‹ Quatre cents ans de Concordat (volume 2)Chapitre 3 sur 21 · AVANT-PROPOS III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS III

tous les gouvernements qui ont été des gouvernements vraiment nationaux et non des gouvernements de parti. Il en eût été de même avec le régime actuel, s'il avait voulu, comme ceux qui l'ont précédé, l'union de tous les Français. Depuis vingt-cinq ans les luttes religieuses sont déchaînées chez nous ; mais ce n'est pas à cause du concordat, c'est malgré le concordat. Sa suppression ne peut qu'aggraver l'état de choses présent, parce que les raisons qui font que le parti au pouvoir lutte contre l'Eglise subsisteront. S'il est une conclusion légitime que l'on doive tirer des faits que ce livre a pour but de mettre en lumière, c'est que la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne peut être en France que la guerre à rÉgiise, guerre funeste à l'Eglise et funeste à l'État. Funeste à l'Église parce que ce sera la guerre, la citadelle de Vécole primaire aux mains de nos ennemis, ce qui ne s'est pas encore rencontré dans notre histoire, donc la guerre dans les conditions pour nous les plus défavorables ; les classes supérieures se défendront, s'épureront même ; les classes populaires se perdront pour longtemps ; la conquête rêvée sera vraisemblablement la conquête impossible. Funeste à l'Etat, parce que, de longtemps, il ne faudra plus songer à Taccord des âmes, au concours de tous les bons

IV VAANT-PROPOS

citoyens à la même lâche, en un mot à une véritable unité nationale; ce sera la lutte dans chaque commune, une partie du peuple annihilée par Tautre et la nation paralysée dans son action. Toute notre histoire nous crie qu'il

V a un deo-ré d'union nécessaire entre FEolise et l'Etat et que, sans cette union, la paix n'est pas possible chez nous. Un peuple ne va pas à lencontre de ses traditions historiques : c'est dans Fhistoire que nous devons chercher la solution des difficultés actuelles, non pas pour l'emprunter telle quelle au passé, mais pour la choisir conforme à ce qui, de

•notre passé, vit encore dans notre présent et le détermine ; modifions le concordat, si de nouvelles circonstances politiques et sociales l'exigent, mais ii'y renonçons pas ; complétons-le, ne le détruisons pas. « Le changement est inévitable, disait en 1867, à Edimbourg, le grand homme d'Etat Disraeli, mais il s'agit de savoir si ce chanoement sera réalise en harmonie avec les mœurs, les coutumes, les lois, les traditions du peuple, ou bien s'il le sera comme une conséquence de principes abstraits et de doctrines arbitraires. Dans le premier cas, c'est un système national ; dans le second, pour lui donner le pire nom qu'il puisse mériter, c'est un i^iystème philosophique. »

AYA^'T-PRÛPOS V

Je crains Lien que ce ne soit en vertu d'un système philosophique que le parti vainqueur veuille nous imposer aujourdJiui la séparation de FEglise et de FEtat et que ce ne soit aussi en vertu d'idées purement spéculatives que certains catholiques, dont j'étais naguère et dont je ne suis plus, acceptent de gaieté de cœur ce nouveau régime. Si, comme il est vraisemblable, nous ne pouvons l'éviter, nous tâcherons d'en tirer parti et la bataille, nous trouvera prêts^ je Tespère ^ ; n'ayons pas du moins la naïveté de faire le jeu de nos ennemis.

A lire d B AU DRILLART .

' Au moment où nous écrivons ces lignes, nous recevons la sage, courageuse et pratique Instruction pastorale du cardinal Pcrraud sur les circojistances dans lesquelles les catholiques ont le droit et le deuoir de se défendre (Autun. iqoo'.

de Concordai

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