DÉCEMBRE
Virginia City. — Machines employées à la mine Savage. — Le Comstock Lode, -- La mine Consolidated Virginia, - Les maisons de jeu à Vir” ginia City. — Le canal Sutro, — Le California Mill, -- Traitement du minerai, — Le Brunswick Mill. — Le bois amené par les flumes, — Carson City. — L'État de Névada.
9 décembre, — C'est une véritable maison roulante que le car de M. Scott. Il est pourvu dechambres, d'un salou, d'une salie à manger, d'une cuisine, et à l'arrière d'une plate forme spacieuse d'où l’on peut, agréablement assis dans an bon fauteuil, admirer à son aise le paysage. Nous sommes arrivés à deux heures etdemie du matin à Carson. On a garé notre car et nousavons tranquillement dormi jusqu'au matin sans nous déranger.
A huit heures nous partons pour Virginia City. La voie ferrée qui nous y mène décrit des courbes très accentuées. Elle à offert des difficultés Ga construction très grandes et a coûté 100,000 dollars lemnille. Le trafic y est très considérable. Il n’y a pas d’autre route pour ameper àteusles moulins quise trouventsur le Ccrson River le mine’ai tiré de Virginia City. Il passe quarante-cinq trains parjour. Les rails sonten acier ;ils ont, audire du
VIRGINIA CITY 169 superintendant de laligne, une durée cinq fois plus grande que les rails ordinaires ; aussi, malgré quelques inconvénients graves, ils ont été acceptés Géfinitivement.
Virginia City est construite au pied du Mont Davidson, à 6,000 pieds au dessus du niveau de la mer. Sa population est d'environ 17,000 habitants. Le 26 octobre dernier, un incendie allu:né par la faute de vieilles femmes qui, se trouvant en état d'ivresse, renversèrent une lampe de pétrole, détruisit la plus grarde partie de la ville et des établissements métallurgiques et miniers. Avec cette activité étonnante, ce ressort qui semble l'apanage presque exclusif des hommes de l'Ouest, les travaux de reconstruction furent entrepris sans délai et les dégâts sont en majeure partie réparés aujourd'hui.
Pendant le trajet de Carson à Virginia City, nous avons déjeuné dans le car, où un nègre remplit les fonctions de chef d'une façon qui ne me laisse aucune inquiétude pour la manière uont il saura satisfaire les exigences de nos estomacs durant le long voyage que nous allons entreprendre avec lui. En arrivant, nous nous mettons immédiatement en devoir de visiter quelques-uns des principaux établissements.
C'est d'abord à la mine Savage, guidés par le superintendant M. Osbiston, que nous entrons. Sous le rapport des machines, elle est une des mieux outillées.
L'une des machines qui servent à monter le minerai est d'une force nominale de 700 chevaux-vapeur. Elle peut monter à la fois huit tonnes de minerai, uoncompri;;, la cage, qui par elle-même pèse une tonne et demie. Le
‘àable, un câble métallique naturellement, s’enroule autour d’un manchon en forme de cône tronqué dont la section inférieure a 22 pieds de diamètre et la section sv ‘rieure 17. Cette machine monte le minerai d'une profondeur de 2,400 pieds à 1,300 pieds au-dessus de l'ouverture du puits; trois machines, d’une force réelle ue 150 chevaux-vapeur chacune, le montent jusqu'à la surface. Ces diverses machines ne sont employées aujourd'hui qu'à l'épuisement de l’eau qui a envahi la mine par suite de la destruction, par l'incendie du 26 octobre, des pompes d'épuisement des mines voisines; toutes ces mines communiquent entre elles.
J'ai la curiosité de mesurer la température de l’eau retirée sous mes yeux dans ur tonneau par lequel on a remplacé la cage : le thermomètre que j'y plonge
marque 110°F.
La pompe à épuisement de la mine Sevage, dont le tuyau a un diamètre &e 10 pouces, est .nre par une machine d'une force de réelle 170 chevaux-’apeur. Une autre machine d'une force de 10 chevaux-vapeur envoie l'air dans la mine aux points où les ouvriers travaillent; elle est employée aussi pour le foret à pointes de diamant partout en usage ici; elle peut imprimer à ce foret une vitesse de quinze cents révolutions par
minute,
Ces diverses machines brûlent en tout 30 cordes de bois par jour, ce qui constitue une déperise considé- ‘able, le bois devenant très cher. Aussi, comme dans plusieurs autres établissements, a-t-on le soin de recouviir les chaudières des machines et les conduits où l’on a intérêt à conserver la chaleur, d'une sorte ce
nnt 1 à pn- ES.
au on age
le
VIRGINIA CITY 171 composition nouvelle dont un silicate de magnésie et de fer, l'asbeste, est la base. Les résultats ainsi obtenus ‘sont des plus satisfaisants.
La mine Savage ne donne plus qu'un rendement insuftisant mème à couvrir les frais; mais les prospectors travaillent activement et on n’a pas perdu l'espoir. d'arriver bientôt à des résultats meilleurs. Comme elle est encore envahie par l'eau, du moins en partie, nous n’y descendons pas.
Conduits par M. Osbiston, nous allons nous revêtir en échange de nos vêtements, de costumes de flanelle, en prévision du bain de vapeur qui nous attend et que nous promet l'indication du thermomètre que j'ai plongé dans l’eau tirée du puits de la mine Savaye; puis, accompagnés par AZ. Machey, l'un des proprictaires et le directeur des mines Consolidated Virginia et( ‘alifornia, nous descendons dans ces mines par le puits de la mine d'Ophir.
Les mines de Consolidated Virginia et de California, canmme la mine d'Ophir, la mine Savaye et d’autres encore, font partie du grand filon métallifère qui à reçu le nom de Comstok Lode. Ce filon s'étend sur une longueur de plus de 20,000 pieds et il a une épaisseur qui parfois atteint plus de 200 pieds. Il court du nordnord-ouest au sud-sud-ouest, Son inclinaison est d'en,iron 45° de l'ouest à l'est. La plus grande profondeur à laquelle on l’aitexploité est de 2,500 j ieds. Il se développe entre deux strates de syénite, roche appartenant anx terrains granitique et porphyroïde et qui paraîcêtre le résultatd'une modification du granit par l’action ignée, et de propylite, sorte de roche volcanique de couleur ver:
dâtre que les mineurs, en raison de sa composition, appellent souvent porphyre feldspathique et amphibolique.
La fissure où court le filon est évidemment due à | une action volcanique; à une courte distance on trouve | des roches trachytiques en abondance.
Bien des théories ont été émises sur la façon dont j se sont remplies les fissures. Les quelques personnes | avec qui j'ai causé de cette question à Virginia City semblent admettre généralement que les minerais ont été amenés par volatilisation.
La gangue du minerai du Comstock lode se compose de quartz et d'argile bleue. De temps à autre [A le filon se trouve interrompu par des blocs de propylite qui forme le toit du gîte, le hanging wall, ce qui tendrait à prouver que la fissure existait de longue date. Les mineurs appellent ces blocs Aorses, Pans les différentes mines du Comstock, l'exploitation se fait de la même façon. On creuse des puits, successivement à diverses hauteurs on ouvre des galeries qui viennent aboutir aux puits, et sur ces galeries on en perce d’autres perpendiculaires. On extrait successivement le minerai entre deux galeries de niveau diffé- | rent, en ayant le plus grand soin, au fur et à mesure, | d'étayer et de remblayer solidement. Bien que les mines communiquent toutes entre elles, la ventilation - . | est imparfaite, et, au bout de certaines galeries sans issue, j'ai pu constater jusqu'à 109% et 1109 F, C'est dans ces galeries qu'on est obligé d'envoyer un courant. à LA d'air frais qui permet aux mineurs d'y travailler, | Le filon du Comstock à été découvert en 1858. Dès