‹ Quatre années en OcéanieChapitre 16 sur 35 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Discours en trois points à propos des us et coutumes de TÀustralien Oriental et de rOrnithorbynque,

Premier point.

Le Papou de la côte Est australienne est horriblement sale et puant.

L'Ornithorhynque , au contraire, passe (comme le canard, la loutre et le castor, avec lesquels il a plus d'un rapport) une bonne partie de son temps à se bien lustrer et graisser le poil.

Donc, au point de vue des soins que tout être vivant un peu raisonnable doit à sa personne, cet étrange petit animal vaut mieux que le quatrième représentant de notre variante végétative australienne.

Second point.

Le Papou de la côte Est n'est, comme umoureuX'y qu'un bandit; comme époux, qu'un lâche polygame qui ne sait que maltraiter

(afin qu'elles Taîdent à vivre) les malheureuses qu'il prend pour femmes ; enfin, comme pèrcy qu'un être sans entrailles qui, jamais, ne s'occupe de son enfant, que s'il est mâle et déjà grand comme lui.

Abstraction faite des soixante et quelques minutes d'égarement caniculaire qu'il subit chaque année, l'Ornithorhynque est juste le contraire.

En effet, les violences, qu'il commet alors,

le rendent si honteux et si repentant I

que, pour les réparer de son mieux, il se fait, successivement, le plus prévenant des maris, le plus tendre des pères et le plus travailleur des bourrus bienfaisants. Le plus travailleur des • bourrus bienfaisants signifiant qu'il ne cesse, pendant ses huit mois de mbnomanie cénobilique, de continuellement maintenir, pour le plus grand bien-être de sa femme et de son enfant qu'il ne veut même pas voir, de continuellement maintenir, dis-je, en parfait état tous les terriers de ses diverses pêcheries.

Donc, au point de vue des soins que tout être vivant quelque peu sociable (pour ne pas dire monosexué) doit à sa femelle et à son petit, le Papou de la côte Est australienne ne vaut pas encore l'Ornithorhynque.

Troisième point.

En dépit de sa douceur habituelle, rOrnithorhynque ne peut supporter la vie de famille que pendant quatre mois.

Tout au contraire, malgré son profond égoisme, TAustralien Oriental la supporte durant l'année entière et, qui mieuxest, se bat tant bien que mal pour la petite tribu dont il fait partie.

Donc, ce Papou, qui ne vaut encore (ni comme parent ni comme individu) un animal on ne peut plus égoïste durant les deux tiers de l'année, a cependant sa valeur civique.

Eh bien I cette valeur civique égale-t-elle déjà celle du chien sauvage, qui habite lui aussi la côte orientale de la Nouvelle-Hollande; ou bien devons-nous dire encore que, sous le rapport du cœur et du caractère, on trouve, même en Australie heureuse, des animaux supérieurs à l'homme.

Pour traiter pareille question, il faut évidemment connaître les us et coutumes de l'être que nous voulons comparer au Papou oriental.

Donc, étudions les mœurs du chien de la Nouvel le-HoUa nd e . *

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