‹ Quatorze mois dans l'Amérique du Nord (1875-1876) [microforme]Chapitre 56 sur 71 · DIE · texte numérisé non relu

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342 DEUXIÈME FARTIF,

mant nos pipes, nous nous établissons confortablement attendant le moment où nous pourrons faire honneur « notre cuisine et entenure le rapport de notre Indien.

Pendant toutes nos allées et venues. les butcher birds sautilaient effrontément autour de nous; iis semblent maintenant attendre leur part de notre repas. Ces oiseaux, de la grosseur d'une tourterelle à peu près, sont les seuis êtres qui viennent un peu animer la solitude de l’homme établi au milieu de ces vastes forêts; aussi sont-ils toujours respectés,

A la nuit, Francis rentre nous rapportant des nouvelles peu satisfaisantes. Il n'a vu aucune trace de frefehs date dans nos environs. Cela ne nous empêche pas de suuLer de fort bon appétit; après quoi, roulés dans nos fuurrures et nos couvertures, nous alions chercher un sommeil réparateur sur lelit moelleux et odorant que formen: nos branches de sapin.

8 mars, -— Dès le matin, après une légère tasse de thé, en dépit d’un veut de nord-est humide et froid, en dépit Qu grésil qui nous fouette le visage, nous nous décidons, Mac-Nab et moi, à faire avant notre déjeuner une courte promenade de découverte et voir si nous serions plus heureux que ne l’a été hier Francis, que nous laissons à la garde de notre tente, de notre feu, et du déjeurer qui cuit dans la marmite. Nous pensions être de retour vers onzc heures. Muis au bout de 5 à 6 milles de marche dans la direction du Maine, tont d'un coup nous tombons sur des traces de caribous de la veille au plus tard, et rapidement nous nous mettans à les suivre. À deux heures, nous nous apercumes que nous ne pouvions les joindre. Notre course

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rapide m'avait fort altéré, et j'avais bu beaucoup de neige; la faim aidant, — nous avions commis la faute de ne rien prendre avec nous, pensant être de retour pour le déjeuner, — quand il fallut revenir, je me trouvai presque incapable de marcher. Heureusement notre poursuite nous avait ramenés un peu du côté de notre campement. Chose bizarre, je n'éprouvais aucune lassitude, mais une faiblesse absolue dans les jambes. J'ai eu, je dois l'avouer, rarement besoin d'autant d'énergie qu'il m'en fallut dans cette occas's5n. A six heures du soir seulement nous rentrions au camp. Lès que j'eus soupé, je me trouvai, comme par enchantement, frais et dispos. Mac-Nab me dit avoir expérimenté, quoique à un degré moindre, la même chose dans des circonstances analogues.

9 mars. -— À six heures et demie du matin, tandis que nous confectionnons notre déjeuner, arrive Peter, le trappeur canadien que j'ai embauché l’avant-veille. Le temps est des plus défavorables pour lachasse. Le grand froid s'est de nouveau établi pendant la nuit et sur la neige des jours passés, il s'est formé une couche de glace qui n’est pas assez épaisse encore pour porter le poids de l’homme sans casser, ce qui produit un bruit qui ne nous permettra pas très certainement d'approcher les caribous au cas où nous trouverions des traces fraîches. Nous nous décidons cependant à pousser une reconnaissance dans une direction opposée à celle d'hier, emmenant avec nous Peter, et envoyant avec deux ou trois jours de vivres Francis dans la direction du lac de Tesmniscouata pour battre un peu le

pays.

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