Cicéron, Pro MilotUy
soutiens que jamais les infidèles mêmes n'oji;! fait. Us Font, au contraire, défendu expressément: car la loi des Douze-Tables de Rome portait qu'il n'e&i pas permis de tuer un voleur de jour qui ne se défend point avec des armes, Qe qui avait déjà été défendu dans TËxode, c. xxii. Et la loi Furenif ad Legem Corneliam^ qui est prise d'Ulpien, défend de tuer même les voleurs de naît qui ne nous mettent pas en péril de mort. Voyez-lq dans Gujas^ in tit. J)ig. deJustit.etJure, ad» leg, 3 *.
Dites^nous donc^ mes Pères, par quelle autorité vous permettezN ce que les lois divines et humaines défendent ; et par quel droit Lessius a pu dire, I. IlyC. ix, n^" 66 et 72 ^ : L^ Exode défend de tuer les voleurs de jour qui ne
1 . D'après les habitacles reçues pour citer le Digeste, la loi Furem, ad legem corneli&m, signifie, le fragment Èommeno'a'ht pat furem dans le ûVcq ad legem C077teZiam/qui est le tit. 8 du livre XLIII.'Ge fragment est. le .9^ de ce titre ; il est ainsi copçu: Furem nocturnum si guis occident^ ita demum impune ferai f siparcerë et sine periculo suo non poterit.
Quand une loi, c'est-à-dire wi fragment, était trop étendue» on la divisait en paragraphes, qu'on désignait aussi chacun par le premier mot du texte. C'est d'après cela que rintimé dit, dans les Plaideurs : Qui he sait que la loi Si quis cânis, Digeste, De vit paragrapho^ messieurs, caponibus^ , \ . k
Est manifestement contraire à cet abus ?
C'est-à-dire le fragment Si quis canis, au titre De vi, au paragraphe Caponibus^ indications, bien entendu,' purement imaginairea^.sauf le titre Dis i;i,.qui est réellement au Digeste^ .
Pour la loi des Douze Tablés, voir Gellius, XI, 18. 7, etc. Si je ne cite pas d*abord le discours de Cicéi*6n, prô TUllio, c'est '^ué 'ce discours n*était pas connu du temps. dé (Pascal..
La citation de, Cujas se rapporte à son Commentaire sur le titre j^^^ du Digeste, De jmtitia et jure^ et sur le fragment 3 dé ce titre \àd ItgerrèZ), . ?>
2. Lessius ou Leys est un jésuite flamand. Son livre est intitulé, De justitia et Jure, La phrase qui suit est prise du livre IX, chapitre 9, n* 65. La traduction de Pascal est très fidèle. — C'est au n* 72 que la permission est étendue aux ecclésiastiques.*
QUATORZIÈME LETTBB. 47
se défendent pas avec des armes, et on punit en justice ceux qui tueraient de cette sorte. Mais néanmoins on n'en serait pas coupable en conscience, lorsqu'on n'est pas certain de pouvoir recouvrer ce qu'on nous dérobe, et qu'on en est en douté, comme dit Sotus^ ; parce qu'on n'est pas obligé de s'exposer au péril de perdre quelque chose vour sauver un voleur. Et tout cela est encore permis anx ecclésiastiques mêmes. Quelle étrange hardiesse ! La loi de Moïse punit ceux qui tuent les voleurs, lorsqu'ils n'attaquent pas notre vie, et la Loi de TÉvangile, selon vous, les absoudra I Quoi ! mes Pères, Jésus-Christ est-il venu pour détruire la Lpi, et non pas pour l'accomplir? Z^s/ti^es puniraient, dit Lessius, ceuœ qui tueraient en cette occasion ; mais on n'en serait pas coupable en conscience. Ëàt-ce donc que la morale de Jésus-Christ est plus cruelle et moins ennemie du meurtre que cellô des païens, dont les juges ont pris ces lois civiles qui le condamnent? Les chrétiens font-ils plus d'état des biens de la terre, ou font-ils moins d*état de la vie des hommes, que n'en ont fait les idolâtres et les infidèles ? Sur quoi vous fondez-vous, mesPères?Ce n'est sur aucune loi expresse ni de Dieu, ni des hommes, mais seulement sur ce raisonnement étrange : Les lois, dites-vous i permettent de se défendre contre les^voleurs, et de repousser la force par la force. Or, la défense étant permise, te meurtre est aussi réputé peimis ; sans quoi la défense serait souvent impossible^.
11 est faux ' , mes Pères, que, la défense étant
1 . Dominique Soto, dominicain espagnol. Voir son article dans la BiographieuniverseUe,t.XLUî,p. HZ,
2. C'est ce qui est dit dans l'écrit des jésuites iûtitulé Quatorzième Imposture.