‹ Quatre années en OcéanieChapitre 28 sur 35 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Denz mots senlement enr le rapport qu'il 7 a entre Is déreloppement intellectael du noir et l'intenaité de son mélaaiBme.

Memsana,incûrporeiano. Songuis moderator nercorun. Ooncln- Bioai plus Ih sang est pur, mieux te carveav fonclionne.

Il est à peu près impossible de parler des Papous ou des nègres à n'importe qui, sans être bientôt apostrophé par cette question des plus simples en apparence : les plus noirs d'entr'eux sont-ils les plus intelligents; ou bien est-ce le contraire ?

A cette demande, si fréquemment posée, tes voyageurs les plus ëmérites et les anthropolo- • gistes les plus sérieux n'ont généralement répondu qu'en se contredisant les uns les autres ; quand ils ne se confradisaient pas eux-mêmes. D'où le public à conclu, assez logiquement, qu'on ne pouvait rien dire de bien catégorique à cet égard.

Eh bien! notre conviction est toute autre. Car (d'après ce que nous avons vu. lu et entendu) nous pensons, au contraire, qu'on peut répondre fort nettement à cette question; et qu'il est inéme assez facile de concilier tous les avis des observateurs, si opposés qu'ils paraissent.

Il suffit, en effet, pour en venir à bout, d'imiter les marchands d esclaves qui ne déterminent jamais la valeur mentale de leurs denrées, plus ou moins foncées, qu'en tenant compte, tout à la fois, de leurs formes, de leur couleur et de leur provenance.

Je m'explique.

Les pays (presque tous intertropicaux, par conséquent fort chauds) qu'habitent les noirs sont de trois sortes: ceux où Vair est on ne peut plus sec, tels que le désert central de l'Afrique ou de l'Australie ; ceux où Vair est surchargé de vapeur d'eau, tels que les îles surbaissées, les deltas des fleuves et les rives de beaucoup de lagons, rivières ou marécages ; et ceux enfin où, malgré Tintensité des rayons solaires, Vair est suffisamment humide et frais, grâce aux vents alizés, à une altitude favorable, au voisinage de la mer, à une bonne orientation, ou à toute autre condition avantageuse.

D'où trois cas à successÎTement examiner pour bien répondre à la question susdite.

Premier cas. — En pays excessivement secs et chauds, le poumon, abominablement crispé, respire aussi mal que possible ; si mal ! que c'est la peau du noir, mouillée par sa propre sueur, qui devient pour ainsi dire le premier organe de son hématose.

Donc, mieux celle peau fonctionne et mieux se nourrit et développe, chez cette variante de notre espèce, tout l'organisme ; et, dans cet organisme, son régulateur suprême, l'encéphale ; et, dans cet encéphale à son tour, sa région la plus délicate, la région intellectuelle ou cortico-cérébrale antérieure.

Conclusion.— Le noir des pays excessivement secs et chauds a l'intelligence d'autant plus nette et lucide qu'il fonctionne mieux de la peau.

Mais, direz-vous, le manomètre du pouvoir sudoralemenl hématoseur de cette grande surface externe ; c'est la force mélanique de son charbon aninialo-calalyseur : la noirceur deson pigmentura'qui, si bien, éteint caloriquement les rayons solaires en les utilisant chimiquement.

Donc, vous répondrai-je, en donnant à ma conclusion sa dernière forme : le nègre et le Papou des pays excessivement chauds et secs sont d'autant plus intelligents qu'ils sont, tout à la fois, plus noirs et plus végétativement bien constitués ; c'est-à-dire, moins esthétiquement bien bâtis.

Pour vous montrer que les faits confirment, on ne peut mieux, ces assertions, déductions et conclusions éminemment théoriques, laissezmoi vous citer quelques lignes du mémoire qu'a publié, sur les nègres, le docteur Pruner- Bey.

«... Dans les maladies chroniques, la dimi- » nution du pîgmentum s'opère toujours à » vue d'œil. Ainsi le nègre pâlit à sa manière, » de même que le blanc. Règle générale : plus » l'individu nègre est coloré par rapport aux » autres personnes de la même tribu, et plus il » est en santé.

^ ... M. Barth prétend qu'au centre du Sou- » dan la peau la plus luisante et la plus noire » possible est l'apanage des nations les plus » intelligentes. »

Je passe aux pays du second genre.

Dans les parages très-chauds et très-hu-

mides ; c'est encore la noirceur du pigmentun» qui indique le pouvoir dépurateur de Tappareil cutané .

Or, en pareilles contrées ; le foie, d'abord, et la peau (fonctionnant sébaciquement) ensuite, ont non-seulemeuf à décarboniquer le sang; mais encore à débarrasser l'organisme de tous les miasmes fébripares qu'absorbe le poumon constamment au contact d'une buée paludéenne.

Donc, plus la peau du nègre ou du Papou de ORS contrées est noire, autrement dit, plus le tégument externe de cette variété humaine ajoute de butirates, de cazéates et de caproates, delactales, urates, et phosphates (plus ou moins sodiques et plus ou moins ammoniacaux) aux choléates et autres savons animaux, ne sentant pas meilleur qu'eux, sécrétés par le foie; mieux se nourrit et développe l'organisme ; el, dans cet organisme, son régulateur suprême : Tencéphale ; et^ dans cet encéphale à son tour, la si délicate surface qui règle sdemnient nos rapports avec le monde extérieur.

Conclmion numéro 2. — Plus est noir (en même temps que mal bâti et horriblement puant) le nègre ou le Papou des pays excessi-

vement chauds et humides ; plus est vive son intelligence.

Pour vous prouver que les faits confirment cette deuxième suite d'assertions, déductions et conclusions éminemment théoriques, aussi bien qu'ils ont fait les précédentes ; laissez-moi vous citer une partie de l'article que le Dictionnaire des sciences naturelles (tome XXI) consacre aux noirs :

« La race nègre comprend deux grandes » variétés, les Cafres et les nègres proprement » dits.

y^ Ces derniers, auxc^uels appartiennent es- » sentiellemfcnt les principaux caractères de » leur race, vivent sur la côte occidentale de » l'Afrique, depuis les environs du cap de » Bonne-Espérance jusqu'au delà de l'embou- » chure du Sénégal et aux îles du cap Vert.

» Ils sont répandus, vers l'intérieur, le long » des plaines qu'arrosent le Niger et les » grands fleuves africains qui se jettent dans * r Océan atlantique, tels que le Sénégal, la » Gambie et le Zaïre. Cette variété comprend » les Jaloffes» les Foules ou Foulis, et les au- » très peuples des pays voisins du Sénégal, de » Sierra-Leone, de Maniguette, de laCôte-d'Or,

» d'Andra, du Benin, du Majombo, des Mar- » d'Ingues, du Loango, du Congo, d'Angola,

* de Benguela et de plusieurs autres coDlrées-»

Ce sont donc les noirs du littoral africain que ne rafraîchissent pas les vents alises, autrement dil, les nègres des sables brûlants, et les nègres des rivages excessivement chauds et humides; ceux, pur conséquent, à peau sudoralc" ment hémalosante, dont nous avons parlé en premier lieu, et ceux k peau sébaciquement artérialisante en même temps que dépurante, dont nous parlons en ce moment même ; tous ceux, en un mot, dont M. Barth, observant au centre du Soudan, à pu dire « la peau

* la plui luisante et la plus noire possible

* est l'apanage des nations les plus intelli-

* gentes. L'exemple des ïolofs paraît confir- » mer cette assertion povr l'Occident. »

Quoi de plus luisant, en effet, qu'une peau couverte de sueur? si ce n'est une peau cou- T<n-te de liquide sébacé I

Je passe au troisième cas.

Dans les pays où (gr&ce au voisinage de la mer, aux vents alises, à une altitude favorable* à une bonne orientation ou à toute autre condition avantageuse) l'air est sufOsamment hu-

mide et frais» malgré Tintensilé des rayons solaires ; le poumon , agréablement caressé par une atmosphère aussi aimable que parfumée, reprend son premier rôle d'organe d'hématose; enlève à la peau toute raison d'exagérer son mélanisme en môme temps que son hypersécrétion sudorale ou sébacique ; et lui permet ^ dès lors, de contracter les teintes et les formes qu'elle adopte, chez les hommes qu'un milieu climatérique meilleur dispense de prodiges végétatifs ou même de tours de force musculaires. Donc ; plus la peau du nègre ou du Papou qui habite les pays sous-tropicaux de notre dernière catégorie est claire ; mieux les formes de ceux qu'elle recouvre se rapprochent des nôtres ; et plus est pareillement claire, nette et vive leur intelligence.

Pour vous prouver (pour la troisième fois) que mes assertions, déductions et conclusions (malgré qu'elles soient éminemment théoriques) sont parfaitement d'accord avec les faits; laissez-moi vous faire une troisième et dernière citation.

Suite de l'article du Dictionnaire des Sciences naturelles précédemment cité : « Les Cafres, qui » composent la seconde variété de la race ne-

» gre» paraissent plus forts que les nègres pro** » prement dits. Leurs traits sont moins diffé- » rents de ceux de la race caucasique ; leurs » mâchoires sont moins avancées ; leur teint » moins noir ; leur peau est moins luisante et » leur sueur ne répand pas, dit-on, cette odeur' » particulière que donne la sueur des nègres » de TAfrique occidentale. Plus robustes, plus » forts que les nègres occidentaux, ils sont plus » gu^rlers, ils forment des Etats plus consi- » dérables, comme ceux du Monomotapa^ du » Honoêmugi) du Maooco et peut*ètre celui de » Tombuctu. Plusieurs Cafres cependant sont » divisés en tribus nomades, voyagent en ca- > ravanes) ont des troupeaux nombreux, vi- » vent de la chair de ces troupeaux ou du lait » qu'ils en retirent, les conduisent dans les » pâturages les mieux arrosés et les moins

» brûlés par la chaleur ardente

» On trouve les Cafres, cette première variété » de la race nègre, depuis la rivière du May nice » ou du Saint*£sprit, jusqu'au détroit de Ba- }» bel-Handel, à Feutrée de la mer Bouge ou » Arabique ; et il parait qu'elle est aussi ré- » pandue sur la côte occidentale de la grande » île de Madagascar. )»

Quoi de plus probant que cette dtationi

Celle variélé Cafre habite-l-elle bien les pays les plus hauts ou les plus ventilés de TAfrique. En vérité, n*est-il pas superflu d'ajouter que (toujours d'après le mémoire sur les nègres du docteur Pruner-Bey) :

« M. Speke assure (pour les nations orien- » taies, entre Mozambique et le lac Nyasa) que » les tribus d'une couleur peu foncée, quoique » nègre pour le reste, l'emportent de beau- » coup (en fait d'activité, de bravoure et d'in- » telligence) sur leurs confrères complètement » noirs.

N*est-il pas, dis-je, superflu d'ajouter pareille chose ? Et par conséquent, bien que je tienne à le faire, plus superflu encore de dire, avec mon défunt ami Jules Yerraux :

« Les Papous des environs du golfe de Gar- » pentarie (qu'on a conduits à Sydney vers » 1845 ou 46, peut-être 47) étaient deshom- » mes excessivement grands, admirablement y^ faits, très- vigoureux, fort intelligents, mais » on ne peut plus féroces. Ils étaient si peu » foncés qu'immédiatement et d'un commun » accord on les nomma Peau Rouges. Ils habi- > taient des bois très-élevés et s'en allaient » chasser, pour les manger, leurs voisins noirs. y^ Mis à côté d'autres Papous; ils semblaient

» de superbes loups à côté de chiens mai- » grès et cœlera, et cœtera. »

N'est-il pas, dis-je, superflu d'ajouter pareille chose? quand, surtout, on croit que ces prétendus Australiens ne sont que des Polynésiens immigrés.

Comme j'ai hâte d'en finir avec cette espèce de préambule, je résume, pour les amateurs d'abstraction, les trois démonstrations précédentes en ces deux phrases qui, je l'espère, concilieront toutes les divergences.

Dans les pays, où le ciel et la terre exigent que les nègres et les Papous fassent de leur peau le principal organo de leur hématose ; plus ce tégument est foncé, plus le noir est intelligent.

Dans ceux, au contraire, où les données sidérales et topographiques font que les pou; mons de ce genre d'homme fonctionnent au sein d'une atmosphère tout aimable ; moins le noir est foncé, mieux il est fait, et plus sont nettes ses idées.

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