‹ Quatorze mois dans l'Amérique du Nord (1875-1876) [microforme]Chapitre 31 sur 71 · LE LH · texte numérisé non relu

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longtemps avant d’avoir une chance favorable, il se trouve toujours quelque autre animal entreelle et moi, La course se prolongeant, sachant que j’ai encore une longue rou*s à faire avec ma monture, je me décide enfin à tirer un joli taureau qui, galopant en queue, semble pousser les retardataires. Un heureux hasard veut que ma balle lui fracasse l'épaule gauche; il tombe sur les genoux, se relève, essaye de faire quelques pasets’arrête court. Je descends de cheval et deux balles, l’une derrière l'oreille, l’autre au cœur, en font prompte justice.

Renonçant à suivre le reste du troupeau, bien que la vache blessée semble maintenant rester un peu en àrrière, je me mets en devoir, aidé du cavalier que m'a envoyé M. Hall et qui m'a rejoint, de lever la langue ot la bosse de l’animal. Rothschild étant aussi, sur ces entrefaites,venu me retrouver avec deux autres hommes, nous laissons ces braves gens continuer la besogne, leur recommandant de prendre aussi la tête, remarquablement jolie et noire, quoique petite, et tout deux, Rothschild et moi, nous reprenons la direction du Cimeron river, que nous atteignons environ deux heures après, n'ayant rencontré qu'un loup qui sauta si vite l'étroit sentier tracé par notre convoi et que nous avions retrouvé, que nous ne fimes que l'entrevoir.

En attendant le diner,je vais battre les buissons et les grandes herbes qui se trouvent sur les bords de la rivière et j'y tue quelques petits lapins gros comme moitié environ d'un de nos lapins de garenne et qu'on appelle des Cotton tail rabbits et deux de ces Jachkass rabbits qui sont si commvns.

27 Gécembre,— Nous suivons toute la journée la route

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que nous avons prise en venant, Nous sommes obligés d'abandonner le cheval de M. Hall ; malade depuis trois jours, bien que conduit en main, il ne peut suivre le convoi. Son cas est curieux, je n’ai jamais rien vu d’analogue. Le soir, il rejoint le camp, mais je doute qu’il puisse vivre longtemps encore.

28 décembre. — A deux heures, nous rentrons à Dodge City. Nous allons au fort remercier le capitaine, M. Payne, de ce qu’il a bien voulu faire puur nous et, après avoir pris congé de lui, de sa femme et de notre aimable compagnon d'expédition, M. Hall, nous rentrons à notre car, qui, à neuf heures du soir, est eviacis au train se dirigeant vers l'Est.

29 décembre. — Pendant la nuit, voyageant sur la voie ferrée, nous avons quitté les bords de l'Arkansas et nous sommes remontés vers le nord-est. Le pays que nous traversons au jour est plus habité que celui que nous avons parcouru depuis Denver, On ne voit plus de ces vastes étendues de prairies brûlées qui attristaient les regards ; parfois, on rencontre quelques traces de culture, quelques arbres. Après Burlingam, petite viile qui se développe rapidement en raison des riches gisements de charbon qui se trouvent dans les environs, nous arrivons à Topeka, la capitale de l'État de Kansas, située sur la rivière de ce nom. Topeka a une population d'environ 10,000 habitants. Les hommes de couleur y sont en assez grand nombre.

En sortant de Topeka, le chemin de fer court dans la vallée du Kansas qu'on appelle aussi parfois le Ka, Cette vallée est fe:i:ie, uès riche et couverte d’arbres

de toute espèce. La culture y est très développée et je

210 PREMIÈRE PARTIX

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remarque des champs de maïs d’une étendue considérable.

Lawrence est la dernière ville à mentionner que nous rencontrons avant de sortir du Xansas. Cet État, l’un des plus grands des États-Unis comme dimension, est certainement appelé, en raison de ses magnifiques prairies, à devenir le plus important de l'Ouest pour la production du bétail.

Le train s'arrête à Kansas City dans l'État du Wissouri. C'est une ville assez considérable dent }2 poru» lation est d'environ 40,000 habitants. Eile est située sur la rive sud du Missouri, au point où le Kansas mêle ses eaux à celles du fleuve.

Le pays, très accidenté, mais très fertile, est bien cultivé; on aperçoit des fermes dispersées çà et là en grand nombre. Des arbres de belle venue croissent jusqu'aux

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