‹ Quatorzième lettre provincialeChapitre 21 sur 22 · yoxvRom, viir,9 et Jean, viii · texte numérisé non relu

yoxvRom, viir,9 et Jean, viii

3. Cité déjli plus au long dans la 7* Provinciale, au dixième alinéa.

sacrifient leur vie par la fureur des duels à laquelle ils s ahandonnent, leur honneur par rîgnominie des supplices auxquels ils s'exposent, et leur salut par le péril de la damnation auquel ils s'engagent, et qui les a fait priver de la sépulture même, par les canons ecclésiastiques. Mais on doit louer Dieu de ce qu'il a éclairé Tesprit du roi par des lumières plus pures que celles de votre' théologie ^. Ses édits si sévères sur ce sujet n*ont fait que punir le crime qui est inséparahle du duel. Il a arrêté, par la crainte de la rigueur de sa justice, ceux qui n'étaient pas arrêtés parla crainte de la justice de Dieu : et sa piété lui a fait connaître que l'honneur des chrétiens consiste dans l'observation des ordres de Dieu et des règles du christianisme, et non pas dans ce fantôme d'honneur que vous prétendez, tout vain qu'il soit, être une excuse légitime pour les meurtres. Ainsi vos décisions meurtrières sont maintenant en aversion à tout le monde, et vous série mieux conseillés de changer de sentiment, si ce n'est par principe de religion, au moins par maxime de politique. Prévenez, mes Pères, par une condamnation volontaire de ces opinions inhumaines, les mauvais effets qui en pourraient naître, et dont vous seriez responsables. Et, pour concevoir plus d'horreur de l'homicide, souvenez-vous que le premier crime des hommes corrompus a été un homicide en la personne du premier juste ^; que leur plus grand crime a été un homicide en la personne du chef de tous les justes : et que l'homicide est le seul crime qui détruit tout ensemble l'État, l'Eglise, la nature et la piété.

Page 1