CHAPITRE VIII
Dans l'intérieur de leur village» ceux des Papous de la côle Est autralienne que j'ai tfailésde Romulus et de Tatius agissent et parlent, s'habillent et se tiennent si bien comme le restant de leurs compatriotes, qu'il est impossible de les en distinguer.
£ien plus^ pour qu'ils se permettent de faire ou dire autrement que les autres, il faut un événement exceptionnel, tout à fait exceptionnel.
Donc, sur la côte Est australienne, si l'orgueil a fonctionné déjà (dans un village, non pas de la gent canine, la chose est trop certaine pour être mise en doute, mais bien de Tespèce humaine) c'est évidemment d'homme à femme et d'homme à chien, mais non pas d'homme à homme.
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Gomme quoi les Papous qui liabitent PEst, le Sud, TOuest |
et surtout le centre de la Nouvelie-UoUande ont pour ll'j
formule politlco-sooiale : « Zéro égale zéro, t :>
Sur la côte Est australienne encore, lorsque les naturels d'un village se battent contre ceux d'un autre village ; c'est toujours (comme font les chiens d'une même garenne ou les perroquets d'un même tronc d'arbre, quand ils en viennent aux prises avec les chiens d'une autre garenne ou les perroquets d'un autre tronc d'arbre) jusqu'à lassitude complète, mais non jusqu'à résultat décisif.
Donc, parce que, faute de vainqueurs et de vaincus,, l'idée ne peut naître en la cervelle d'un seul membre du parti qui aurait triomphé d'exploiter et dominer indéfiniment ceux qui auraient été battus; si l'orgueil a déjà parlé (chez les jPapous de la côte Est australienne, non plus à l'intérieur d'un municipe humain mais bien à l'extérieur) c'est peut-être d'homme à chien, mais ce n'est certainement pas d'homme à homme.
Eh bien! parce qu'il en est ainsi ; nous affirmerons, des Australiens orientaux, qu'ils ont (pour atténuer le despotisme de leur milieu cosmique, floral et faunique, pour se désauvager et désensauvager un peu, comme diraient les Mahouris) qu'ils ont, dis-je, inventé, de plus que leur compatriotes méridionaux, le bouclier en même temps que la chasse cyné-
gotique et constitué la famille en même temps qu'ébauché la commune!... Mais nous ne dirons pas qu'ils ont conçu un être humanocollectif plus complexe que cette dernière : le canton, par exemple ; pas plus que nous ne dirons qu'ils ont, pour cette commune susdite, entrevu une manière d'être eft d'agir plus relevée que celle qui a directement trait à son existence matérielle ; une position et un rôle de chef-lieu par exemple aussi.
La conclusion à tirer de tout ce qui précède, la voici : en fait d'organisation sociale, bien qu'ils aient presque domestiqué le chien, les Papous orientaux en sont encore à vivre entre eux, comme vivent les perroquets ou mieux les perruches de leur pays : par bande ayant chacune son tronc de vieux arbre, dans l'intérieur duquel chaque famille a son trou.
Donc, malgré qu'ils aient posé la base, par excellence, de la grande ligue des animaux philanthropes, qui doivent aider l'homme à dominer la terre ; ils en sont encore à résoudre (matériellement et moralement, tous tant qu'ils sont), la dernière variante océanienne de la triste équation politico-sociale, zéro égale zéro, que l'Australie pose sous des formes encore plus cruelles à ses naturels de la côte méridio-
nale, des environs de ]a baie des Chiens-Harins et surtout (surtouti ] du désert cenlraU
Eh bien! pourquoi, gouvernemenlalement parlant, ces Papous orientaux n'en sont-ils que là encore ?
— Pourquoi î Parce que, malgré sa qualification d'heureuse, celte partie de la Nouvelle- Hollande est encore si avare d'eau, de plantes (;t de bétes, qu'un être humain supérieur ne peut s'y faire un sang assez riche; pour que son orgueil enflammé (voulant enfin dominer plus fier qu'un chien) s'enléle à commencer par la diversité des occupations humano-masculine (par la division du travail, source du progrès) la hiérarchie des positions sociales, cause d'ordre.