‹ Quatre ans de campagnes à l'Armée du Potomac (volume 3)Chapitre 29 sur 54 · LÉ GRAND COUP · texte numérisé non relu

LÉ GRAND COUP

Prise et reprise du fort Steadman. — Combats acharnés sur les lignes de rifle* pits, — Le général Mac Allister. — Les conscrits au feu. — Le 124* de New- York et le 59« de TAlabama. — Plans du général Lee. — Instructions du général Giant. — Sentiments de l'armée. — Premiers mouvements. — Le combat de White-Oah-Boad. ^^loi, bataille de Five-Forks, — Warr«n et Sheridan. — Nuit de combats. — Les derniers assauts. — Rencontre du général Grant. — Mort du général A. P. Hill. -r— Venit sumtna die»...

Le 25 mars, aux premières lueurs du jour, je fus réveillé par une violente canonnade entremêlée de roulements lointains de mousqueterie. Je sautai à bas de mon lit de camp, pour mieux écouter au dehors. Quelques officiers d etat-major étaient déjà debout, prêtant l'oreille et se hâtant de revêtir leurs uniformes. Il n'y avait pas à se méprendre. C'était une attaque en force de l'ennemi contre quelque point de nos lignes, en face de Petersburg. — Debout tout le monde ! Faites seller, et que la brigade soit à l'instant sous les armes ! — L'ordre était à peine exécuté qu'un aide de camp du général Mott arrive au galop. — L'ennemi a surpris le fort Steadman sur le front du 9® corps. Il s'est emparé de deux ou trois batteries, et pousse ses tirailleurs sur le chemin de fer de City-Point. La division doit se tenir prête à marcher sans délai. Une partie du 5® corps se met déjà en mouvement.

En quelques minutes, les tentes furent par terre, les bagages chargés sur les wagons, les troupes formées en

bataille, les armes alignées en faisceaux, et Ton attendit. La canonnade grondait toujours et la mousqueterie roulait de plus belle.

A 9 heures un cavalier d'ordonnance m'apporta une dépêche : — La division Hartranft, du9® corps, a repris le fort Steadman et les batteries adjacentes. L'ennemi a laissé deux mille prisonniers entre nos mains. Sa perte en tués et blessés ne peut pas être moindre.

Maintenant, à notre tour, sur la gauche. Il était près de midi lorsque le général Humphreys vint avec le général Mott s'établir à la maison Smith où se trouvait mon quartier général, pour être plus à proximité de la ligne. Le général Meade, convaincu avec raison que, pour renforcer son attaque au fort Steadman, l'ennemi devait avoir dégarni ses ouvrages du côté de Hatcher's Run, avait ordonné d'enlever tous les piquets fortifiés devant le 6® et le 2® corps, après quoi l'on pousserait plus loin, s'il y avait lieu.

Miles, qui tenait la droite, donna le premier et réussit complètement. A mon tour je lançai deux régiments, le 20® de l'Indiana et le 73® de New- York qui, sous le commandement du colonel Andrews, forcèrent tous les riflepits devant nous, et m'envoyèrent une centaine de prisonniers. Mac AUister suivit de près et ne fut pas moins heureux d'abord ; mais bientôt, il eut plus à faire qu'aucun de nous. Par suite de la lenteur de la 2® division à suivre le mouvement, et de la configuration du terrain, sa gauche se trouva en l'air. L'ennemi en profita pour l'assaillir de ce côté et reprendre ses rifle-pits. Le 11® du Massachusetts et le 120® de New- York revinrent promptement à la charge, et pour la seconde fois délogèrent les rebelles. La vivacité de l'engagement révélant de la part de l'ennemi la détermination de regagner le terrain perdu, je dépêchai en avant le 124® de New- York et je suivis bientôt moi-même avec tout le reste de ma brigade.

Nous n'arrivâmes pas une minute trop tôt. A peine la tête de ma colonne eut-elle traversé un ruisseau maréca-

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