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CHAPITRE PREMIER

De la peau, envisagée comme organe exclusivement végétatif, chez le Noir qui habite les pays excessivement chaudar et excessivement secs.

PEEMIEE PROBLÈME

Déterminer ce que deviendra (sous tous les rapporte) la peau de l'homme, obligé de subir, dans sa parfaite nudité primitive et sans la moindre protection sociale, toutes les fatalités cosmiques du désert torride, australien ou africain.

Sachant, d'une part, qu'en cette immense localité le sol est aussi instable que stérile, et l'air aussi pauvre d'impulsions mécaniques, d'images visuelles, de modifications électriques, d'ondes sonores, de variations barométriques, d'humidité, d'arômes, de saveurs, et cœtera, et cœtera, que riche de calorique et de lumière durant le jour; sachant, dis-je, tout cela d'une part;

£t sachant, de l'autre, que notre peau se

compose, en tant que membrane végétative:

premièrement, d'une sorte d'écaillé épidermodéfeusive, formée de cellules plus ou moins transparentes diposées par couches ; secondement, d'une nappe de granulations pigmentaires plus ou moins abondantes, ainsi que plus ou moins colorées ; troisièmement, d'un corps muqueux, placé sous ces dernières et leur donnant naissance ; quatrièmement, d'une infinité de papilles vasculaires recouvertes par ce susdit corps muqueux, papilles diversement alignées, suivant les régions qu'elles occupent, et trahissant leur présence par les innombrables lignes courbes qu'on nous voit surtout aux pieds et aux mains ; cinquièmement y d'un feutrage dermique, à fibriles blanches et jaunes servant de support ainsi que d'origine à ces susdites papilles; sixièmement, de hxxlhes pileux; septièmement, de leurs glandes sébacées; huitièmement, de glandes sudorales; neuvièmement, d'artères, de veines, de vaisseaux lymphatiques et de nerfs végétatifs (centrifuges aussi bien que centripètes) allant entretenir la vie et surveiller le jeu de ces différents organes ; eidixièmement, enfin, d'un coussinet cellulo-graisseux dans l'épaisseur duquel sont abritées (en même temps que les glandes auxquelles ne suflSt pas l'épaisseur de notre

peau proprement dite) les plus grosses branches des vaisseaux et nerfs dont il vient d'être question.

Évidemment, pour déterminer ce que deviendra une pareille enveloppe, sous Tinfluence d'un milieu si despotique, ou, ce qui est tout un, pour découvrir comment celle peau se modifiera de manière à faciliter, de son mieux, la vie de celui qu'elle est seule à vêtir ; il faut connaître tout ce qu'il est forcé de faire.

Donc cherchons quels tours de force organique le noir (iustralien ou Papou) devra effectuer.

OBAKULÂTIONS PIGHENTAIBES.

Le premier de tous, incontestablement, sera de pouvoir supporter (sans la moindre indisposition, sans la plus petite bourbouille) une insolation capable de faire monter (comme la chose arrive à Calcutta, Bagdad et autres localités) le thermomètre centigrade jusqu'à 50, 55, 60 et même 62 degrés.

— Eh bien 1 ce premier tour de force ; comment le noir l'effectuera-t-il ?

— En imitant les plantes; en disposant sa

peau comme les végétaux disposent leurs feuilles, les pétales de leurs fleurs et la pelure de leurs fruits, quand la richesse caloricolumineuse de l'air qui les baigne oblige ces être vivants à mieux élaborer leurs produits respectifs; en laissant tout bonnement les granulations de son pigmentum sous-cu^

tané se forcer de couleur et de nombre

comme dans les feuilles des arbres, les pétales des fleurs et le péricarpe des fruits (qui ne comprennent certainement pas ce qui se passe en eux) se forcent de teinte et de nombre les grains de chorophyle verte, jaune, rouge, bleue ou toute autre couleur ; quand des circonstances météorologiques luxuriantes déterminent la production de pulpes plus savoureuses ou d'huiles plus odorantes.

C'est que le pigmentum est, aux animaux, ce que la chlorophyle est aux végétaux. C'est qu'il absorbe et décompose, comme elle le fait, les rayons du soleil ; afin d'amoindrir leurs trop puissants effets caloriques, en utilisant (au profit de toutes les chairs) leurs autres propriétés phisico-chimiqucs.

La chlorophyle et le pigmentum 1 Tels sont donc, si je peux ainsi parler, les meilleurs

charbons culinairo-plasliques des plantes et des bêtes ; les poussières florales et fauniques les plus efficacement végélativo-catalysantes ; les granulations diversement colorées qui semblent posséder, au plus haut degré, ce pouvoir quasi-mystérieux à Tombre duquel ce qui n'était encore que matière minérale, que subs-, tance aveuglément esclave du monde extérieur, devient pulpe vivante, tissu organique à initiative propre, élément organisé d'autant plus impressionnant qu'il est plus impressionnable.^ Un de nos appareils, organes ou tissus, doit-il, pour son propre compte ou pour venir en aide à l'un de ses compatriotes sous-cutanés, exagérer sa fonction ; immédiatement ce qu'il renferme de pigmentum s*accentue davantage.

— Mais, direz-vous, du moment qu'il en est ainsi et, du moment, en outre, que notre espèce est une, autrement dit, que rien n'existe chez une de ses variantes qui ne se trouve au moins en présence virtuelle dans toutes les autres ; C5) n'est pas seulement chez le noir et dans la peau, mais bien chez tous les autres genres d'hommes (blancs, jaunes ou rouges), et dans tous les tissus possibles qu'on doit voir ce susdit pigmentum (cette catalysante chlorophyle humaine) se forcer de teinte et de quan-

tité; à chaque fois que, provisoirement ou pour toujours, un organe est contraint d'exagérer son pouvoir végétativo- plastique ?

— Rien de plus exact que cette observation.

Chez le nègre (qui doit végétativement

beaucoup travailler de la peau, pour ne pas brûler; beaucoup du poumon, pour ne pas suffoquer ; beaucoup du ventre, pour ne pas mourir soit de faim, soit d'indigestion ; beaucoup du foie, de la rate et des jambes, pour que ces organes ne restent pas lésés quand il se les est foulés à force de courir ; beaucoup du nez, des yeux et des oreilles, pour qu'ils soient très-vite réparés, quand il se les est exténués à sonder anxieusement Tespace ; enfin beaucoup de la cervelle, afin qu'elle ne s'use point à se demander, sans relâche, pourquoi tout lui manque perpétuellement en son affreux

désert) Chez le nègre, dis-je, on trouve du

pigmentum non-seulement sous la peau, mais encore sous la muqueuse aérienne (oculaire?

nasale ou respiratoire), sous la muqueuse digeslive (buccale ou abdominale), soUs plusieurs séreuses et môme en certains centres nerveux.

Quant aux blancs, aux jaunes et aux rouges, toutes les fois qu'une de leurs femmes devient grosse (autrement dit se met en demeure de tra-

yailler beaucoup des parties génitales, de respirer pour deux, et de, beaucoup encore, devoir travailler des seins, bref, de hausser considérablement le ton de son activité organique végétative), le pigmentum, immédiatement, se force, en qualité comme en quantité, en ces susdites parties génitales; aux régions de la peau que sa nudité habituelle laisse à même de fonctionner hématosiquement (en absorbant l'oxygène et les rayons lumineux de Tair), au pourtour du mamelon, où aboutissent tous les conduits galactophores ; et finalement aux régions vasculairement liées avec tous ces organes.

Pour ce qui est des hommes, de ces mêmes variantes blanches, jaunes ou rouges, chaque fois que l'un d'eux (pour cause de tuberculisation ou autre affection) doit augmenter l'activité de son tégument externe ; immédiatement

Mais j'anticipe sur ce qui va suivre; donc bornons là nos digressions.

DES GLANDES SUDORALES ET SÉBACÉES DU PROTOTYPE VÉGÉTATIF DE NOTRE ESPÈCE.

Non-seulement, en son désert, le noir ne doit pas mourir d'insolation ; mais il ne doit pas davantage mourir de faim ou de suffocation I

— Eh bien! pour ne pas succomber à la faim en un pays aussi stérile que le sien, que lui faudra-t-il faire?

— Nous l'avons déjà dit, fournir, au besoin, des courses considérables, et, ces courses considérables une fois terminées, fournir (encore au besoin), c'est-à-dire si elles ont été bien fructueuses, des expansions cutano-abdominales non moins considérables.

— Or, pour se prêter aux tiraillements incessants de la course, aussi bien qu'aux exceptionnelles amplifications d'un ventre bondé outre mesure ; il faut (n'est-il pas vrai?) une humidité parfaite à la peau?

— Evidemment.

— Donc, tout d'abord, il faut que la peau du noir soit toujours parfaitement lubréfiée ; c'est-à-dire parfaitement enduite de sueur ou de matière sébacée, sinon des deux à la fois.

En conséquence (deuxième condition sinequâ non d'existence pour lui) fonctionnement et, parlant, développement considérable de ses glandes sudorales ou de ses glandes sébacées, ou des unes comme des autres en môme temps.

Développement considérable! C'est-à-^ire possibilité, d'abord, en certaines circonstances,

de les sentir sous la peau, comme, à travers la toile d'un sac de plomb de chasse» on sent les grains qu'elle recouvre ; et possibilité, ensuite, en certaines circonstances encore, de trouver celte susdite peau, gr&ce à Tévaporation des hypersécrétions répandues sur elle, aussi fraîches que le sont, en plein soleil, tant de feuilles et tant de fruits sous-tropicaux.

Je dis grâce à Tévaporation, parce que, pour s'envoler, un liquide quelconque dérobe toujours, à la surface qu'il abandonne, une partie de la chaleur qu'elle renferme, afin d'en faire son calorique latent.

Et je dis en certaines circonstances, parce que le même noir a (suivant la saison qu'il traverse, le pays où l'amène la maraude, l'exercice qu'il fait, ou la santé dont il jouit momentanément) la peau douce, fraîche et parfaitement inodore, comme celle de la plus propre des femmes blanches ; gluante, granuleuse et puante comme celle du rhinocéros, de l'hippopotame et de l'éléphant ; ou sèche, infecte et squammeuse, comme celle encore d'un crocodile, d'un caïman ou d'un alligator qui s'est par trop longtemps délecté au soleil.

Mais n'allons pas si vite, et» puisque nous

n'en sommos encore qu'aux glandes sudorales et sébacées, tenons-nousry.

J'ai dit (à propos du spécimen africain ou australien, de notre variante végétative) qu'il ne devait, pour vivre, pas plus succomber à l'insolation qu'à la faim ou à la suffocation ; c'està-dire pas plus mourir de la sécheresse de sa peau qui, par trop racornie, l'empêcherait de mouvoir ses membres et balonner son ventre outre mesure, chose qu'il fait volontiers, que de la sécheresse de sa muqueuse pulmonaire qui, dénuée de toute glande humidipare, ne fonctionne que trop souvent d'une façon tout à fait pénible et tout à fait insuffisante; à en juger par ce qui nous arrive, à nous autres Européens, quand, par hasard, nos étés sont à la fois très-secs et très-chauds.

— Eh bieni pour ne pas mourir de ce fonctionnement pulmonaire, qui n'est que trop souvent tout à fait pénible et tout à fait insuffisant, comment s'y prendra-t-il?

— Puisqu'il n'y a pas, dans notre corps^ une seule glande, élaborant normalement son produit, qui ne contribue à notre hématose; puisque tout appareil sécréteur (qui reçoit une certaine quantité de sang artériel, pour entretenir

son jeu ; plus une certaine quantité de pulpe nerveuse, pour le régulariser ; plus encore une certaine quantité de sang veineux, pour servir de matière première à ce qu'il fait) rend à l'organisme plus de sang rouge qu'il n'en a reçu ; évidemment Thomme à peau noire, pour ne pas suffoquer, fera aider son poumon, au moins par un de ses autres organes sécréteurs ou excréteurs.

— Fort bien! mais lequel choisira-t-ilî Ou mieux lequel désignera, en son lieu et place, l'influence du milieu qui l'entoure? Sera-ce le rein ?

— Non, car c'est en pays froids seulement que se complaît cet excréteur : témoin ce qui nous arrive en été, où nous urinons si peu ?

— Le foie, alors ?

— Pas davantage; attendu que ce n'est qu*aox pays très-chauds, il est vrai, mais fort humides que nous trouvons les impressions cutano-cosmiques favorables à l'exagération fonctionnelle de cette énorme glande: exemples, tous les fœtus, si constamment remplis de maconium, tous les poissons, reptiles, oiseaux el mammifères nageurs, qui hantent les eaux chaudes ?

— Alors, les testicules ?

— Encore moins ; vu que jamais ces glandes ne peuvent bien isécréter sans un excès d'innervation et de pléthore qui, presque toujours, manquent au noir du désert central .

— Eh bien I la rate ?

— Pas plus que les trois précédents organes.

Car, à en juger : premièrement, par Tanatomie des veines mœsentériques de tous les animaux ; secondement j par Tanalomie encore des veines sous-cutanées de certains mammifères plongeurs, terrestres ou aquatiques, quadrupèdes ou cétacés, hippopotames, castors et loutres, ou phoques, baleines et marsouins ; troisièmement, par les formes abdominales et le mode vital de tous les êtres qui habitent des régions marécageuses ; quatrièmement y par l'historique de toutes les fièvres intermittentes ; cinquièmement, par la théorie générale des procédés si multiples qu'emploie l'organisme de tous ceux qui en souffrent, pour préparer (suivant leur point fort ou faible) le stade ultime ou dépurateur spécial à chacune d'elles; et, simèmement, enfin, par le rationalisme des moyens thérapeutiques différents qu'on peut opposer aux accès de ces affections morbides, afin de substituer, à leur intervention hématosante anormale, la douce continuité d'un mode

artérialiseur fonctionnel qui ne nous procure ni trouble ni douleur. .. Car à en juger, dis-je, par ce sextuple ensemble de faits ou phénomènes ; la rate sert bien plus à sécréter un liquide empêchant notre sang de se coaguler en nos veines privées do valvules (si longtemps qu'il y stagne et attende son tour d'hématose) qu'à s'y rubéfier par un travail dépurateur ne pouvant, en aucune façon, verser son excrément au dehors.

Restent donc la muqueuse digestive, le corps thyroïde et la peau .

— La muqueuse digestive, pourra-t-elle, chez le noir en question, venir en aide au poumon?

— Hélas! elle n'a, pour son propre compte, que beaucoup trop à faire ; soit qu'il lui faille, en temps d'aubaines, malheureusement bien rares, transformer en principes de chair humaine des surcharges quasi impossibles de mangeaille; soit qu'il lui faille au contraire en cas de disette, malheureusement trop fréquente, s'épuiser à extraire d'une substance, à peine déminéralisée, jusqu'à sa dernière parcelle de matière humanisable.

Donc, impossible de songer en foit d'auxiliaire hématoseur de quelque importance, à autre chose que le corps thyroïde ou la peau.

Eh bien I sans trop nous occuper du premier de ces deux qrganes qui (si l'on en juge par l'histoire du goitre et du crétinisme, ainsi que par certaines affections féminines coïncidant très fréquemment avec de mauvaises règles) sans trop nous préoccuper, dis-je, du corps thyroïde qui semble jouer (en pays d'air froid, humide et raréfié) par rapport à nos poumons et à notre circulation veineuse supérieure, un rôle analogue à celui que joue notre rate (vis-àvis de notre foie et de notre circulation veineuse inférieure en pays d'air humide et raréfié aussi mais chand)^ sans trop nous occuper, dis-je, du corps thyroïde, glande à fonctions trop peu connues; affirmons, pour en finir et bien finir, que c'est encore sa peau que lé nègre ou le Papou choisira comme son premier auxiliaire, sinon comme son premier organe d'hématose.

Sa peau ! si richement noire de substance végélativo-calalysanteet si à même, vu sa parfaite nudité, d'emprunter à l'air son oxygène.

Je dis comme son premier auxiliaire, sinon comme son premier organe d'hématose ; pour ne pas trop choquer les idées reçues. Car je sais fort bien que le noir respire tant, par cette surface externe, qu'il sufiit de le contraindre à travailler couvert en plein soleil ; pourqu'immé-

diatsnent il s'empoisonne lui-mMie et devienne typhoïque ; comme s'empoisonnent, réciproquement, et, réciproquement, se rendent typhoiques, les blancs qui se fatiguent outre mesure et s'entassent en des logis manquant d'air et de lumière.

DU STSTÈUB VABCnLAIRIS COHTBMtl DAHB LA PSAU DD PBOTOTIPE TiOÊTAIIr SX ITOTRB HSPiCH.

— Soit ! direz-vous ; nous reconnaissons que (de par le pouvoir calorique et lumineux du soleil) le pigmentum ainsi que les glandes sudorales et sébacées du nègre se sont développés, au point de pouvoir enduire toutesa peau d'une rosée aussi dépurante querafraichissante. Mais cela n« suffit point. Car toute bonne et copieuse distillation réclame, cuire un suffisant approvisionnement de charbon animalo-catalyseur et un alambic perfectionné, une certaine dose de savoir directeur; plus une certaine dose, encore, non plus de combustible mais de comburant; plus enfin une certaine dose aussi de matière première, toutes trois en rapport avec la nature et la quantité du produit à fournir.

Une certaine dose de savoir directeur, de comburant et de matière première voulant dire,

tout simplement, au moins un peu d'innervation plastico-sympathique, pas mal de sang artériel, et beaucoup de sang veineux.

Donc, dans la peau du noir

— On doit trouver (ce qu'on trouve en effet), un réseau vasculaire fort développé (on ne peut plus développé) en sa partie veineuse ; développé notablement encore, en sa partie artérielle ; et développé d'une manière assez remarquable en ses nerfs végétativo-incitateurs aussi bien que surveillants.

Avons-nous tout dit, sur la peau du noir 7 Non, certainement non! Par conséquent, continuons à conclure du milieu tout puissant qu'il habite, aux prodiges fonctionnels qu'exige de lui, sous peine de mort, ce susdit milieu tout puissant; et, de ces prodiges fonctionnels, à l'anatomie des organes qui les accomplissent.

DB l'ÉPIDBBMB BT I>U OBKRB DB POIL DU PROTOTYPE YÂGÉTATIF DB NOTRB BSPBCB.

La peau du noir est et doit être (avons-nous dit et prouvé) extrêmement puissante à décomposer les rayons du soleil ; extrêmement souple, extrêmement fraîche et extrêmement hématosante; en un mot, extrêmement perméable aux agents physico -chimiques ainsi qu'aux

vapeurs ou gaz dont Torganisme réclame le passage.

Eh bien! cette aptitude si précieuse (tant pour l'endosmose que pour Texosmose), et cette transparence, si remarquablement diathermane, les posséderait-elle à un aussi éminent degré; si elle était couverte de poils et si, en outre, son épiderme était quelque peu épais ?

— ' Non, évidemment, non.

— Donc, au nombre des conditions, sine qua non^ d'existence du noir, nous ajouterons encore ces deux-ci : poil nul ou mieux réduit à l'état de duvet, comme chez V enfant^ et, comme chez r enfant, épiderme cutané on ne peut plus mince.

Etonnez^vous après cela que certains nègres ou Papous aient la peau douce, autant que le velours ; et totalement dégarnie de poils, sauf au cuir chevelu où se trouve souvent une surcharge de laine.

Quand j'entrerai dans les détails, je reviendrai sur le compte de cette dernière disposition anatomique.

Pour le moment, parce qu'il importe d'en finir avec la peau du noir qui nous occupe ; je passe à l'anatomie du derme proprement dit et du tissu cellulaire qui lui sert de coussinet.

DIS QUALITES DU DEBHE CHEZ LE PKOTOTTPX TÉOÉTATIF DB SOIRE EBFÈOE.

Parmi les tours de force que doit exécuter l'organisme du sauvage qui habile le désert torride, afin de n'y pas mourir ; il en esl doux qui ne le cèdent en rien à ceux que nous avons signalés déjà : faire du chaud, la nuit, ou tout au moins ne pas succomber au froid ; et engraisser, pendant l'abondance, plus vite qu'il ne maigrit pendant la disette.

— Faire du chaud, la nuit, avec sa peau, lui est-ce bien possible ; quand, en dénnitive, la donnée générale de son pays, la résultante des exigences cosmiques de son cHtm&i est positivement un excès de chaleur?

— Evidemment, non.

— Donc, il doit recourirau feu, au vêtement ou à la chair de poule mieux que les deux autres variantes de notre espèce.

Eh bien! c'est effeclivement ce qui a lieu.

Si partout on n'aperçoit pas le nègre enveloppé dans un manteau, durant la nuit; partout, du moins, on le rencontre accroupi, du soir au malin, auprès d'un feu, plus oumoins fort; et rôtissant, d'un côté, pendant que de

l'autre il gèle, frissonne ou grelolle, tout en hérissant le duvet et les papilles vasculaires de sa peau mieux que ne le ferait un autre homme.

Mieux que ne le forait un homme! Le tout pour ne pas laisser trop languir sa circulation eu lano- capillaire; diminuer l'étendue de son tégument externe ; et gêner, crainte d'un refroidissement trop intense et trop prompt, le renouvellement de Tair touchant à sa peau, en entortillant chacune de ses bulles, dans chacune des fibrilles de son duvet si bien frisé. *

Ainsi font les animaux, lorsqu'ils veulent se préserver du froid.

Au lieu de plaquer leurs poils ou leurs plumes contre leur corps et, parlant, de paralyser l'office de leur duvet en le rabattant sur leur peau ; ils ébouriffent, au contraire, ces susdits poils ou ces susdites plumes, afin de laisser à leur bonne doublure de flanelle tout son cflet calorique et isolant.

— Oui, mais chez tous ces animaux, les innombrables fibrilles du muscle peaucier sont autrement plus développées que chez l'homme; et en outre leurs contractions sont du domaine de la vie volontaire.

— Je n'en disconviens pas. Mais, pour être involontaire, l'hérétisme duveto-papillaire du

noir n'en n'est pas moins réel et efficace; attendu qu'il est dans la dépendance d'un derme aussi épais qu'énergique ; dans le ressort d'un feutrage défibre élastique (les unes blanches, tes autres jaunes) aussi promptes à se vigoureusement racornir au froid, que complaisantes à se nonchalemment épanouir au chaud.

Et comment le derme du noir ne serait-il pas, comme les faits anatomiques et physiologiques le montrent, aussi riche que bien corsé. N'est-il pas la base fondamentale de notre peau ; et cette dernière peut-elle (de par la puissance du cosmos, qui ta baigne, et les modifications, qu'il imprime à l'organisme) être beaucoup arrosée, cruoriquement et nerveusement sans que lui, derme, profite plastiquement au moins de cette richesse végétative.

SUTtaSV CBbLVLO aKÂISHEDE BODB-ÉPtDEBUIQCB.

Je passe à l'examen du tissu cellulaire de la peau du noir, soit Africain, soit Australien ; ou, si mieux vous aimez, aux conséquences de ce fait: que le noir doit pouvoir engraisser et parfois engraisse prodigieusement vite.

— Pour engraisser prodigieusement vite que faut-il ? ,

— Avoir de quoi, prodigieusement vite, emmagasiner les aliments qu'élabore le tube digestif.

— Ces aliments une fois élaborés, une fois devenus graisse humaine, oii se logent-ils ?

— Dans les mailles du tissu cellulaire.

— Donc les mailles de ce tissu, cellulaire doivent être tout à la fois, chez Thomme qui nous occupe, fort larges et fort abondantes.

— Eh bien 1 oii leur abondance et leur ampleur, en cas de surcharge, doit-elle nuire le moins à l'organisme ?

— Sous la peau, dont rien n'arrête l'amplification à l'extérieur; et sous cette peau, dans les deux régions dont le développement, aussi prompt qu'anormal, peut le moins gêner les fonctions et mouvements de l'organisme ; à savoir : au ventre, par devant, et aux fesses, par derrière.

— Les faits justifient-ils tous ses aperçus théoriques?

On ne peut mieux. Touchez la peau du nègre et vous verrez qu'elle est comme celle des jeunes animaux, extrêmement mobile sur les tissus qu'elle recouvre. Regardez-la de bien près; et vous verrez, à l'abdomen et aux fesses plus qu'ailleurs, qu'elle est ridée par une infinité de plis losangiques lorsque celui qu'elle

recouvre n'est pas en notable embonpoint. Enfin contemplez le nègre quand il ne se meut que lentement, et vous verrez qu'au ventre, aux fesses et aux mollets sa peau semble ballotter et ballotte effectivement beaucoup plus que la nôtre; pour peu qu'il vienne de pâtir ou seulement de fatiguer.

Cela tient mais, avant de parler d'autre

chose que de la peau du noir, finissons-en avec cette dernière ; en répondant à une objection qu'on ne m'a que trop souvent faite.

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