‹ Quatorzième lettre provincialeChapitre 20 sur 22 · Voir Luc, vi · texte numérisé non relu

Voir Luc, vi

Voyez donc maintenant mes Pères, duquel de ces deux royaumes vous êtes. Vous avez ouï le langage de la ville de paix, qui s'appelle la Jérusalem mystique, et vous avez ouï le langage de la ville de trouble, que l'Ecriture appelle la spirituelle Sodome * : lequel de ces deux langages entendez-vous? lequel parlez-vous? Ceux qui sont à Jésus-Christ ont les mêmes sentiments que Jésus-Christ, selon saint Paul ; et ceux qui sont enfants du diable, ex paire diabolo^ qui a été homicide dès le commencement du monde, suivent les maximes du diable, selon la parole de Jésus-Christ^. Écoutons donc le langage de votre école, et demandons à vos auteurs : Quand on nous donne un soufflet, doit-on l'endurer plutôt que de tuer celui qui le veut donner? ou bien est-il permis de tuer pour éviter cet affront? Il est permis, disent Lessius, Molina, Escobar, Reginaldus, Filiutius, Baldellus et autres jésuites, de tuer celui qui nous veut donner un soufflet. Est-ce là le langage de Jésus-Christ? Répondez-nous encore. Serait-on sans honneur en souffrant un soufflet, sans tuer celui qui Ta donné? N est-il pas véritable y dit Escobar y que, tandis qu'un homme laisse vivre celui qui lui a donné un soufflet y il demeure sans honneur ^ ? Oui mes Pères, sans cet honneur que le diable a transmis de son esprit superbe en celui de ses superbes enfants. C'est cet honneur qui a toujours étéTidole des hommes possédés par l'esprit du monde. C'est pour se conserver cette gloire, dont le démon est le véritable distributeur, qu'ils lui

1 . La sainte Jérusalem Apocal. xxi, 2 — La spirituelle Sodome, ibid, XI, 8. Mais cette expression n'est pas prise dans le sens où la prend Pascal.

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