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CHAPITRE IV

Gomme quoi le mode vitalo-social des Papous méridionaux est (si barbare qu'il soit) parfaitement justifié par la rigoureuse logique, la stricte justice, la véritable science et la satisfaction qu'il procure à tout ce qu'il y a d'instincts sociaux déjà développés dans Tun et l'autre sexe.

Chez les Papous méridionaux, jamais on ne voit un adulte manifester la moindre sympathie pour une femme ou pour un enfant :

jamais (dans les misérables huttes, grottes et troncs d*arbres où ces pauvres diables dorment accroupis devant un maigre petit feu), on ne se groupe autrement que les hommes, d*un côté, les femmes et les bambins, de l'autre ; jamais enfin une maraudeuse ne rentre au gîte, sans qu'un de ses compatriotes ne prélève un tribut sur son butin ; n'eût-elle ramassé que de méchants reptiles, un petit nombre d'insectes, une minime quantité de larves ou seulement des œufs de fourmis .

Quand Ifes excursions féminines ont élé cinq, six, sept jours ou plus sans ajouter quoi que ce soit à la ration des hommes, non*seulement ces derniers battent scandaleusement leurs '

compagnes de misère ; mais (scandale plus grand encore !) si la faim les torture un peu trop, ils tuent un enfant, le font à peu près cuire et le mangent.

Eh bien ! de Tindifférence que ces Papous témoignent (en temps ordinaire) pour celles et ceux qui les accompagnent, des mauvais traitements qu'ils infligent aux premières (quand il n'y a que pénurie) et du mépris qu'ils font de la vie des seconds, lorsqu'il y a disette absolue; pouvons-nous et devons- nous conclure que ces femmes et que ces enfants ne leur sont rien, absolument rien ?

Oui \ nous le pouvons. Et oui I nous le devons ; car ces femmes et ces enfants ne sont pas les leurs 1

L'explication de ce double fait est bien simple.

Autant le Papou méridional est peu impressionné par l'arôme de celle qu'il sent chaque jour, si fortement que l'exagère la canicule ; autant, au contraire, la senteur de celui qui lui a fait violence (si peu odorant qu'il redevienne,

après avoir vagué sous bois) fait horreur à

l'Australienne de la côte Sud et la tient éloignée de la horde nomade qu'il rejoint.

Conclusion n® i . — Non-seulement l'organisation sociale des noirs du South- Australia n'égale pas celle des bons et braves Kangourous, qui vivent si gentiment, avec leurs femmes et leurs enfants, dans les environs de la baie des Chiens-Marins ; mais elle ne vaut même pas Tordre qui régit la coUeclivité animale que j'estime être la plus grossière de toutes celles où mâles, femelles et petits vivent continuellement ensemble: celle des brutaux bisons, qui paissent les plus rudes prairies de l'Amérique du Nord .

Elle ne la vaut même pas ! Car s'il y a, dans chacun des troupeaux de ces farouches ruminants, un chef dont le double monocratisme (sexuel et politique) despotise tout le monde ; ce chef sait du moins jeûner, pour celles dont il est jaloux, et risquer sa vie, pour ceux qui (déjà) lui portent ou lui porteront (un jour) ombrage ; tandis que, dans les groupes d'Australiens méridionaux, c'est toujours, pour les femmes et pour les enfants, le médiant vouloir de chaque homme et jamais la protection d'un seul.

Eh bien! de ce que l'organisation sociale des naturels du littoral Sud australien en est encore

à un lel degré d'infériorité animale, qu'elle ne vaul même pas celle des bisons ; dirons-nous qu'elle est tout-à-fait arbitraire et que la science, la justice et la logique sont complélemeiit étrangères à son mécanisme?

Non, certainement nonl

Car si l'on prend en considération, premièrement, la stérilité beaucoup trop grande encore du sol que foulent aux pieds les Papous méridionaux; secondement, les deux seuls instincts qui soient encore bien éveillés en eux; troisièmement, les penchants plus nombreui et plus élevés qui déjà fonctionnent chez leun compagnes; quatrièmement, la supériorité plastique, et, par suite, mentale, dont jouii l'organisme de ces dernières ; cinquièmemeni enûn, la valeur pratique des individus qui entrent dans l'étrange société humaine quf nous cherchons à comprendre; on trouve:

d'abord, que l'organisation de ces Papous d'antépénultième âge social est fort logique: ensuite, qu'elle est rigoureusement juste; après qu'elle est, [pour les adultes hommes), auss bonne que possible; (pour les femmes nubiles) tolérable à la rigueur ; et, (pour les enfants) cruelle au cas échéant seulement; enfin, qu chaque âge et chaque sexe y jouent le rôle qu l'anatoinie et la physiologie consultées leu

auraient indiqué ; en un mot que cette société (dominée par un monde encore trop méchant) ne pourrait exister, si elle n'était elle-même encore trop méchante aussi.

Mais affirmer ne suffit pas. Il faut prouver. Donc prouvons.

Je commence par le point de vue logique :

Premièrement. La terre delà côte Sud australienne est trop infertile encore, pour que les hommes d'une bande nomade (complanl 40, 12,13 individus, peut-être dix-huit) aient d'ordinaire leur suffisance, si les femmes ne se privent pas en leur faveur.

Donc, étant les plus forts (dans le groupe où, pour la première fois, nous voyons des Papdus de tout âge et de tous sexes vivre continuellement ensemble) , ils forcent, tout naturellement, les femmes à se priver pour eux.

Bien de plus logique I

Secondement. Dans la cervelle de ces susdits Papous, il n'y a de bien éveillé encore que rinstinct nutritif et l'instinct destructeur.

Grâce aux femmes, le premier de ces deux penchants se tait un peu.

Donc, pour mieux satisfaire le second, tout

naturellement ces Papous quittent leur misérable état de maraudeurs, presque toujours solitaires, pour embrasser la profession (plus savante, plus noble et plus rétribuante) de chasseurs attachés d'une façon permanente à une meute permanente elle-même.

Quoi de plus logique encore 1

l^oisièmement. Chez ces Papous, une chose seulement peut tenir tête, pendant longtemps, à l'instinct nutritif; à savoir: l'horreur du travail.

Chez les femmes qui les accompagnent, l'égoïsme de l'estomac est, au contraire, déjà vaincu par l'amour maternel et l'attachement si naturel du faible au fort-

'Donc ce faible, pourse faire tolérer avec toute sa bande, travaille le plus qu'il peut, au lieu et place de ce fort ; et ce fort, paresseux autant qu'on peut l'être, se laisse faire de tout son cœur.

Quoi de plus logique aussi I

Je passe à la considération jmsïîc*.

Premier point . — Dans le but d'exploiter ou combattre musculaireraent les divers êtres vivants d'un même territoire; des personnes

de forces trè«-înégales forment une association. Pour qui, en toute et rigoureuse justice, doivent Hre les plus gros bénéfices, et pour qui les plus lourdes charges ?

— En stricte et rigoureuse justice (la chose ne saurait faire aucun doute) les plus gros bénéfices doivent être pour ceux qui courent les plus grands risques et produisent les plus gros efiForts ; (;t les plus lourdes charges, pour ceux qui courent les moindres risques et produisent les moindres efforts.

— Donc, puisque (pour ce qui est de l'aide, assistance et protection à valoir au groupe social des Australiens méridionaux) les plus grands risques à courir et les plus grands efforts musculaires à produire sont, en cas de . lutte majeure ou de puissant obstacle k surmonter, pour le Papou australien méridional, pendant que les meilleurs résultats sont pour la femme et pour Tenfanl, qui ne lui sont rien (absolument rien] qu'un surcroît d'êtres à défendre ; il est de toute justice qu'en cas de lutte mineure, c'est-à-dire, de simple difficulté de maraude à surmonter (autrement dit, de disette) la femme paie de sa fatigue ou l'enfant de sa personne.

SecoM point. — Voici une société qui péri-

dite, par le fait d'événements contre lesquels elle ne peut rien ; car on ne peut rien contre les conséquences de la sécheresse en Australie méridionale, surtout quand on est Papou.

Lorsqu'il s'est agi de former ou maîntwiîr celte susdite société, les uns ont constamment dit ; non ; les autres ont constamment dit : oui. Quels sont ceux qui, en stricte eL rigoureuse justice, doivent, au cas échéant, en être le plus punis?

— Ceux qui ont le plus fortement dit : oui, évidemment I

— Donc, puisque c'est le groupe amazone, le groupe enfanto-maternel, qui s'est le plus volontairement comme le plus obstinément soudé à la meute de Nemrod, au groupe masculin ; il est de stricte et rigoureuse justice, la famine advenant, que la peine morale retombe sur l'élément féminin, et la matérielle, sur l'élément puéril.

Troisième point. — Un crime a été forcément commis. Des naufragés (obligés d'abandonner leur navire et limités par les dimensions de leur canot de sauvetage) ont fini par tuer un des leurs et le manger, pour lâcher de sauver les autres. Que doit faire la stricte et rigoureuse justice?

— Informer, évidemment I Reconnaître s'il y a eu cas de force majeure ; si Ton a obtenu le salut commun au moins de frais possible; et passer outre; voire même féliciter, s'il y a lieu,

— £h bien ! puisque de par Tinfertilité du littoral australien Sud, le groupe nomade qui nous occupe est dans la position d'un canot de naufragés manquant de vivres, avant d'arriver au port; si un enfant (sacrifié au lieu d'un heîmme), a suffi pour sauver tout le monde; en stricte et rigoureuse justice, grâce aux circonstances atténuantes et au résultat obtenu, il y 9 lieu de passer outre ; peut-être môme, de louer ses bouchers.

Quatrième et dernier point. — Voici une société coopérative qui renferme des majeurs et des mineurs, des êtres moralement forts et et des êtres moralement faibles» des êtres qui réparent leur appareil à se mouvementer et leur appareil à penser avec une facilité prodigieuse, et des êtres qui ne peuvent faire l'un et l'autre qu'avec une peine infinie ; sur qui doit le plus ordinairement retomber la responsabilité?

— Sur l'être majeur mentalement et matériellement, la chose va de soi.

— Donc, puisque la femme papoue est maté-

riellement et mentalement supérieure au noir ; puisqu'elle se refait de la chair humaine et de la pulpe à penser, a beaucoup moins de frais et beaucoup mieux que cet être qui ne vaut plus qu'elle qu'au point de vue musculo-dynamique; il est de rigoureuse, sinon douce justice, que ce soit sur elle que retombent, le plus ordinairement, les travaux les plus ordinaires de la communauté.

J'use à dessein du mot communauté ; pour qu'il soit, une fois de plus, Bien dit et surtout bien entendu que, dans le groupe australien nomade qui nous occupe, on ne trouve pas (chose fort heureuse) une seule femme auprès de son mari, ni un seul enfant auprès de son père, bien qu'on y trouve (comme en la plupart dès couvents) des hommes, des femmes et des enfants.... Et j'écris entre parenthèse:

chose fortheurôuse ! parce que ce susdit groupe australien nomade (qui vaut mieux, comme essai de société humaine, que tout ce que nous avons vu jusqu'à présent) n'existerait bientôt plus, faute de protecteurs suffisamment vigoureux; si, en de certaines circonstances, les hommes hésitaient à frustrer les femmes ou manger quelqu'enfant, sous prétexte qu'ils sont les maris des unes ou les pères des autres.

Je passe à la considération science.

Autrement dit, sans entrer dans tous les détails d'une démonstration anatomô-physiologique bien rigoureuse ; j'indique les faits, qu'il faudrait invoquer, pour prouver que (sous tous les rapports, sauf celui de la puissance musculaire) la Papoue est supérieure à son compatriote ; qu'elle est, tout à la fois, la vraie force mentale et le véritable pivot matériel du groupe australien qui nous occupe; qu'elle seule a pu le concevoir assez nettement pour essayer de l'organiser ; et que, pour tous ces motifs, elle doit, plus qu'aucun autre adulte, être matériellement et moralement frappée dans ses affections, s'il se trouve, faute d'aliments, en perdition imminente.

Quand, à force de nous mouvementer ou tourmenter, nous finissons (n'en pouvant plus) par être forcés de nous tenir cois ; on dit, en se moquant de nous, que nous sommes à bout de forces, que nous nous sommes foulé la rate, que nous nous sommes fait trop de bile.

Eh bien I analomiquement et physiologiquement parlant, que signifient ces expressions: à bout de forces : rate foulée : excès de bile ?

Elles signifient que nous avons tellement troublé le jeu de notre cœur et de nos poumons,

en nous agitant comme des énergumènes ou en broyant du noir, que la majeure partie de notre sang (devenu tout-à-fait impur) est reléguée dans notre foie, dans notre rate et dans nos reines mœsentero-abdominales qu'il encombre.... en attendant l'heure du repos ou de l'accès fébrile qui (doucement ou par force) le fera passer de l'état de liquide déblai à l'état de liquide remblai, de l'état de sève épuisée à l'état de sève nutritive, en changeant (au moyen d'une bonne dose d'oxigène) sa vilaine couleur noire en belle couleur rouge. ... elles signifient, dis-je, que la majeure partie de notre sang (devenu tout-à-fait impur) est relégué dans notre cavité veinoso -abdominale pendant que la mineure partie de cette masse cruorique, celle que notre cœur pousse encore à visiter tous nos lisssus, est déjà si veineuse elle-même, qu'en les traversant elle ne peut plus rendre à nos muscles, leur vigueur de contraction et, à nos centres nerveux directeurs, leur force de commandement-

Donc, premier fait, toutes les fois que, par notre faute, nous transformons plus de sang artériel en sang veineux que nos organes respiratoires ne peuvent retransformer de sang veineux en sang artériel : nous encombrons tous nos viscères abdominaux (nos hypo-

chondres) de mauvais sang, de sang désoxygéné, de sang impropre à entretenir la vitalité de nos chairs.

Cet envahissement de nos veines abdominales, ou mieux cet emmagasinemenl de notre sang veineux dans les viscères de notre ventre, ne se produit-il que lorsque nous sommes, de no're propre mouvement, matériellement ou mentalement déraisonnables?

Non ! Ouelle que soit la cause personnelle ou impersonnelle (organique ou mondaine), qui ne nous permet pas de suffisamment bien artériali^r notre sang; du moment qu'il n'acquiert ou ne récupère pas une pureté suffisante ; l'encombrement dont je viens de parler se produit.

Donc, second fait, analogue sinon identique au premier : toutes les fois que [par la faute du pays où nous vivons] l'air que nous respirons, les aliments que nous mangeons, les eaux que nous buvons et les logements que nous habitons, nous valent un sang de qualité par trop inférieure ; ce sang encombre surtout nos viscères et veines abdominales, en attendant une saison meilleure, pour se rougir, ou même une crise morbide, poui^s'épurer ; et notre or-

ganîsme languit matériellement et surtout mentalement, jusqu'à ce qu'il ne se produise, en nous ou bien autour de nous, quelque événement favorable.

Eh bien I parce qu'il en est ainsi, parce que les Papous qui nous occupent respirent un air trop souvent sec et chaud, mangent des aliments trop souvent insuffisants et malsains, boivent des eaux trop souvent extraites de vieux bourbiers ou de vieux troncs d'arbres, habitent des trous ou des gourbis trop souvent humides et enfumés, font des courses trop souvent excessives, supportent des jeûiies trop souvent prolongés, et cœlera, et cœtera...; leur sang, trop souvent impur, stagne en leurs viscères abdominaux au détriment de leur activité musculaire et surtout de leur activité mentale. Mais!

Mais, parce qu'en présence de ce fait commun aux Papous des deux sexes, l'homme et la femme se présentent avec une structure et des fonctions abdominales notablement différentes; pour l'homme et pour la femme, les conséquences vitales, musculaires et surtout mentales de celte même fatalité climalérique sont notablement diiféreQ|es aussi.

£n effet, tandis que chez Thomme, à Tétat normal, rien, absolument rien, ne vient de temps à autre débarrasser l'abdomen du sang

impur qui le surcharge sang impur qui

forcément contamine (en rentrant, tôt ou tard, dans le torrent circulatoire) le peu de sang artérialisétïni s'y trouve, et contribue par cela même à diminuer la vigueur musculaire et surtout la lucidité d'esprit qui auraient pu se développer sous Tinfluence d'une irrigation

cruorique plus vermeille que leur mélange

tandis que, dis je, rien, absolument rien ne vient de temps h autre débarrasser l'homme de sa fatale torpeur ; chez la femme (vraiment femme, au contraire, c'est-à-dire, dans la plénitude de ses fondions organiques spécifiques) trois et même quatre événements physiologiques plutôt qu'un viennent périodiquement débarrasser l'abdomen de son excès de sang veineux; et, ce faisant, prévenir Tempoisonnement du sang artériel qui parcourt l'organisme ou, ce qui est tout un, empêcher l'allanguissement qui en serait forcément résulté de toutes les fonctions de son être.

Parlant ainsi, je fais allusion aux lunaisons, à la gestation, à la parturition et finalement à l'allaitement. f

P Je dis lunaisons, pour vous faire bien enten-

dre que la femme sauvage suit bien plus en SOS (époques Talmanach musulman que le calendrier catholique ; ou, si mieux vous aimez, qu'elle obéit bien plus aux maréeâ atmosphériques déterminées par notre satellite qu'aux délimitations mensuelles, beaucoup plus irrégulières d'ailleurs, de nos astronomes.

Mais, assez de science comme cela, et, puisque les faits purement esthétiques ne manquent pas à l'appui de notre dire, invoquons les faits purement esthétiques

Ce qui prouve que l'Australienne méridionale puise bien eiïectivement et bien exclusivement, dans le fonctionnement régulier des organes attachés à sa mission maternelle, tous les éléments cruoriques de la force mentale, qui la pousse à soutenir l'organisation sociale en vigueur chez les Papous du Sud ; c'est que, depuis sa naissance jusqu'à l'époque de son retour, elle est mieux faite, comme femme, que ne Test son compatriote comme homme ; qu'en outre, ses chairs sont constamment plus fermes que les siennes ; qu'en outre, elle est beaucoup plus active et beaucoup plus intelligente que lui ; et qu^n outre, toujours cette su-

périorité végétative, animale et mentale, s'accentue d'autant plus qu'ils vivent (l'un et l'autre) en pay2> plus insalubres, qu'elle est alors plus odorante, et que (surtout) elle est en mode vital

plus exclusivement féminin ; tandis qu'à

partir du moment où elle n'est plus fécondable elle perd, avec une rapidité prodigieuse, le cachet juvénile qui lui avait, jusque-là, valu la beauté du diable; amoindrit tous ses muscles; en accentue, plus angulairement que ne le fait jamais son compatriote, toutes les attaches péri-articuïaires; devient beaucoup plusbéteque lui ; et, plus que lui, enfin, exagère les défectuosités, ou si mieux vous aimez, les caracléristiquesde sa race: élroitosse et dépression crânienne, prognalisme de la face, déhanchement général de tout l'être; etcœtera, et cœlera, et caetera.

Je dis : et caetera, et caetera, et caetera ; parce que poursuivre l'énuméralion de tous les défauts esthétiques de la Papoue méridionale devenue vieille serait empiéter sur la seconde partie de ce volume. En conséquence retournons à l'examen des faits et gestes qu'elle accomplit, à l'âge où elle est dans toute la plénitude de sa valeur sociale et surtout socialisante.

En df^pit des obstacles que lui créent, d'une part, Taridité fort grande encore do son pays, et, de l'autre, le très-piètre développement cérébral de l'homme qu'elle tient à fréquenter ; la Papoue méridionale, grâce à la pureté supérieure du sang qui, déjà, fait vibrer, en son cœur, l'amour maternel et l'attachement si naturel du faible, qui a besoin de protection,

au fort, qui pourrait lui en accorder la

Papoue méridionale, dis-je, travaille aussi courageusement qu'instinctivement à faire de son compatriote un être capable de continuellement vivre en société.

En termes plus crus mais plus clairs, sur la côte Sud australienne, la femme n'en est même pas à domestiquer l'homme, c'est-à-dire, à le rendre apte (ainsi que le sont, depuis si longtemps déjà, nos chiens, nos béliers, nos taureaux et même nos cochons) à se reproduire ailleurs que sous bois, avec une inconnueaffolée comme lui ; mais seulement à l'apprivoiser, à lui faire contracter l'habitude de voir aller et venir, autour de lui, des femellps et des petits de son espèce ; comme font à l'état sauvage, les trois premières sortes d'animaux que je viens de citer.

Eh bien I pour en arriver à ce résultat si désirable, ces femmes sauvages que font-elles?

Ne s'adressent-elles, chez leurs tristes compatriotes, qu'à rinstinct nutritif et à la surface de l'estomac ; ou bien, quoiqu'ils n'aient progressé que de deux pas encore, caressent-elles déjà, en eux, lun penchant plus sociable que leurégoisme de famélique sempiternel et un organe sensoriel moins grossièrement impressionnable que leur muqueuse abdominale ?

Voyons un peu ce que vont répondre les agissements que nous avons relatés ci-dessus.

Premier fait. L'empressement que mettent les Papoues méridionales à se faire les pourvoyeuses, chiennes d'arrêt, porte -balles et bêtes de somme de leurs noirs compatriotes n'est, en rien, comparable à l'extrême ardeur qu'elles apportent à se montrer leurs trèsattentives et fort persévérantes souffleuses de feu, si épuisant que soit cet office.

Et, êecondfait, confirmant le premier, les rigueurs que ces quasivestales subissent, de la part de ceux qu'elles servent en dépit d'euxmêmes, ne sont en rien non plus comparables (quand les vivres font complètement défaut)

aux mauvais traitements qu'ils leur infligent, lorsqu'elles les laissent manquer de combustible, durant des nuits trop froides et trop longues.

Donc, TAustralienne méridionale (deux fois instruite, et par ce qu'elle éprouve et par ce qu'on lui fait éprouver) s'adresse avant toutes choses, pour en arriver à ses fins, à l'horreur qu'inspirent au noir la fatigue et surtout le froid obscur; en d'autres termes, flatte beaucoup plus sa peau et sa fibre musculaire* que ses différentes muqueuses.

Sa peau et sa fibre musculaire, beaucoup plus que ses différentes muqueuses ! c'est-à-dire le siège et l'ensemble des organes qui peuvent le plus nettement lui apprendre ce qu'il est, ce qu'est le monde et ce qu'il y peut faire ; plutôt que ceux qui ne peuvent que lui faire vaguement sentir combien ce susdit monde le malmène, pour le peu qu'il lui accorde.

Tant (et c'est là que j'en voulais arriver!) tant il y a que chez l'homme le moins intelligent lui-même, le désir de satisfaction, sinon encore spirituelle du moins immalériellemeul sensorielle, prime le besoin de réparation plastique.

ife&

tij,ii^

Certainement, cette dernière exclamation ne manquera pas de vous sembler étrange ; peutêtre môme paradoxale. Mais si vous voulez bien attendre, pour la juger, que je vous aie fini (à propos des Papous australiens) l'histoire naturelle ou anatomo-physiologique du noir et (à propos des nègres africains) l'histoire sociale ou politico-religieuse de ce même genre d'hommes ; vous trouverez peut-être (en voyant d'où nous viennent l'absolutisme religieux et la croyance en un Être suprême plus puissant que l'humanité) que je n'ai pas exagéré le besoin que nous avons de nous expliquer (à tous nos âges, tant individuels que sociaux) ce qui se passe autour de nous ; en affirmant que, chez le sauvage australien du Sud, le besoin de satisfaction spirituelle prim« le besoin de satisfaction matérielle.

A coup sûr, un pareil homme, à chaque fois qu'il réfléchit sur une question, si simple qu'elle soit, aboutit neuf cent quatre-vingt-dixneuf fois sur mille à une erreur plutôt qu'à une vérité ; quand, chose mille fois plus fréquente encore, il n'aboutit pas au sommeil. Mais, parce qu'il en est ainsi, dirons nous que jamais son intelligence ne fonctionne ni ne produit? Non, car à toutes les armes offensi-

ves inventées par son compatriote de la côte Ouest, il a ajouté la hachette et la case, pour ce qui est du perfectionnement purement matériel ; et, pour ce qui regarde ramélioratioa moralo - sociale, le protpctorat (chèrement soldé, je le veux bien, mais enfin le protectorat) permanent du groupe défensif des Amazones par le groupe offensif des Nemrods ; protectorat qui, s'il ne satisfait que tout juste à ce qu'il y a d'instincts sociaux déjà éveillés chez la femme, suftit, en revanche, plus que largemement à ceux qui ne font que poindrQ à peine .chez l'homme; si tant est qu'ils aient déjà virtuellement affirmé leur existence.

LIYEE QUATRIÈME

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