DEVANT PETERSBURG
Passage du James. — Premières attaques contre Petersburg. — Mon retour à l'armée. — City -Point. — Le général Ingalls. — Nuit au quartier général. — Le général Hancock. — Pertes de ma brigade pendant deux mois de campagne. — Id. du 2« corps. — Quinzaine de corvées. — Les troupes nègres. — Expédition d'Early contre Washington. — Entre la coupe et
les lèvres, il y a place pour une pendaison. — Première expédition
de Deep-Bottom. — Retour précipité.
Par suite de l'échec de Cold-Harbor, les inquiétudes, que le gouvernement dissimulait en vain, se répandirent parmi le peuple. Après tant de conflits sanglants, après tant de lourds sacrifices, l'ennemi nous présentait encore un front invaincu. En voyant l'armée arrêtée sur les bords du Chickaliominy, on se demandait si Grant n'allait pas reprendre sur nouveaux frais, autour de Richmond, les opérations qui avaient si mal réussi à Mac Clellan. L'opinion publique, ébranlée dans sa confiance, commençait déjà à prêter l'oreille aux sinistres interprétations des journaux de l'opposition, lorsque, dans la seconde quinzaine de juin, on apprit que le lieutenant général avait hardiment traversé le James, et mis le siège devant Petersburg.
Le temps n'était plus où le commandant en chef, dirigeant ou ne dirigeant pas les armées du fond de son cabinet, subordonnait toutes les opérations de l'armée du Potomac à ce mot d'ordre incessamment répété : « Couvrir Washington et Harper's Ferry; » — où le président, prenant au sérieux son commandement constitutionnel de