AVANT-PROPOS III
tous les gouvernements qui ont été des gouvernements vraiment nationaux et non des gouvernements de parti. Il en eût été de môme avec le régime actuel, s'il avait voulu, comme ceux qui l'ont précédé, l'union de tous les Français. Depuis vingt-cinq ans les luttes religieuses sont déchaînées chez nous ; mais ce n'est pas à cause du concordat, c'est malgré le concordat. Sa suppression ne peut qu'aggraver l'état de choses présent, parce que les raisons qui font que le parti au pouvoir lutte contre l'Eglise subsisteront. S'il est une conclusion légitime que l'on doive tirer des faits que ce livre a pour but de mettre en lumière, c'est que la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne peut être en France que la guerre à l'Eglise, guerre funeste à l'Eglise et funeste à l'Etat. Funeste à l'Eglise parce que ce sera la guerre, la citadelle de V école primaire aux mains de nos ennemis, ce qui ne s'est pas encore rencontré dans notre histoire, donc la guerre dans les conditions pour nous les plus défavorables ; les classes supérieures se défendront, s'épureront même ; les classes populaires se perdront pour longtemps ; la conquête rêvée sera vraisemblablement la conquête impossible. Funeste à l'Etat, parce que, de longtemps, il ne faudra plus songer à l'accord des âmes, au concours de tous les bons