment que Levachev tressaillit, se retourna et à son tour se dressa.
— • Qu'es'.-ce qu'il y a? Qu'avez-vous, Galitzine?
— Conduisez-moi chez l'Empereur.
— L'Empereur est occupé. Si vous avez quelque chose à dire, dites-le-moi.
— Non, chez l'Empereur, tout de suite, tout de suite, immédiatement I
— Voyons, monsieur, qu'avez-vous à crier? Vous perdez l'esprit?
— Je perds l'esprit ! Je perds l'esprit ! Vous avez déjà fait perdre la raison à l'un. En voici un autre 1 La question existe en Russie. Vous en avez torturé un. l^Ji bien, à l'autre! Tous les deux ensemble I Tirez-nous les nerfs, brûlez-nous les talons ! Oh 1 les canailles, les bourreaux, les tortionnaires 1 — cria (ialitzine en fureur, lapant du |)ied, levant le poing.
Levachev le saisit par les mains, mais il se dégagea, le repoussa et courut sans savoir où ni pourquoi. Une pensée traversait sa tête : tuer la Bête ou, sinon la tuer, du moins l'insulter, la frapper, lui cracher au visage.
— Arrête-le et tiens-le I — cria Levachev aux deux sentinelles qui comme deux statues se tenaient toujours à la porte à l'autre bout de la salle. Ils tressaillirent, s'animèrent, comprirent et se lancèrent à la poursuite de Gahtzine.
— Mikouline 1 Mikouline ! — criait Levachev d'un air efîrayé comme si trois hommes ne suffisaient pas à venir à bout d'un seul.
— Présent, Votre Excellence ! — L'officier de jour, le colonel Mikouline apparut, comme s'il sortait de sous terre, suivi de cinq chevaliersgardes, cinq gaillards roux casqués et cuirassés de cuivre : toute une armée contre un homme désarmé. Quelque part au loin se montra la figure de l'Empereur, mais elle disparut aussitôt.
Galitzine fut entouré, serré, saisi. Quelqu'un l'ayant pris par derrière le pressa avec une telle force qu'il manqua d'étouffer, un autre le saisit à la gorge, un autre encore le frappa au visage. Mais il ne se rendait pas, il luttait avec cette force décuplée que donne la fureur.
Tout à coup quelque part au loin un cri se fît entendre. Galitzine reconnut la voix d'Odoïevsky. Ni sur le moment ni plus tard il ne put comprendre ce qui arrivait : le malade réveillé avaitil eu peur en entendant le bruit de la bagarre ou tandis qu'on le saignait s'était-il imaginé qu'on le torturait, qu'on l'égorgeait? — mais ce cri fut^errible. Et Gahtzine répondit par un cri pareil. Si quelque étranger avait pu entendre, il aurait pensé que c'était vraiment la chambre de la question ou une maison de fous.
— Des cordes 1 Des cordes ! Liez-le. Mais qu'a-t-il à hurler, la canaille? Bouchez-lui la gu.... I
Galitzine sentit qu'on le bâillonnait, qu'on lui liait bras et jambes, qu'on le soulevait, qu'on l'emportait.
Il se résigna, s'apaisa, ferma les yeux. « 3,Iaintenant c'est bien. Tout est bien », dit une voix.
Lentement, dans un brouillard rouge, passa devant lui le visage blanc de la Bête. Galitzine perdit connaissance.