‹ Quatre années en OcéanieChapitre 10 sur 35 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ce qu*0Q entend par Australie heurense. Co qu'elle produit et ce que, tout particuliôrement, on trouve aux parages où elle commence.

Encalyptni glg^antetqae on robuBia.

Cet arbre est nn des plus yigoureux, des plus grands, de la Nouvelle-Hollande ; il en est aussi un des plus communs ; il croît depuis les rives de l'Océan jusqu'au sommet des plus hautes montagnes de l'intérieur. Il s'élève à une hau* teur de 160 à 180 pieds, sur une circonférence de vingt-cinq à trente-six pieds, d'après M. Peyron. Les rameaux sont glabres, anguleux, garnis de feuilles coriaces, et csetera, et castera.

Cette espèce a reçu des Anglais le nom de Mahogoui de la Nouvelle- Hollande, parce que son bois, qui est dur, pesant et d'une teinte rouge, peut remplacer, à certains égards, le Mahogoui des Indes,

B«eftlypt«a résliievx.

....Arbre de très-grande taille, dont le bois n'est bon qu'à brûler. M. White dit qu'en incisant Tëcorce on retire souyent, d'nn seul individu, plus de soixante galons d'une gomme résine qui devient rouge en se desséchant, et qui se dissout, en grande partie dans l'esprit de vin....

Dictionnaire des Sciences wUurelUs^ pages 509-510.

A partir du point où la terre de Nuyst finit et où le Soulh-Australia commence, le littoral de la Nouvelle -Hollande change de nature en même temps que de hauteur.

Cettb double modification (qui ne s'accomplit qu'avec peine, à mesure que la côte Méridionale s'avance de l'Ouest à l'Est) languit un peu dans les environs du Spencer- Gulf ; se ranime à partir de la terre Victoria ; et persiste bien au delà du détroit de Bass ; puisqu'elle se continue, sur la côte Orientale de cette tle immense, jusque passé le travers de Sydney.

Il en résulte que, si l'on s'amusait à longer la terre, à partir du point que j'ai désigné, en courant Est, pour commencer, et Nord, pour finir ; on verrait (par bâbord, tout près de soi, aux premiers plans) les plages de sable devenir

dunes, petit à petit, et les dunes, petit à petit aussi, devenir falaises; pendant qu'au loin (dans l'intérieur des terres, aux derniers plans) les pentes se changeraient, lentement, très-lentement, en collines et les colines en montagnes.

Je le répète, c'est lentement, très-lentement qu'on verrait s'opérer toutes ces transformations. Si lentement I qu'il faudrait avoir longé plus de la moitié orientale de la côte Sud et plus du tiers méridional de la côte Est ; pour apercevoir enfin la petite chaîne qu'on nomme les Montagnes bleues. Montagnes bleues, parmi lesquelles se trouve le plus haut piton de toute l'Australie.

Au delà de ce nec plus ultra d'altitude, tout commence à décliner. Autrement dit, au bord de la mer aussi bien que dans l'intérieur des terres ; le littoral tend à reprendre, de plus en plus, le cachet de la côte Ouest.

Donc, s'il était possible de continuer à naviguer en longeant 3a terre ; on verrait par bâbord (toujours auprès de soi) les dunes succéder aux falaises et les plages de sable aux dunes; pendant qu'au loin,. dans l'intérieur des terres , les montagnes reviendraient monti-

cules, les monticules mamelons, et les mamelons simples tertres.

Je dis s'il était possible de continuer à naviguer ; parce que, durant qu'à terre les choses se redisposent comme je viens de le dire ; en mer, ou mieux, sous Teau, c'est tout à fait Pin- verse qui a lieu-

En effet, à peu près vers le milieu de cette côte orientale australienne, des pâtés de récifs (qui augmentent aussi vite de hauteur, que de nombre et d'étendue) viennent s'attacher avec d'autant plus d'acharnement mi rivage, qu'il s'avance plus directement vers le Nord et font si bien, avec leurs coraux et madrépores, que le moment arrive promptement où, tout passage un peu libre se trouvant bouché, le long de terre, force est au naviîrateur de piquer tellement au large qu'il ne voit plus rien , absolument rien, de la côte.

Eh bien 1 supposons que nous soyons ce navigateur ; et que, n'ayant plus rien à examiner, nous nous mettions à réfléchir sur tout ce que nous avons vu. Très-probablement alors, nous penserions comme il suit :

« A coup sur ; les montagnes, que nous

» avons vues se former avec tant de peine et » décliner si vite, ne sont ni très-belles ni Irès- » élevées. Il s'en faut même de beaucoup.

» Mais, si peu hautes qu'elles soient, comme » elles retiennent et condensent une partie des » nuages que les grandes brises d'Ouest et de » Sud-Ouest lancent jusqu'à elles, surtout pen- » danl l'hiver ; pendant Thiver surtout , elles » déterminent la formation de sources, de » mares, d'étangs et de petits lacs, de torrents, » de ruisseaux, de rivières et même de fleuves ; » qui valent aux collines, plateaux, pentes et » vallées de Igurs deux versants, une certaine » fraîcheur relative ; partant, une flore relati- » vement plus belle et, partant aussi, une » faune relativement plus riche. »

D'où nous concluerions que le Sud-Est de la Nouvelle-Hollande mérite, jusqu'à un certain point, le surnom qu'on lui a donné d'Australie heureuse.

Je dis jusqu'à un certain point ; parce que si les siècles ont permis aux êtres vivants, qui souffrirent en ces parages, d'y former quelque peu d'humus et môme d'y accumuler certains produits ; cet humus est si peu de chose et ces produits sont si peu comestibles qu'ils ne sau-

raient» à eux seuls» alimenter une population de quelque valeur intellectuelle et de quelque importance numérique.

Laissez-moi vous prouver mon dire, en vous racontant ce que j'ai vu.

À Sydney et dans tous ses alentours, on trouve» pour soif un sable ressemblant à du grès jaune pilé, ou mieux encore» à de la pous- ' sière de brique aussi décolorée que tendre ; et, pour eaux dormantes ou courantes^ des mares, des étangs, des ruisseaux et des rivières» plus rares les uns que les autres, qui sont toujours plus larges que profonds , plus encombrés de sables mouvants que navigables, et plus capricieux que réguliers en leurs limites et contenu. Comment en serail-il autrement avec un fond et des bords aussi mobiles que perméables I

£h bien 1 parce qu'il en est ainsi ; parce que ces nappes et ces cours d'eau (qui, quelquefois, débordent) sont presque toujours tellement à sec qu'on ne saurait y découvrir une seule goutte de liquide, soit en creusant leur lit, soit en le parcourant durant des milles et puis des milles encore ; il arrive qu'à Sydney et dans ses environs on trouve, en fait à! herbe, une sorte de gazon très-clair-semé aussi court que sec ;

en fait de taillis, des baissons tellement trans- ^parents qu'on voit le jour à travers ; en fait de bois ou forêts, des réunions d'arbres que, vu leur taille, on traiterait à peine, chez nous, de petite futaie, bien qu'ils soient sept, huit et dix fois plus âgés que ceux que nous nommons ainsi ; et finalement , en fait de végétaux prodigi&uxj des (géants ne pouvant pousser qu'au milieu de vastes carrières, tels que les fameux Eucalyptus ondes arbres qui (pour devenir aussi gros que nos'chônes, une, deux et trois fois séculaires) exigent dix fois plus de temps qu'eux et mille fois plus d'espace.

Conclusion. — Savoir vivre sans beaucoup d'eau, comme sans beaucoup d'humus ; partant, se contenter d'une sève plus résineuse que succulente ; et dès lors ne produire que des fruits extrêmement rares et plus que petits ; seraient donc les qualités physiologiques (pour ne pas dire, morales) que devraient posséder, au suprême degré, les grands végétaux Australiens, si 1

S'ils n'étaient, on ne peut plus habiles à tromper, les uns, l'ardeur excessive de la réverbération terrestre, et, les autres, celle plus excessive encore des rayons solaires ; les premiers, en ^nployant quelques années seule-

ment à monter le panache de leur feuillage à une hauteur prodigieuse (30, 40, 60 mètres, ou plus) , quitte à consacrer des siècles entiers à développer horizontalement leur bois, tout en le durcissant; et les seconds, en disposant verticalement le disque de leurs feuilles, le réduisant à son minimum d'étendue, et (qui mieux est) le recourbant en croissant, afin d'en mettre la moitié inférieure à l'ombre de la supérieure.

Mais ne faisons ni psychologie félichique, ni théorie telluro-botanique, ni mécanique physico-ligneuse, si je peux ainsi parler ; et tout bonnement contentons-nous, pour nous faire bien comprendre, de citer des phénomènes aussi probants que simples.

Premiers faits à conviction. — Dans nos plantureuses pâtures normandes, on met trois ou quatre mois à engraisser un bœuf; en Australie heureuse, il faut au moins deux années. En Angleterre, quatre moutons vivent sur un acre de terre ; en Australie heureuse, quatre acres de terre ne peuvent, au contraire, nourrir qu'un seul mouton...,. (C'est aux nombreuses courses, qu'il est forcé de faire pour vivre, qu'il doit la finesse de sa laine si renommée)....

Mais, direZ'VOus, ni les moutons ni les bœufs ne sont originaires d'Australie?

Hélas ! les bêles indigènes de celte contrée lointaine sont tout aussi mal traitées 1 Témoin ; rOpossum.

Ce doux et charmant petit animal, à queue prenante, grimpe sur les arbres, pour en brouter la verdure. Il est, au plus, gros comme un lapin domestique ordinaire.

Eh bien 1 telle est la pénurie des sues alimentaires qu'il trouve dans les feuilles, qu'un mille carré peut, tout au juste, nourrir seize animaux comme lui.

Je reprends mes citations.

Seconds faits à conviction. — A chaque saison printanière ; la sève, remise en circulalion dans chaque arbre, ajoute une couche de bois à son aubier et une couche de liège à son écorce.

Chez nous, en France ; pour que ces dépôts annuels, qui vont toujours se condensant, n'aient finalement qu'un millimètre d'épaisseur, il faut (n'est-il pas vrai?) beaucoup de temps, et que de plus l'arbre en question soit de nature bien sèche.

Eh bien I en Australie heureuse, ce que cha-

que circulation séTÎque renaissante ajoute, au bois ainsi qu'à Técorce, est si peu de châse que» dans un centimètre d'épaisseur de celui-ià et surtout de celle-ci, c'est par centaines (composant presque le millier) que l'on coittpte les feuillets des successifs dépôts de blastème.

Etonnez-vous, après cela, que les géants végétaux solitaires, dont je vous ai parlé, aient un aspect tellement triste, qu'ils semblent porter le deuil de leurs innombrables déceptions.

Je m'explique.

A peine les Eucalyptus viennent-ils de reverdir (par l'effet naturel d'un printemps, constamment trop court, ou le caprice d'un orage estival quasi-diluvien) que déjà le soleil, en surchauffant leur écorce, la fend en longues lanières; soulève une à une les couches du liber que (pour sauvegarder leurs bois) ces malheureux arbres ont faites innombrables, ne les pouvant fabriquer épaisses ; et les donne (plus minces déjà que des lambeaux de tulle) à finir d'exténuer aux brises folles, voire même aux plus imperceptibles ondulations de l'air.

Aux plus imperceptibles ondulations de l'air I.... qui, tout doucement (sans autre indice de leur existence, que la direction qu'elles impriment à ces gazes végétales).... tout douce-

ment, dis*je, les étalent dans Tespace ; et, plus doucement encore, leur enlèvent jusqu'au plus vaporeux souvenir de leur fraîcheur si passagèrement ravivée.

Troisième ensemble de faits à conviction. — Ce qui prouve bien qu'il n'y a rien d'exagéré dans cette appréciation de sécheresse extrême des végétaux de l'Australie heureuse ; c'est qu'à rentrée de l'été, époque oîi le feuillage est aussi touffu que possible, on voit sous bois (tant il y a peu d'ombre 1) aussi clair, dans les forêts de la Nouvelle-Hollande, que dans les nôtres (en plein midi, par une belle gelée d'hiver) alors qu'il ne reste plus une seule feuille aux arbres.

Ce que ces derniers contiennent d'eau est si peu de chose, et ce que leurs branches renferment au contraire d'essence et de résine est si considérable, qu'en subissant la fermentation aénile) qui change enfin leur bois en humus) ou bien encore en frottant ou tombant les uns sur les autres, ces arbres s'enflamment si vite et si bien qu'on cite des hommes qui, à cheval et on ne peut mieux montés, n'ont pu sortir de la fournaise instantanée de ces forêts, malgré les admirables routes dont elles étaient percées.

Grâce à tous ces renseignements, nous voilà

suffisamment fixés (n'est-ce pas?) surlaquan lité de plantes combustibles qu'on peat trouver en Australie heureuse. Mais combustible et comestible sont deux. Par conséquent voyons ce qu'il y a de mangeable, dans tout ce que la Nouvelle-Hollande (depuis que Nouvelle-Hollande il y a, n'oubliez pas ce point capital) a produit d'herbes, de plantes, d'arbres de fruits et de graines. Autrement dit, laissons de côté le chapitre quantité ; pour passer à celui qualité.

Ce qu'on apporte de végétaux autocthones au marché de Sydney est absolument nul au point de vue mercantile.

— Comme curiosité, on y vend quelquefois un petit fruit jaunâtre gros comme une prune à cochon, que de loin on prendrait volontiers pour une mirabelle ; n'était son noyau qui se trouve à l'extérieur. A la rigueur, ce produit (qu'on nommait figue chinoise, autant qu'il m'en souvient) est à peu près mangeable. Cependant il finit par laisser, dans la bouche, un goût de prune commençant à pourrir qui est loin d'être aimable.

Eh bien I cette saveur ; il la tient non pas de sa maturité plus ou moins avancée, mais bel et bien du terroir.

En effet, chez un des plus riches et des plus estimabîes pionniers de l'Australie, chez un fort grand agriculteur dont la devise aussi belle que bonne (fide et opéra) disait parfaitement ce qu'il était venu faire en ces lointains parages ; j'ai dégusté des vins de tous les meilleurs plans qu'il avait importés (Champagne, Bourgogne et Bordeaux, Rhin, Johanisberg elTokay; Lacrima, Vésuve et Marsalla; Alicante, Malaga et Xérès, Madère, Ténérife et Constance) j'ai dégusté, dis-je, des vins de tous ces crus ; et, sans pouvoir en excepter un seul, je leur ai trouvé, à tous, ce malheureux et invariable même goût de prune pourrie,

A force de culture et de temps, ce grave inconvénient disparaîtra-t-il? Je le souhaite.

Mais à l'époque où je fis cette observation, fin de 1845, on ne pouvait, de tous ces faits, tirer qu'une seule et désagréable conclusion; et celte conclusion, la voici : ce que les plantes autocthones de l'Australie heureuse ofl'rent des ressources alimentaires à l'homme est aussi mauvais que peu abondant.

En est-il de même de son règne animal?

Hélas I oui ; car, ainsi que nous l'avons dit bien souvent: pas d'herbages; pas d'herbivores 1 pas d'herbivores ; pas de carnassiers 1

Cependant n'exagérons rien ; vu que TAustralie heureuse, avant d'être pendant huit ou neuf mois beaucoup trop sèche, commence par être, dans toute sa zone maritime surtout, assez humide pour faire pousser de quoi nourrir ses animaux, durant tout le reste de l'année. Mais! remarquez-le bien, il y a un mais I

Mais! à la condition que, durant que vivront tranquilles et parfaitement sédentaires (en broutant successivement les herbes, les bourgeons, les fruils, les graines, les feuilles, les foins et finalement les écorces) les bêtes qui résideront dans les environs du détroit de Bass ; celles qui hanteront l'Ouest du South- Australia où les pays situés plus Nord que les Montagnes bleues, voyageront continuellement, au contraire, et tourneront, pour glaner les mêmes produits, dans un circul us encore trèsconsidérable.

Et l'homme ? direz-vous.

L'homrne, que les mauvaises quaHlés des produits végétaux de ces parag-es mettent dans l'impossibilité de s'en nourir directement, fera comme les herbivores et les rongeurs qui l'aident à en vivre médiatement, en commençant par les lui culiner dans leur propre organisme, par les lui transformer en leurs propres chairs.

Donc, il sera sédentaire, là ou ses très-involontaires cuisiniers et fournisseurs seront sédentaires; et nomade, là ou ils seront nomades.

Mais, n'allons pas si vite : et faisons connaître, avant de parler des Papous orientaux et méridionaux, les bêtes qui leur imposent leur manière de vivre.

Evidemment, parmi les animaux dont la vie et les mœurs déterminent les mœurs et la vie des Australiens de TEst et du Sud, ceux que ces naturels recherchent, en premier lieu, sont les êtres qui sont aussi nombreux que peu à craindre : donc les insectes ; en second, ceux qui, déjà gros ou capables de se défendre, peuvent cependant être facilement capturés, grâce à un vice d'organisation commode à exploiter, tel que manque d'agilité, de force ou d'arme : donc les reptiles et les petits^ quadrupèdes ; enfin, en troisième et dernier lieu, ceux qui, prodigieusement rapides ou merveilleusement bien armés, tentent néanmoins par la quantité de victuaille qu'ils peuvent procurer d'un seul coup : donc, aussi et par dessus tout» les Kangourous.

Parmi les insectes (dont quelques-uns sont

en lelle harmonie avec leur milieu, qu'on les prend soiivent pour des morctaux de bois œortou des feuilles sèches) celui que les indigènes rechercheni avec )(! plus d'ardeur, parce qu'assei volumineux par lui-même il vil on bandes incommensurables; c'est ta cigale. La cigale qui, pour le malheureux noir d'Oc^anie, eslce qu'est la saulerellc, pour le pauvre nègre d'Afrique.

Vers la fin du printemps, il y en a tant, dans les environs de Sydney, qu'il suffit de secouer les arbres pour les faire tomber par centaines. A celle époque de l'année, ces pelites bêles, ravies d'avoir des feuilles, ehauleul leur bonheur si haut et si continuellement qu'en pleine rade on se croirait au milieu d'une ville manufaclurière ; tant elles font de bruit.

Sous quelque forme qu'elles se présentent :

œufs, larves, chrysalides ou insectes parfails; le Pajiou les mange également bien.

En fait de reptiles, je crois que les Australiens n'en dédaignent aucun do ceux qu'ils peuvent attraper.

Parmi les petits quadrupèdes, citons, comme ceux qui les affriandent le plus, les Opossums.

Enfin rappelons en fait, de^ros mammifères, les Kangourous.

Mais, direz-vous ; et les articulés, et les mollusques, et les poissons, et les oiseaux I Manquent-ils donc en Australie ; ou bien les naturels les dédaignent-ils.

— Oh, que non pas ! Mais si j'en juge par ce que j'ai vu et lu ; ces quatre sortes d'animaux, qui sont, presque tous, des variétés de ceux qu'on trouve en Afrique, ne servent pas plus de nourriture aux Papous, que leurs analogues ne le font aux nègres.

Les motifs de cette quadruple exclusion sont assez faciles à saisir.

Vu la sécheresse habituelle du climat et l'état ordinaire des rivières ; les poissons, les articulés et les mollusques qui vaudraient, eu égard à leur volume, la peine d'être mangés sont en trop petit nombre et généralement trop bien enfouis au fin fond des sables conservant quelque humidité ; pour servir de base à un système alimentaire.

llesteraienl, par conséquent, les oiseaux.

Eh bien I je ne sache pas, si gros et si nombreux qu'ils soient, que les Papous s'en ali^ mentent beaucoup. Sauf les (^azoars, que probablement ils chassent (comme les Hottentots font les Autruches) ; je crois tous ces anijnaux

pour que facilemeDt l'Australien méen empare.

-op fins ; parce que tous ces animaux, oureursou nageurs, granivores (comrroquels, dont il y a diîs échanlillons >lume et de toutes couleurs: blane, se, gris, bigaré, voire même noir) ï (comme les Cazoars et les Lyres) ou ivores (comme les Cignes noirs, les leslbis.les Flamants, et cœlera, etcœ- •ce que, dis-je, tous ces animaux sont ents, si nombreux à se défendre les itres, si vigilants à s'entourer de senipérimenlées, si prompts à s'enlever in à des hauteurs inaccessibles, et si s'envoler bien au delà de l'horizon ; lasser, pour s'en reptdtre d'une façon is régulière, me semble absolument

..... et c'est là un fait très-important; onstate, chez les naturels, un com-

nt de science traditionnelie et

■je, beaucoup d'entre eux, les plus ■tout, sont fort dangereux à manger, reux qu'ils peuvent déterminer la

A quoi tient cette qualité déplorable, que malheureusement ils partagent avec beaucoup de mollusques, de reptiles et de poissons des mêmes parages.

C'est ce que je ne saurais expliquer ici, sans sortir de mon sujet.

Quand j'aurai fait connaître, en tous ses dé-tails, l'office de la peau chez le noir ; je reviendrai sur cette fort intéressante question des pprte-plumes, porte-écailles et porte-coquilles à robe très-éclatante.

Pour le moment, parce qu'il importe de nous occuper au plus vite des Papous méridionaux ; je fais observer au lecteur qu'aux parages où la terre de Nuyls finit et où le Souih Australia commence, ces pauvres hères n'ont, pour vivre, ni la moitié, ni le tiers, ni le quart, ni même' le cinquième, mais peut-être au plus le vingtième des ressources que je viens d'énumérer ; je fais, dis-je, observer ce phénomène au lecteur ; et passe au chapitre suivant.

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