Genèse^ 11, h
3. Ce /f. qui est défini, ne peut se rapporter à tout pouvoir, qui est indéfini; la phrase n*est pas tout à fait correcte.
QUATORZIÈME LETTtlB. 13
pas môme pouvoir sur sa propre vie. Mais parce qu'il a plu à sa providence de conserver les sociétés des hommes, et de punir les méchants qui les troublent, il a établi lui*mème des lois pour ôter la vie aux criminels; et ainsi ces meurtres, qui seraient des attentats punissables sans son ordre, deviennent des punitions louables^ par son ordre, hors duquel il n'y a rien que d'injuste. C'est ce que saint Augustin a représenté admirablement au i*'' livre de la Cité de Dieu, c. xxi. Dieu, dit^il, a fait lui-même quelques exceptions à cette défense générale de tuer, soit par les lois quHl a établies pour faire mourir lés criminels, soit par les ordres particuliers quHl a donnés quelquefois pour faire mourir quelque^ personnes. Et quand on tue en ces cas-là^ ce n'est pas l'homme qui tue, mats Dieu, dont V homme n^èst que Vinstrurhent, comme une épée entre les mains dé celui qui s'en sert. Mais, si on excepte ces cas, quiconque tue se rend coupable d'homicide^.
Il est donc certain, mes Pères, que Dieu seul a le droit d*6ter la vie, et que néanmoins, ayant établi des lois pour faire mourir les criminels, il a rendu les rois ou les républiques dépositaires de ce pouvoir. Et c'est cô que saint Paul nous apprend, lorsque, parlant du droit que les souverains ont de faire mourir les hommes, il le fait descendre du ciel, en disant que ce n'est pas en vain qu'ils portent Fépée^ parce qu^ih sont ministres de Dieu pow* exécuter ses vengeances contre les coupables ^. '
Mais, comme c'est Dieu qui leur a donné ce droit, il les oblige à l'exercer ainsi qu'il le ferait lui-même, c'està-dire avec justice, selon cette parole de saint Paul au
1. TradactioQ exacte poar le fond, sinon pour la lettre. ''' La dernière phrase, dans le texte', ne suit pas les autres immédiatement. U faudrait des points avant lfaf> ^i.